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Carnets de route

Entre lagos y montanas

Juste 100 km a parcourir avant d’arriver a Junin. En 3h d’attente autant de voitures me passent sans s’arreter. Enfin, lorsque Miguel se pointe dans la quatrieme, je m’embarque pour Junin de los Andes. Je ne fais que passer et j’ai juste le temps d’apprecier le volcan Lanin qui pointe a l’horizon. En cette saison il est encore recouvert par les neiges. Un autre ride dans une voiture des services postaux argentins et j’arrive a San Martin de los Andes. J’y suis assez tot et j’ai le temps de me renseigner sur ce qu’offre la region en termes de randonnees.

Je suis dans le sud de la province de Neuquen, soit la partie nord est de la Patagonie qui propose petits villages de type alpin, chaines de montagnes de basse et moyenne altitude et une infinite de lacs a l’eau cristalline. En cette saison, le printemps, l’activite touristique est tres faible en raison de la fraicheur du climat, de la presence insistante de la neige et du fait que les vacances argentines n’arrivent pas avant fin decembre. C’est donc tout bon pour profiter de la region lorsqu’on aime marcher, que l’on n’aime pas la foule et qu’on ne soit pas trop demandeur en termes d’attractions touristiques qui ne feront pas leur apparition avant un bon mois ou deux.

Quelques vivres dans le sac, une carte du coin acquise a l’office du tourisme de San Martin me suffisent pour me lancer dans la montagne et le parc national Lanin. Je dois d’abord traverser une communaute Mapuce avant que la nuit tombe. Sur le chemin je rencontre un natif completement rond et au nom bien « local », René, qui m’offre finalement le logis. Pour un type ivre il n’est pas tres loquace et mes questions restent souvent sans reponse tandis que lui ne cesse de me demander d’où je viens… Je le quitte tot le lendemain, sors du bois qui abrite la communaute et entame l’ascension du Cerro Colorado qui m’offre un panorama incroyable sur les montagnes alentours et le lac Lacar. La moitie de l’ascension se fait dans la neige. Lorsqu’apres etre redescendu et etre rentre au village, je me fais prendre en stop jusqu'à Rio Hermoso, j’apprends que les gardes forestiers sont toujours a la recherche d’un jeune homme de 25 ans parti en montagne la veille et a qui ils ont oublie de demander son itineraire lors de son passage a l’office du parc. Ca ne peut etre que moi…

Lago Lacar en el atardecer  Rene en el bosque - Comunidad mapuce cerca San Martin  Vista desde el Cerro Colorada - Parque Lanin

Vista sobre el lago Lacar - Parque Lanin

A Rio Hermoso, je me fais embarquer par le senor Parrilli. Age de 82 ans, cet homme incroyable, createur de plus d’une dizaine d’entreprises, connait la region comme sa poche. Pas etonnant puisque c’est lui qui a trace la majorite des sentiers et routes qui sillonnent ces montagnes. Il me convainc de me rendre a Villa Traful avec lui, un petit village perdu dans la foret, ou il se construit actuellement une residence pour passer ces derniers jours tranquille, loin du brouhahas et des jeunes qu’il « ne comprend plus ». Je me retrouve ce soir la avec lui et ses 3 employes. Tous ont beaucoup de choses a m’apprendre, notamment sur la flore de la region, sur le travail du bois et la fameuse histoire des nazis qui avaient trouve refuge dans cette partie de l’Argentine sous le regime de Peron. Petite ballade autour du lac le lendemain avant de discuter encore quelques heures avec mes hotes et de finalement quitter les lieux a regret en fin de journee.

Lago Traful  Sr Parrilli con el equipo  Lago Traful

Un jeune couple m’amene jusqu'à Villa La Angostura tandis que la nuit tombe. Il est déjà tard lorsque j’arrive et je ne peux que me trouver un simple endroit ou camper au bord du lac Nahuel Huapi. La vue au petit matin est tout a fait charmante et je suis juste a l’entree du Bosque de los Arrayanes, pas si mal que ca pour un campement improvise dans l’obscurite ! Apres une bonne randonnee dans le bois en ce dimanche matin, je retourne dans le centre et me refugie a la station service ou je reste jusqu’en fin de journee a profiter du Wi-Fi afin de renseigner le blog, entre autres. Vers 19h, j’entame le stop et me fais embarquer jusqu'à Bariloche par un groupe de 3 amis originaires de Santa Fe. Javier, Juan-Pa et Diego sont en vacances et en profitent pour visiter la region des lacs sans les copines restees a la maison ! Je me laisse convaincre facilement de les accompagner a l’hotel a Bariloche. Je dis facilement car apres tout ca faisait pres de 2 mois et demi que je n’avais pas franchi les portes d’un hotel…

Los companeros de Santa Fe - Bariloche

Je passe la soiree avec ces joyeux fetards qui me sortent et me vaccinent au Fernet-Coca, la boisson nationale. Le lendemain je me rends a l’ouest de Bariloche, dans le parc naturel Llao Llao. A l’exception de l’enorme complexe hotelier et de son golf qui ruinent le paysage, cette partie de la cordillere est tout simplement splendide. Encore des montagnes, encore des lacs, mais il est dur de se lasser de tels panoramas ! Je reste une nuit de plus a Bariloche pour essayer de visiter le Centro Atomico, lieu unique en Amerique Latine, mais sans resultat. Programmer une visite ne peut se faire que plusieurs mois a l’avance en raison de la forte demande. Dommage…

Parque Llao Llao  Parque Llao Llao  Parque Llao Llao

Je poursuis donc ma route vers le sud et me rends a El Bolson. Je suis pris en stop par Vicky qui a deja 3 « mochileros » dans sa voiture ! Une fois a destination nous decidons de nous rendre ensemble au lac Puelo pour camper. Gregory et Mauricio sont colombiens et Maria est venezuelienne ; voila quelques mois maintenant qu’ils sont en Argentine et qu’ils alternent entre petits boulots et vagabondage. La soiree se prolonge tard autour du feu qui nous nourrit (litteralement cette nuit la) et nous rechauffe. Le lendemain matin je poursuis seul et j’arrive ainsi a Esquel en 3 temps. Deux premiers courts rides et un dernier d’une centaine de kilometres avec Alejandro et Viviana qui reviennent d’un des centres sociaux pour anciens dans lequel ils exercent. L’attraction d’Esquel est la presence d’arbres millenaires dans le parc national Los Alerces a 50 km de la ville. Je me dirige donc dans cette direction. 8km de marche pour arriver a la deviation menant au parc et ensuite l’attente non concretisee d’un vehicule qui m’oblige a camper sur place. La temperature est de -5C cette nuit la. Heureusement mon nouveau sac de couchage me permet de dormir sereinement. J’attends peu le lendemain avant que Ricardo, un ancien gardien de prison, ne me depose a l’interieur du parc. Pas de chance, le prochain bateau qui permet de traverser le lac Menendez et d’atteindre le bois millenaire ne sort pas avant une semaine. Je me contente d’une randonnee dans le parc qui possede aussi de nombreux Coihues. Bien que « seulement » centenaires, ces derniers sont déjà tres impressionnants !

Lago Futalaufquen - Parque los Alerces  Coihue centenario - Parque los Alerces  Parque los Alerces

En fin de journee je suis de retour a Esquel et j’affronte le meme probleme que la veille. Du coup, je n’ai mon premier ride que le lendemain vers 9h30. Apres etre arrive a Tecka grace a Omar, un directeur d’ecole, je penetre dans l’immense pampa qui relie la cordillere a la cote atlantique dans la voiture de Miguel et Iviana, un couple argentino-chilien (tres frequent dans le sud de l’Argentine ou ce brassage est monnaie courante). Nous parcourons 500 km entre ciel et terre a la poursuite de l’horizon qui reste immuable. Seuls les environs du petit village de Los Altares trompent l’ennui de notre traversee puisque la pampa s’orne alors d’un relief type « meseta » qui contraste avec le plat infini de la pampa. En fin de journee nous sommes a Trelew. J’ai laisse derriere moi les montagnes, les lacs et la neige pour le sable, la mer et le desert.

Pampa del Chubut  Meseta cerca de los Altares

En Alumine por "causalidad"!

Alors que je me fais embarquer apres quelques minutes d’attente a la sortie de Las Lajas, j’apprends par la suite que mes amis devront patienter plusieurs heures avant d’avoir leur premier ride. Qu’ils se rassurent, une fois a Zapala, a 60 km de la, impossible de me faire embarquer ! Apres une journee infructueuse de stop, je capitule et me trouve un coin pour camper le long du chemin de fer, qui n’est d’ailleurs aujourd’hui utilise que parcimonieusement suite aux reformes du gouvernement Menem dans la fin des annees 90.

 

Ferrocarril en Zapala

 

Le lendemain, la chance me sourit rapidement avec l’arrivee de Carlos qui se dirige vers Alumine. Pas ma direction mais je ne fais pas la fine bouche vu les difficultes rencontrees pour quitter le lieu. Et je ne le regrette pas ! Outre les paysages splendides et vierges que nous traversons, Carlos s’avere etre un compagnon de route particulierement interessant. Il possede une grande experience de vie, et notamment de vie politique. Sa visite a Alumine est cependant contrainte par une situation familiale difficile qui a decide ce quinquagenaire, habitant de la province de BsAs, a venir tenter sa chance si loin de chez lui. Peu avant d’arriver a Alumine nous croisons une femelle condor au bord de la route et je reste sans voix devant la majeste de cet oiseau gigantesque auquel j’avais deja ete confronte mais jamais d’aussi pres.

Bien que nos chemins doivent se separer a Alumine, je croise a nouveau Carlos en fin de matinee alors qu’il converse avec la personne qu’il est venu voir : Sergio. Ce dernier n’hesite pas une seconde et m’invite a dejeuner avec eux. Je me rends donc sur les hauteurs d’Alumine, petit village de montagne dont l’activite touristique reste tres peu developpee, ou Sergio et Veronica ont construit leur maison et elevent leur fils Simbad. Toute de bois, leur maison ressemble a un chalet miniature. Ces derniers l’ont construite eux-memes en 3 mois avec quelques pierres, beaucoup de bois et probablement encore plus de clous ! Nous mangeons l’incontournable asado tandis que j’ecoute Carlos et Sergio discuter politique, les 2 etant autant passionnes et investis par le theme parait-il. Il est déjà 18h et Sergio me propose de dormir chez lui et de rester le lendemain pour accompagner sa sœur dans une communaute Mapuce a une trentaine de kilometres d’Alumine. J’accepte sans hesiter.

 

Carlos, Sergio y Simbad, Veronica en la casa de V&S - Alumine

 

Le soir, alors que tout le monde se rend au village pour une visite, je m’echappe le temps d’une petite ascension de la montagne qui fait face a Alumine. C’est l’occasion d’avoir une superbe vue sur la vallee et les monts enneiges qui surplombent la region. Retour chez Sergio pour une longue soiree de discussions passionnees. Finalement le lendemain mon excursion tombe a l’eau car la sœur de Sergio ne se rend pas dans la communaute avant la semaine prochaine et je passe donc la journee a accompagner Sergio et Carlos dans leurs demarches entrepreneuriales, car c’est bien de cela qu’il s’agit… Nouvelle soiree qui se termine tard dans la nuit et ou je finis seul en compagnie de Sergio a philosopher sur les differences de point de vue sur les problemes du monde entre latinos et europeens. Rien que ca !

 

Cumbres cerca de Alumine  Vallee Alumine

 

Le lendemain je quitte Alumine, rendu heureux par mes rencontres fortuites provoquees par la « causalite » et non par la « coincidence » comme s’amuse a me le rappeler Carlos alors qu’il me depose a l’intersection pour Junin alors que lui s’en retourne a Zapala. Avant de me quitter, ce dernier m’offre un anneau, les larmes aux yeux. Je ne saurai jamais si c’est son experience vecue a Alumine, sa difficile situation familiale ou ma simple presence qui le mit dans cet etat. Je regarde avec emotion son vehicule s’eloigner en soulevant un grand nuage de poussiere.

"Carlos, Sergio, Veronica, nunca pensaba pasar por Alumine y ahora agradezco el destino que llevo mis pasos hasta ustedes. Les deseo éxito y buena vida en las montanas!”

Bons baisers de Russie!

Lorsque je quitte San Raphael j’ai pour objectif de rattraper mes amis russes, Anastasia et George, que j’ai miraculeusement croise sur la route a la sortie de Mendoza. Alors qu’ils venaient de quitter le Chili, je les ai depasse a bord d’un camion tandis qu’ils faisaient du stop sous les giboules. Maintenant ils se trouvent a Las Lajas et m’attendent avant de repasser au Chili.

Mon premier ride se fait dans l’utilitaire de la famille Hernandez qui se rend au lac Nihuil pour passer le week-end. Ils me laissent a l’intersection separant la route menant au Nihuil et celle menant a Malargue. Je suis au milieu de nulle part, comme je m’attends a l’etre de plus en plus au fur et a mesure de ma progression vers le sud, refroidi par le vent qui balaye la plaine. Je me fais ensuite embarque par un couple qui m’amene directement a Malargue. Chaque kilometre me rapproche un peu plus de la cordillere et les sommets enneiges font leur apparition. Une fois a Malargue, je traverse la ville a pied afin de me hater sur la route de Las Lajas. Apres 2h de stop qui ne donnent rien, je me decourage et m’avance en quete d’un endroit ou camper pour la nuit. Un camion se pointe a l’horizon, je leve mon bras sans conviction dans un dernier geste de desespoir. Il s’arrete, je grimpe et en route ! A croire que les prieres de la famille de Maca et Ricardo a San Raphael sont toutes dirigees vers moi ! Je passe la soiree a discuter avec Mario tandis que nous zigzaguons gentiment sur les routes de montagne du sud de la province de Mendoza. Lorsque nous passons la frontiere de la province de Neuquen il est deja tard et cela fait une heure ou deux que je roupille assidument. Finalement, a une heure du matin, nous nous arretons en pleine cambrousse et dormons jusqu'à l’aube. Mario me depose ensuite a l’entree de la route menant au puits de petrole ou il doit deposer son materiel. En effet, le nord de Neuquen est une region desertique ou l’activite principale est l’exploitation petroliere. Encore une fois au milieu de nulle part avec pour seuls compagnons les elements qui s’eveillent autour de moi. Certains m’en veulent, le vent en particulier, d’autres me veillent, le soleil est l’un d’eux.

Camion de Mario - cerca de Chos Malal  Amanecer en el norte neuquino

Apres une courte attente, je me fais prendre en stop par un minibus de travailleurs revenant du puits de petrole en question. J’arrive ainsi a Chos Malal, petit village gris et peu anime. Je tourne un peu en ville, croyant initialement que mes amis m’attendent ici. Je rencontre Diego, le patron d’une petite auberge qui m’interpelle dans la rue et m’offre un petit-dejeuner. Parfois je me dis que j’ai vraiment une tete de saint pour que les gens soient si sympathiques avec moi… Je compte contacter le Vatican pour une prochaine canonisation. Bon, c’est pas tout mais je dois arriver a Las Lajas. Je sors de la ville et tombe sur un barrage routier. Les employes de la mairie sont en greve car l’intendant n’a pas accompli sa promesse d’augmenter les salaires de 30%. Cela fait déjà un an et la grogne monte. Les vehicules sont autorises a passer toutes les 2h. A midi je tente ma chance mais la premiere vague de vehicules ne m’est pas favorable. J’attends la seconde vague en compagnie de Cristhian, l’employe de l’office de tourisme avec qui je discute tout en sirotant du mate. Il m’informe sur la presence de nombreuses communautes Mapuce dans la region. Cette ethnie native de la cordillere est un des derniers peuples indigenes encore suffisamment representes en Argentine. A 14h j’obtiens mon billet pour Las Lajas dans la voiture d’un petit couple dont j’ai oublie les noms, comme bien trop souvent. L’homme travaille comme superviseur de forages petroliers et me renseigne sur le fonctionnement de l’activite petroliere dans cette partie isolee de l’Argentine.

A 15h30 je suis a Las Lajas et me mets en quete de mes amis. Pas un chat dans les rues ; un dimanche a l’heure de la sieste, tu m’etonnes ! Finalement, alors que je passe devant une porte anodine, je fais face a George qui me tend les bras pour d’emouvantes retrouvailles. George et Anastasia ont trouve refuge dans la maison de Carlos et Carina apres que Carlos les ait transporte depuis Chos Malal dans son camion, ceci 2 jours auparavant. J’arrive pile au moment de l’asado et a peine le temps de dire « ouf ! » que je me retrouve a table avec l’assiette pleine ! Je passe tout l’apres-midi avec eux a discuter, a ecouter Rodriguo (le fils de Carlos et Carina) jouer avec son groupe, les « peor es nada » (pire, c'est rien!), a boire du mate, beaucoup de mate, jusqu'à ce qu’enfin je me retrouve seul avec mes amis en fin de soiree pour que nous puissions rattraper le temps perdu et partager nos souvenirs de voyage.

Rodriguo tocando bateria - Las Lajas  Carlos, Carina y los rusos! (foto de A&G) - Las lajas  Hitch hikers crew!

Apres une courte nuit chez Carlos et Carina, nous nous separons le lendemain alors que je m’enfonce dans la Patagonie tandis qu’eux s’en vont a la conquete des glaciers chiliens.

Visitando algunos amigos del camino: Maca y Ricardo en San Raphael

Je quitte Mendoza en debut de matinee sous un ciel gris qui me fait craindre de nouvelles giboulees. Point de giboulees finalement mais une pluie fine qui fait sans doute du bien a la terre aride de la region. Marche forcee le long de l’autoroute jusqu’a finalement trouve un camion arrete par la pólice qui peut m’embarquer. Il ne m’emmene qu’a 30 km de la mais a au moins le merite de me faire quitter la ville. J’arrive ensuite a me faire prendre par Guillermo qui rentre directement a San Raphael apres avoir effectue ses releves dans le coin. Parfait, je suis a 16h a San Raphael et a 18h me voila chez Maca et Ricardo.

Maca et Ricardo sont un couple de (semi)retraites que j’avais croise entre Cachi et Cafayate lors de mon exploration du nord ouest du pays alors que je faisais du stop. Lors de mon arrivee tout le monde s’active pour la preparation de la communion d’un des petits-enfants de Maca et Ricardo. Pour situer le contexte, la famille est nombreuse, il y a toujours beaucoup de mouvements et de va-et-vient dans la maison des grands-parents, ces derniers sont de fervents croyants et s’impliquent beaucoup dans le fonctionnement des institutions catholiques de San Raphael. De leur 5 enfants, 3 filles et 2 garcons, seul 1 n’a pas repondu a l’appel du seigneur et se contente d’etre un fervent pratiquant. Les autres sont soit none soit pretre. Du coup, ma visite a ete place sous le signe de la religion bien que ce ne fut pas mon idee premiere. La chose interessante est qu’il est neanmoins aise de discuter avec tout ce petit monde qui ne se ferme pas d’emblee a mes idees paiennes. Donc, on a evidemment parle theologie, metaphysique et politique mais aussi histoire (Ricardo en sait bien plus que moi sur l’histoire de France et m’a rapidement renvoye a mes manuels scolaires !), cuisine, environnement, etc.

Le premier jour a été dedie a la preparation du buffet pour la premiere communion d’un des petits-enfants. J’ai notamment pu apprendre a faire les « empanadas saltenas » grace a Bebi, la sœur de Maca et quelques patisseries grace a Magda, une des « sœurs sorcieres » comme elles se nomment parfois elles-meme. Apres une humble ceremonie, nous avons partage le repas tous ensemble et passe un excellent moment. Le lendemain, je suis parti en vadrouille avec les 3 sœurs qui m’ont montre ce que faisait leur congregation pour les enfants desherites de San Rafael ainsi que pour les handicapes. Si certaines personnes sont interessees par un volontariat dans leur centre pour jeunes, voici le lien de la congregation : www.servidoras.org et c.giannaberettamolla@servidoras.org

Ricardo y Maca con el nieto -  San Raphael  Despues de la comunion y antes de comer! - San Raphael

Apres ca, j’ai quand meme fait un peu de tourisme et je suis alle me ballader du cote du barrage de Valle Grande et je suis revenu a San Raphael en stop par la vallee du meme nom. Comme quoi meme en transit le stop ne me quitte pas ! L’environnement autour de San Raphael est  du meme type qu’a Mendoza ou San Juan et l’aridite est de mise. Seule la creation de plusieurs retenues d’eau a permis de domestiquer le desert grace a l’irrigation. De manière anecdotique, cela a egalement deregle le climat et cree l’apparition de giboulees parfois dantesques. 

Frente al embalse del vallee grande - San Raphael  Embalse valle grande - San Raphael

Enfin, le troisieme jour m’a permis de visiter l’atelier de Bebi, une artiste qui travaille la ceramique comme pas un, de faire la connaissance de Jean Paul, un francais venu s’installer dans la region il y a 30 ans, et d’enseigner la methode pour faire les crepes a mes hotes (et oui, encore cet inevitable tradition que j’ai de faire des crepes dans tous les coins du monde). La rencontre avec Jean Paul fut particulierement interessante et instructive. Voyant que je m’interesse a l’histoire politique du pays, ce dernier me dit alors quelque chose qui m’a marque : « N’essaye pas de comprendre la politique en Argentine, c’est trop complique !» Etant donne qu’etant la depuis 30 ans et en sachant deja un rayon sur la question, j’imagine qu’il me dit ca en connaissance de cause ! D’apres le peu que j’en sais a ce jour, l’histoire politique de l’Argentine a de nombreux denominateurs communs avec ses voisins sud-americains : coups d’etat, corruption, appariton recente de la democratie, presence actuelle ou passee de forces rebelles (qui luttent ou pas pour le peuple, a voir), tendance a la soumission au systeme occidental, vente des ressources du pays au plus offrant (ou meme pas toujours au plus offrant), endettement programme, dictatures, espoir incarne par quelques leaders « sains » rapidement reduits a l’etat de viande froide… bref, que du bonheur ! Aujourd’hui, l’apparition de la gauche a la tete du pays est loin d’apporter des changements fondamentaux mais est au moins un gage de stabilite et de quelques avancees sociales. Malgre ca, l'Argentine est sans doute le plus europeanise des pays latins.

Jean Paul y Norma - San Raphael  Hermana Magda haciendo crepes - San Raphael

Enfin, le dernier jour, Bebi m’entraine dans un seminaire ou etudie son fils pour etre lui aussi pretre et ce dernier me fait la visite et me conte la vie de futur missionnaire. Ca ressemble a un camp de vacances finalement : etudes, jeux, quelques œuvres caritatives realisees a l’exterieur, vie en communaute, etc. La seule differnec est le type d’etudes : philosophie et theologie et basta ! Ensuite les petits gars ont pour devoir d’aller evangeliser aux quatre coins du monde et d’enseigner la vie selon les commandements de Dieu. Alleluia !

Ricardo, pere et fils, me depose finalement a la sortie de la ville en milieu de journee et j’entame le stop en direction du sud, de la Patagonie qui me tend les bras.

« Muchas gracias para haberme tratado tan bien todos ! Fue un placer encontrarles y espero que el placer fue compartido. Parece que hasta ahora la Virgen me sigue protectando Maca ! »

Visitando algunos amigos del camino: Valeria en Mendoza

Le voyage de San Juan a Mendoza est tres rapide grace a Elena qui m’emmene a bord de son auto climatisee. Elena travaille comme chef d’equipe a l’INTA (Instituto Nacional de Tecnologias Agropecuarias) sur un projet qui permet de former des familles ou groupes de personnes a la production propre d’aliments. Presque a la retraite, Elena partage avec moi son experience de la region et de l’agriculture, acquise en 40 ans  de carriere.

Une fois a Mendoza je contacte Paula, une amie de Valeria que j’avais rencontre brievement en Equateur il y a quelques mois, qui me recoit chez elle dans l’apres-midi. Apres un temps, Valeria se joint a nous et m’emmene ensuite visiter la ville. Mendoza est jolie, agreable, de taille moyenne et intelligemment agencee. Le parc central est souvent occupe en fin de journee par de nombreux coureurs et siroteurs de mate en mal de nature. C’est la que nous finissons la visite. Pour ma premiere soiree a Mendoza, Valeria m’offre un concert de « Tango New Age » au Teatro de la Independencia, le plus grand et plus ancien theatre de la ville. Le groupe s’appelle Altertango et propose un savant melange d’electro, de tango a l’ancienne et de rock ’90. Genial ! Apres ca, nous finissons dans un petit resto de la ville a manger de la pizza (l’Italie a trouve son disciple en termes de pates et pizzas a volonte !) et a boire un petit vin de la region.

Valeria y Paula al teatro - Mendoza  Altertango en vivo - Mendoza

Le lendemain, je me rends en colectivo a un barrage en montagne (encore un me direz-vous…) pres du village de Potrerillos. Je me reserve pour les treks en Patagonie en ce moment et je me contente d’une marche d’1h30 autour du lac. Il est tot et je decide de pousser un peu l’exploration des montagnes. Je fais du stop jusqu'à Uspallata en compagnie d’Andres qui rejoint sa base. Encore un peu plus loin avec 2 rides (non consecutifs) qui me mene a une drole de construction dans la roche nommee Puente del Inca, a quelques kilometres de la frontiere chilienne et de l’Aconcagua. Il s’agit du plus haut sommet du continent (pres de 7000 m d’altitude) mais bien que je puisse apercevoir ses confreres enneiges alentour, le maitre des lieux ne s’offre pas a ma vue, dommage… Il est déjà tard et je rentre en colectivo jusqu'à Mendoza. Je passe la soiree avec Paula, son frere Diego et sa fiancee.

Embalse Potrerillos  esperando un auto entre Uspallata y el Puente del Inca  Puente del Inca

Je reste encore un jour pour aller visiter la raffinerie YPF a la sortie de Mendoza. L’oncle de Valeria travaille la-bas et me fait le tour du proprietaire. Dans mon inattention je suis venu en short et je suis confine dans la voiture qui me ballade dans l’usine. Apres 3 ans en environnement industriel chez Renault je ne suis meme pas foutu de me rappeler de regles basiques telles que porter un pantalon dans une usine, navrant… Apres la visite, j’enchaine avec une marche jusqu’au sommet du Cerro Arco accompagne de Paula. La vue sur la ville, le desert qui l’encercle et la cordillere qui s’etend du nord au sud est epoustouflante ! La lumiere de fin de journee ajoute au charme de l’endroit. Enfin, apres ca, Valeria me presente a son chef, un docteur en fin de carriere, qui prevoit un voyage du Canada a l’Argentine (tiens, ca me rappelle quelque chose…), et souhaite recevoir quelques conseils. Horacio est particulierement instruit et a une impressionnante experience de vie et ainsi je pense que j’ai plus profite de la rencontre que lui-meme, que j’etais soi-disant venu conseiller. Voici un lien vers son site : www.travesiadelasamericas.es.tl

Vista desde el Cerro Arco - Mendoza  Paula y yo (demasiado grande por la foto...) arriba del cerro - Mendoza

Je quitte Valeria et le Docteur et termine ma soiree a en apprendre plus sur le rock argentin grace a Diego le melomane. Le lendemain je quitte la ville sous une pluie fine.

“Valeria, Paula, Diego, Horacio, fue un placer inmenso ! Espero tener noticias suyas y verles de nuevo próximamente.” 

Visitando algunos amigos del camino: Mariana en San Juan

Je ne prends pas le chemin le plus facile pour me rendre a San Juan mais je m’en tire plutôt bien etant donne que mon plus long temps d’attente ne depasse pas la dizaine de minutes !

A la sortie de Cordoba Miguel m’avance jusqu'à Carlos Paz. La ville est cernee de controles policiers en raison de l’arrivee du printemps qui est ici fetee par tous les etudiants. Qui dit fete etudiante dit alcool qui coule a flot sauf que les autorites argentines ont decide d’en interdire toute vente et consommation ce jour la. Donc ca fouille, ca controle, ca amende et evidemment ca ne sert a rien puisque il est bien connu qu’interdire la consommation d’alcool n’a jamais empeche les gens de boire. A Carlos Paz, je monte avec Jose qui me depose a quelques kilometres de la, a Cosquin. Nouveau changement de vehicule avec l’arrivee de Ricardo et Graciela qui m’emmene jusqu'à Patquia, dans la Rioja. Le paysage se fait progressivement aride et semi-desertique alors que nous sortons de la sierra cordobesa. A Patquia, je monte dans le fond d’un camion et pique une sieste jusqu'à Chepes ou j’arrive a la tombee de la nuit. J’y dormirai dans une cabane abandonnee surveillee par le vendeur d’empanadas du coin. En debut de matinee, un autre Miguel m’embarque dans son camion jusqu’a la « ruta 40 » qui relie Mendoza a San Juan. Au passage nous visitons le sanctuaire de la Difunta Correa, une sainte qui, avec Gauchito Gil, est un des plus importants personnages dedies majoritairement a la protection des voyageurs mais sinon en charge de la realisation des miracles qu’on lui reclame quotidiennement. J’arrive a San Juan grace a un dernier ride expeditif d’une cinquantaine de kilometres. Le paysage est toujours aussi aride mais maintenant se font apercevoir de nombreux vignobles et champs d’oliviers et je suis plus pres que jamais de la cordillere des Andes, comme me le rappelle la pre-cordillere qui est maintenant a portee de main, enfin de pied.

Hasta Chepes en camion  Santuario dedicado a la difunta correa - San Juan Santuario dedicado a la difunta correa - San Juan

A San Juan c’est l’heure de la sieste et je dois attendre la fin d’apres-midi pour avoir acces a une cabine telephonique et appeler Mariana, une amie rencontree en Bolivie, a Uyuni. Le lendemain, Mariana a sa matinee de libre et nous en profitons pour aller visiter le barrage d’Ullum sur les hauteurs de la ville. Des provinces de la Rioja a Mendoza, l’eau est un element essentiel du developpement urbain. Sans l’existence de nombreux barrages qui permettent de maitriser les cours d’eau venant de la fonte des glaciers, l’agriculture ne serait pas envisageable dans cette partie aride d’Argentine et la hauteur de la vegetation ne depasserait pas le demi metre.

La visite du barrage est egalement une occasion d’avoir une superbe vue sur les montagnes alentour qui se ramifient tel un nid de serpents autour du lac forme par le barrage. Apres un dejeuner sur l’herbe (rien a voir avec celui de Manet), retour en ville ou je me promene tout l’apres-midi et la soiree tandis que Mariana repond a ses obligations universitaires et familiales.

Embalse Ullum - San Juan

Le jour suivant c’est la situation inverse puisque mon hote a sa matinee de prise et son apres-midi de libre. Nous en profitons pour visiter une « bodega » en ville. Une des plus fameuses puisqu’il s’agit de la bodega Graffigna, anciennement traditionnelle et aujourd’hui dirigee par Pernot-Ricard, puissant groupe francais du domaine de la boisson, alcoolisee ou non. La region Nuevo Cuyo (La Rioja, San Luis, san Juan, Mendoza) est la region traditionnelle du vin et je ne pouvais passer outre une petite degustation!

Mariana en la bodega Graffigna - San Juan

Soiree tranquille chez Mariana que je quitte le lendemain en fin de matinee.

“Gracias senorita para tu hospitalidad y el tiempo que compartiste conmigo! Suerte en tus estudios!”

Visitando algunos amigos del camino: Alejandro en Cordoba

Si cela ne tenait qu’a moi (bon, apres tout cela ne tient QUE a moi) je piquerais directement vers le sud du pays et la Patagonie, mais il se trouve que j’ai rencontré quelques personnes sur mon parcours que je souhaite revoir et je m’organise donc une petite session “visites” qui durera le temps d’une boucle de Buenos Aires a San Raphael.

Ma premiere destination est Cordoba, la troisieme ville du pays. Malgre la periode Menem, le president qui ruina l’Argentine dans les annees 90, et ses nombreux abandons de diverses industries, Cordoba est un des piliers de l’economie nationale et un centre universitaire d’importance. Alors qu’Eduardo, qui se rend a Pilar ce jour la, me laisse a 50 km de Buenos Aires sur la ruta 9, je ne perds pas de temps et trouve rapidement un camion pour m’emmener jusqu'à Devoto, a 200 km de Cordoba. Lourdement charge, le camion n’arrive pas avant minuit a Devoto. Miguel me propose alors de dormir dans son camion jusqu’au lendemain tandis que lui se repose quelques heures a son domicile. Au matin, j’ai droit a un petit dejeuner copieux et une visite de la ville avant d’entamer le stop. Je ne tarde pas a me faire embarquer par Mario dans son Kangoo (cocorico !) avec qui je discute politique interieure. Ancien directeur de redaction et journaliste pour un journal argentin, ce dernier s’est lasse du peu de liberte accorde aux gens de sa profession. Aujourd’hui il vend du vin entre Santa Fe et Cordoba. Il me depose a Arroyito ou je fais la rencontre de Dario. Electricien pour Ancor, le plus grand producteur national de produits alimentaires, Dario a decide de suivre une formation d’ingenieur en parrallele afin de grimper dans la hierarchie. Il se rend justement a Cordoba pour suivre quelques cours et m’embarque avec lui. Je suis en debut d’apres-midi en centre-ville.

Je retrouve alors Alejandro que j’avais rencontre a Resistencia avant de passer au Paraguay. Nous passons notre premiere soiree de retrouvailles a discuter en sirotant du mate. Le lendemain, ce dernier me promene dans la sierra cordobesa. Nous nous arretons visiter un observatoire, qui sont legion dans cette partie du globe, et passons ensuite par le lac San Roque et la ville de Carlos Paz, veritable refuge des habitants de Cordoba lors des week-ends et vacances d’ete. La journee se termine dans un « boliche » (discotheque argentine) ou malheureusement on ne passe pas de quartetto (musique traditionnelle de Cordoba) mais ou heureusement les jolies argentines sont venues en nombre !

observatorio sierra cordobesa  observatorio sierra cordobesa

Dimanche tranquille le jour suivant, a recuperer de la nuit precedente grace a l’appui d’un copieux « asado » (barbecue) et d’un bon vin en compagnie d’un couple d’amis d’Ale. Alors que nous visionnons « Carnets de voyage » ce soir la, je medite sur le destin du Che dont les peregrinations en Amerique du Sud lors de sa jeunesse ont laisse en lui une empreinte indelebile. En sera-t-il de meme avec moi ? Nous sommes lundi, Ale doit aller travailler et m’invite a le suivre pour en savoir plus sur son metier d’ingenieur civil. Je passe la journee avec lui a suivre un chantier de mise en place d’une antenne radio. Tres instructif. Finalement, la journee s’acheve par une defaite de la France contre l’Argentine au billard dans un bar du centre.

los ingenieros "pallasos" civiles, Ale a la izquierda - Cordoba  obreros trabajando el hormigon

Lorsque je le quitte le lendemain, Alejandro me legue son mate et une version en espagnol de « Jonathan Livingston seagull ». Je vais finalement enfin lire ce classique de Richard Bach qui porte mon nom.

“He boludo, ya sabes que la pase muy bien en Cordoba con vos! Intenta aprender un poco de francés y después te ensenare las puteadas que te hacen falta! Nos quedamos en contacto, un abrazo!”

Buenos Aires

Apres une inconfortable nuit dans la gare routiere, je pars a l’exploration de la ville. Il est tot, nous sommes dimanche matin et les rues sont tres etrangement vides. Seuls quelques balayeurs et les organisateurs du semi-marathon annuel de la capitale peuvent etre observes sur les grands boulevards. J’en profite pour visiter les hauts lieux touristiques de la ville habituellement remplis de voyageurs de tous les coins du monde. La plaza 25 de Mayo est le centre de la ville et regroupe la cathedrale, la casa rosada, el Cabildo, divers musees.  Plus a l’ouest on trouve la plaza del congreso a laquelle on se rend en traversant l’avenue la plus large du monde, la avenida 9 de Julio.

Palacio del congreso - BsAs  Nadie en las calles de Buenos Aires el domingo  por la manana...

Apres quelques heures de deambulations, j’observe la ville qui sort lentement de sa torpeur. C’est le moment que je choisis pour me rendre au cimetiere de Recoleta. Comparable au père Lachaise a Paris en termes architectural et artistique, le cimetiere abrite les tombes des hommes et femmes illustres qui ont fait l’Argentine. Je suis seul pour la visite guidee (gratuite !) en ce dimanche matin. Alors que ma guide me submerge d’anecdotes historiques, nous croisons de nombreux touristes dont la seule preoccupation est de savoir ou se trouve la tombe « d’Evita » (Eva Peron, symbole des avancees sociales qui eurent lieu a la moitie du 20e siecle sous le regime de son mari, le general Peron).

Tumba Evita peron Recoleta - BsAs  Monumento al migrante en Recoleta - BsAs

Nouvelles deambulations avant de passer voir un ami voyageur en transit a Buenos Aires. Benoit a plus ou moins realise le meme voyage que moi puisqu’il est descendu du Quebec a Buenos Aires en stop. Par un heureux hasard il est un jour tombe sur ce site et nous sommes en contact depuis. C’est la premiere fois que je le vois. J’ai peu de temps pour partager avec lui nos nombreuses anecdotes de voyage, accompagnes d’une bonne biere fraiche bien entendu, avant de le quitter pour me rendre dans le quartier Belgrano ou je suis recu par la famille Monti, grace a Benoit soit dit en passant…

Los mochileros franceses! - BsAs

Je passerai 3 jours en la compagnie de Veronica et d’Eduardo, ainsi que de manière plus ponctuelle des enfants d’Eduardo Lucia et Pablo. Veronica et Eduardo me font visiter la ville, me font gouter les specialites locales (et elles sont inombrables !), m’emmenent sur les bords du Tigre et du rio de la Plata, le fleuve le plus large du monde, me sortent mais surtout partagent avec moi leur connaissance de l’Argentine et de Buenos Aires et me comblent de leur amitie et de leur generosite.

Veronica e Eduardo frente a BsAs en borda del rio de la Plata

A Buenos Aires c’est aussi le temps de renouveler mon materiel. Je me decharge de quelques kilos de superflu, change mon fidele sac de couchage (presque dix ans de voyage avec lui, j’ai le cœur brise au moment de l’abandonner) pour un autre plus chaud et je me separe egalement de mes chaussures (plus personne n’accepte de les reparer vu leur etat d’usure…). Je suis pare pour la derniere ligne droite jusqu'à la limite sud du continent !

“Muchissimas gracias la Familia Monti ! Eduardo, todavia no encontre un asado como el tuyo! Veronica, no logro a deshacer de mi adiccion por los dulces argentinos, que puedo hacer?”

Playas, Gauchos y autos de leyenda!

Mon premier ride en Uruguay, autre pays ou le Gaucho est roi, est magique ! A Chui, je tombe sur Marcelo qui roule dans quelque chose qui n’a plus rien d’une voiture. Je dois entrer par la fenetre car aucune porte n’ouvre correctement et mon sac passe par la plage arriere depourvue de pare-brise. Le reservoir d’essence est une bouteille de plastique de 5 litres dans laquelle plonge un tube relie au moteur. La voiture est entierement brulee et je me demande toujours comment elle peut rouler…

Marcelo y su   Campo sin fin - Chui

J’arrive ainsi a l’entree de la Punta del Diablo et il ne me reste que 5 km a parcourir pour joindre la tranquille station balneaire. Entre alors en scene Paolo et sa charrette qui m’offre mon premier ride non motorise ! La cote nord-est du pays ressemble etrangement a la partie sud de la Bretagne avec ses pierres erodees par les vagues, ses phares peints en rouge et blanc, ses maisons aux couleurs vives et chaudes et ses longues plages parsemees de coquillages. Cependant, meme si l’eau reste froide, la temperature est relativement douce et devient carrement suffocante en été ; et la effectivement, ca n’a plus rien avoir avec la Bretagne (desole les bretons mais je reste objectif).

Punta del diablo  Punta del diablo  Punta del diablo

Autrefois petit village de pecheur, la Punta del Diablo est aujourd’hui une destination prisee par les touristes et les constructions de toutes sortes fleurissent au bord de la plage. Heureusement j’y suis en hiver et je suis donc seul avec les quelques pecheurs qui s’aventurent sur les plus gros rochers, tentant de realiser la prise de leur vie ou simplement passant le temps. Je campe pres du phare de la Viuda del Diablo et m’autorise un petit feu pour me rechauffer en cette douce nuit d’hiver. Je ne vous cache pas que la vue est magnifique et je m’endors rapidement apaise par le seul bruit des vagues.

Je reviens au village le lendemain matin et fais la connaissance de Winston, un bon hippie qui vit dans le coin depuis plus de 20 ans. Lorsque je reprends le stop il est déjà 11h30. Un court ride de 40 km en camion m’amene jusqu'à Castillos et 2 autres consecutifs me permettent d’arriver a l’entree du parc naturel de Cabo Polonio apres 20 a 25 km de route. Encore 7 km a pied sur une piste de sable et me voila sur la plage. Cabo Polonio compte 40 a 50 habitants permanents et une colonie de 1200 lions de mer. Pourtant, malgre la rusticite du village et son faible nombre d’habitants, je denombre au moins une centaine de maisons. La plupart son vides et ne se remplissent que l’été, lorsque la pleine saison est lancee. Je fais le tour de la peninsule, visite le phare, discute un peu avec les habitants tres fiers de leur autonomie et vie « ecolo » (pas d’energie electrique ni d’eau courante dans le village et les eoliennes et panneaux solaires abondent). En fin de journee je trouve un endroit ou dormir dans les dunes mais me retiens de faire un feu car le camping est en theorie interdit. Nuit humide qui me contraint a secher ma tente au soleil le lendemain avant de lever le camp.

Cabo Polonio  Faro de Cabo Polonio

Retour a la case depart apres avoir parcouru a nouveau les 7 km jusqu'à l’entree du parc en sens inverse. Je reste alors bloque presque 6h avant de me faire embarquer par une camionnette d’ouvriers qui me depose 13 km plus loin, le temps de monter a l’arriere d’un pick-up pour parcourir 9 km et me voila de nouveau a Castillos, sur la route principale. Peu de temps apres s’arrete Marcelo en camion et ce dernier m’embarque jusqu'à Punta del Este. Lorsqu’il me depose en fin de journee et que je lui dis que je compte camper pres de la ville et continuer le stop le lendemain, il m’invite sans hesiter a passer la nuit chez lui. Je fais ainsi la connaissance de sa famille qui partage son repas avec moi. Au menu, sucre sur sucre ! Torta avec dulce de leche et riz au lait ! Marcelo est adorable et semble savoir tout faire de ses mains ; de la mecanique a la construction en passant par la cuisine, aucune discipline n’a de secret pour lui ! Je dors dans un lit cette nuit la et ai droit a une douche le lendemain matin.

Marcelo y su opel Commodore - San carlos

Marcelo me laisse tot a l’entree de San Carlos ou je n’ai pas de mal a obtenir un ride dans le pick-up d’Augustin qui me mene droit a Montevideo. Augustin, bien que porteno (habitant de Buenos Aires), vit en Uruguay car il apprecie la tranquilite du pays et ses superbes plages. Marathonien averti, il ne se refuse pas la participation a un "Iron Man" de temps a autres (categorie la plus difficile du triathlon). Grace a lui, je suis a 9h30 dans le centre de la capitale uruguayenne.

Montevideo est agreable et la vieille ville charmante mais n’offre rien d’extraordinaire. La moitie de la population du pays (3 a 4 millions d’habitants) vit dans la capitale et tout est donc centralise ici. Le port est notamment un centre important de l’ouverture de l’Uruguay sur l’international et, apres avoir passe une courte nuit dans la gare routiere de Montevideo (ou l’on m’a formellement interdit de dormir allonge mais assis !), je me retrouve a longer ce dernier et ses allees de conteneurs attendant d’etre debarques sur le continent ou de partir vers le grand large. Je marche, je joue du pouce, j’hesite, je repars, je marche encore. Bref, cela dure une bonne partie de la matinee jusqu'à ce que David me permette enfin de bouger. Seulement 20 km mais c’est déjà ca. Ensuite, alors que j’agite mon carton ou est ecrit « Colonia », je suis embarque par Marisol et Marcos, un adorable petit couple en instance de mariage (ils se rendaient a BsAs pour annoncer la nouvelle aux parents de Marisol). Je souhaitais a l’origine me rendre a Colonia del Sacramento afin d’y prendre un ferry traversant la baie jusqu'à Buenos Aires, mais lorsque Marisol m’explique qu’ils se rendent eux-memes a BsAs je decide evidemment de les accompagner. Y’a pas a dire je suis verni !

Nous passons 9 a 10h ensemble, le temps de traverser la moitie du pays jusqu’au pont international Fray Bentes sur le rio Uruguay et de descendre ensuite vers la capitale argentine en traversant une bonne partie de la region d’Entre Rios. Ils me deposent dans la banlieue de Buenos Aires ou je n’ai plus qu’a prendre un train jusqu’au centre-ville. A nouveau, je passerai la nuit en gare routiere, endroit toujours sur, au sec et comportant toutes les facilites necessaires au pouilleux voyageur que je suis.

Ate Uruguay

Je me tape pas moins de 15 km a pied pour sortir de Porto Alegre et me trouver un endroit convenable ou faire du stop. Apres quelques temps, un camion s’arrete avec a son bord Antonio, un bon bougre qui m’amene jusqu'à Quinta, entre Pelotas et Rio Grande do Sul. Je passe un voyage tres agreable avec lui et je suis presque triste de le quitter lorsque la nuit tombe. Je trouve refuge dans la propriete d’une compagnie distributrice de soja apres negociation avec le gardien. Apres que j’eusse monte ma tente, il m’annonce qu’un lit est disponible dans un baraquement. La flemme de demonter la tente l’emporte sur le besoin d’un lit et je dors finalement dehors. Le gardien est adorable et m’offre un cafe avant de me coucher et le lendemain pour me reveiller. A 6h je suis sur la route. J’attends 2 bonnes heures dans le brouillard avant qu’une voiture ne m’embarque jusqu'à Chui, la ville frontaliere entre le Bresil et l’Uruguay qui se situe a l’extremite est des 2 pays. Au passage nous traversons la reserve Taim, une superbe plaine gorgee d’eau ou abondent differentes especes d’oiseaux, de nombreux capibaras (gros rongeur), plusieurs jacares (espece de crocodile a la gueule affinee) et… des vaches (gros mammifere qui pete en permanence et chie partout) !  Rio Grande possede aussi la plus grande plage du monde, la praia Cassino, qui s’etend sans discontinuer sur plus de 250 km.

Antonio e eu - Quinta  attente dans le brouillard - Quinta  reserva Taim

J’entre en Uruguay sans souci et repasse enfin a l’espagnol et a un mode de communication plus fluide. L’Uruguay est mon 18eme pays traverse en un an… Je ne m’attarde pas a Chui, ville sans grand interet exceptee lorsqu’on souhaite faire quelques achats libres de toute taxe, et poursuis ma route.

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