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Carnets de route

Meditacion y yoga en Cusco!

Me voila donc a Cusco, la si celebre capitale de l'empire Inca desormais disparue! Mes premiers pas se font pres de l'aeroport (qui n'a pas grand chose d'Inca je dois l'admettre) ou me laissent Joel et Niger. Je deambule dans la peripherie qui ressemble a n'importe quelle ville du Perou pour finalement parvenir en centre-ville. De latine la ville se transmute alors en occidentale. Des touristes a tous les coins de rue, des locaux qui abandonnent le quechua pour un anglais encore plus accentue que le mien et des prix qui atteignent des sommets! Malgre tout l'architecture est envoutante. Aux superbes eglises coloniales se melent des restes de soutenements incas ce qui donne a l'ensemble un charme certain.

Subida tremenda! - Cusco  Iglesia la Merced - Cusco

A l'approche de l'Inti Raymi, la fete Inca la plus importante celebrant le nouveau solstice et toujours pratiquee par les communautes Quechuas et Aymaras, Cusco se remplit dramatiquement de touristes venant assister a la representation donnee le 24 juin (le solstice etant le 21 juin et celebre a cette date par les locaux, on se rend tout de suite compte du caractere touristique de la chose...). Nous n'en sommes pas la mais les rues et les hotels commencent deja a se remplir.

Bon, point d'hotel pour moi mais un contact couchsurfing en banlieue dans une petite communaute quechua nommee Poroy. J'arrive donc en fin d'apres-midi chez Christian et Marisol, un couple alemano-peruvien, installe depuis quelques semaines dans une grande residence dans la communaute en question. La residence leur a ete prete pour deux ans et Christian et Marisol ont pour projet d'en faire une ecole de yoga, d'art et de nutrition. Hippies new age! Je suis donc acceuilli plus en tant que "volontaire" que couchsurfer. Bon, ca ne me gene pas plus que ca de mettre un peu la main a la pate et je rencontre en plus tout plein d'autres personnes venues a la rescousse. Par ailleurs, le site est idealement situe, a l'abri du brouhahas du centre de Cusco et face au mont Ausangate, dont le cone enneige surpasse toutes les montagnes alentour.

Atardecer sobre el Ausangate - Poroy  Marisol y Wind - Poroy  Llevando agua hasta la casa - Poroy

Mon premier contact est un peu rapide car je ne reste que deux jours avant de retourner a Abancay. Je dois y rencontrer Georges et Anastasia, le couple russe avec qui j'avais partager quelques jours de voyage entre l'Equateur et le Perou afin de nous lancer dans une expedition au Choquequirao. En deux jours j'ai neanmoins le temps de realiser quelques menus travaux tels que peindre, deplacer des briques en adobe qui pesent des tonnes et transporter des poteaux en bois encore plus lourd. Ce qu'il y a de bien a pres de 4000 m, c'est que lorsqu'on fait un effort on le sent tout de suite! J'ai donc accueilli avec delectation les seances de yoga, tres bonnes pour le dos. Pour la meditation je suis deja moins bon etant donne que ma capacite de concentration se limite a 2,3 s...

Je quitte le lieu avec un apercu positif et je prevois de revenir dans une semaine avec mes amis russes.

De Ica a Cusco

Je quitte Ica au petit matin, comme bien souvent, et m'offre une petite marche d'1h30 pour me degager amplement d'un environnement urbain qui offre peu de possibilites pour le stop, comme bien souvent... Apres un cafe froid et une patisserie vieille de plusieurs jours partages avec deux locaux tournant au pisco (a 9h du mat', bravo les gars!), je me fais embarque par deux jeunes clowns voyageant en camion de Lima a... Cusco! Je dis clowns car les deux rivalisent de blagues enlevees, droles ou pas ca depend des moments, et d'extravagances afin d'attirer l'attention des filles croisees sur la route, belles ou pas ca depend des moments...

Me voici donc embarque pour un interminable voyage sans arret vers Cusco pense-je donc. Pas de chance, une crevaison a l'entree de Nasca m'oblige a quitter mes acolytes plus tot que prevu. Apres 3h de voyage entre les dunes du superbe desert se trouvant entre Ica et Nasca, me voici donc a traverser Nasca de long en large sous un soleil torride et a faire le pied de grue a la sortie de la ville pendant plus de 2h avant de monter dans un camion. Je suis seul dans le coffre a ciel ouvert et je me regale du paysage qui s'offre alors a moi. Une incroyable montee depuis le niveau de la mer a plus de 4000 m! Tour a tour je peux observer une vallee aride parsemee de cactus et de rivieres asechees, des montagnes dont les reliefs ressemblent aux bourrelets du bonhomme Michelin qui se serait affale sur le ventre pour une bonne sieste au soleil et un "altiplano frio" ou paissent de tranquilles vicunas. Je suis balance de droite a gauche dans le coffre alors que le camion file comme une balle entre les lacets de cette route toute neuve. Pas facile de prendre quelques photos dans ces conditions!

A regarder attentivement, les distances des deux panneaux different! Vive le Perou!Vallee despues de Nasca  Montanas entre Nasca y puquio  Montanas entre Nasca y puquio

Apres l'altiplano, le camion entre dans une vallee aux reflets verts et oranges qui disparaissent rapidement avec la tombee de la nuit. Je me recroqueville dans le coffre, transi de froid... Nous arrivons finalement a Puquio, ou me laisse le camion, et ou je vis ma enieme negociation pour ne pas payer "la taxe" souhaitee par le conducteur. Je regarde ma montre, presque 19h, l'heure de la messe et donc synonyme de possibilite d'hebergement pour moi. Je file donc a l'eglise assister a la messe. Enfin assister... Disons que je me rechauffe alegrement dans l'eglise et j'ai meme le culot de piquer un petit roupillon en pleine messe du dimanche. Oups!

Apres la messe, je fais connaissance de Michael, une jeune moine bientot ordonner pretre. Apres m'avoir offert une boisson chaude (je rappelle que j'ai quitte un desert au matin et me voici en short et sandalettes a plus de 3000 m!), le typique "moliente", Michael m'entraine a quelques pates de maison et m'installe confortablement dans une residence completement vide reservee a l'usage de l'eglise et de la mairie. Je termine ma journee dans un lit bien chaud recouvert de 50 kilos de couverture. Les anges existent donc bien... Apres une bonne nuit de recuperation, je quitte la residence et pars remercier Michael. Je reste finalement quelques temps en sa compagnie a discuter religion. Ses 10 annees de philosophie puis de theologie ont fait de lui un interlocuteur particulierement interessant. Un pas de plus sur le chemin de mon elevation spirituelle!

En quittant Puquio, je tombe sur la repetition du defile annuel des ecoles de la ville. J'ai le malheur de ma balader innocemment dans la foule et je suis immediatement harcele par une horde de bambins dechaines. Je suis bon pour une seance photo interminable...

Horda de nninos en Puquio!

Alors que j'attends depuis un bon moment a la sortie de la ville, qui vois-je deboucher du coin de la rue, mes amis de la veille dans leur camion! Joel et Niger m'expliquent qu'ils ont creve deux fois en tout et qu'ils ont passe la nuit sur l'altiplano. Brrr, je ne les envie pas! Nous sortond de Puquio avec un quatrieme larron en la presence d'un local qui retourne a son village situe sur les hauteurs. Les hauteurs en particulier presentent de nombreux et splendides lacs truffes de delicieuses truites. Encore une descente puis une autre montee et nous voila deja rendus a 21h. Le jour a depuis longtemps laisse place a la nuit. Je continue avec Joel et Niger qui m'ont dit vouloir s'arreter a Abancay pour dormir quelques heures. A minuit nous nous arretons a une station service. Je ne peux dormir dans le camion faute de place et je ne peux m'eloigner de la station pour camper a cause des chiens (encore eux!). J'opte pour le repos non reposant sous le camion.

Reveil a 5h et depart d'Abancay. Une nouvelle montee-descente (et dire que j'ai des amis qui font le voyage en velo...) et nous voila a Curahuassi, longeant la riviere Apurimac. Quelques kilometres apres la sortie de la ville, nous tombons sur un barrage. Une manifestation des communautes locales pour protester conte la privatisation des reseaux d'eaux de la region. Une redite inquietante de ce que j'avais vecu en Equateur pres de Loja. Nous restons bloques de 9h a 16h, plusieurs heures d'attente ou chacun s'occupe comme il peut. Lecture et sieste de mon cote, lessive dans le caniveau et lavage du camion pour mes compagnons.

Que vive el paro! - Curahuassi  Paro sobre la carretera - Curahuassi

A 16h la situation se debloque et nous montons a nouveau. Ais-je deja precise que la sierra peruvienne n'etait en fait qu'une succession de montee-descentes? Bref, apres de nouveaux blocages, nous arrivons finalement vers 20h a Izcuchaca, aux abords de Cusco. Le camion roule presque sur la jante a cause du raccomodage douteux effectue deux jours avant et nous nous arretons donc pour la nuit. Cette fois je peux camper et ne m'en prive pas bien que la temperature de nuit passe bien en-dessous du zero. A 6h, apres un reveil glacial, je m'approche du camion embue de Joel et Niger. Les deux sont reveilles et decident de finalement couvrir les derniers kilometres avec une jante douteuse. A 7h30 je suis enfin a Cusco.

Ica o cuando tu cuerpo te dice "baja el ritmo amigo"...

Depuis Pisco j'arrive donc a Ica apres deux courts rides, dont un avec un ingenieur agronome qui m'explique les techniques d'irrigation utilisees dans le desert; plutot interessant. J'arrive en debut d'apres-midi et je m'empresse de faire reparer mon appareil photo. A noter que j'ai aussi rompu ma carte de credit lors de ma nuit sur la plage dans la reserve Paracas, je suis donc contraint de mettre mes parents a contribution pour me commander et m'envoyer une nouvelle carte rapidement. Je me mets ensuite en contact avec Christopher et Ricardo, deux jeunes couchsurfers qui seront mes hotes pour deux nuits.

Autant dire qu'apres mon periple dans la sierra et ma nuit dans le desert je ne suis pas tres frais et passablement epuise. Je tente de faire bonne figure aupres de mes hotes et ne manque pas de gouter le pisco, la liqueur locale, mais je ne fais pas long feu la nuit venue et les abandonne rapidement pour rejoindre mon lit.

Le lendemain, encore fatigue, je me rabats sur la visite du musee regional et de tranquilles balades en ville au lieu de visiter les environs. Dommage, il existe une oasis pres d'Ica aux dunes impressionnantes. Je vivrai plus tard la visite par procuration grace ades photos d'amis. Vraiment splendide! Le musee n'en est pas moins interessant et j'en apprends plus sur les differentes cultures qui ont peuple cette partie desertique du Perou, en particulier la culture Nasca. J'ai meme le loisir d'admirer une reproduction des lignes de Nasca a l'arriere du musee. Les photos font parfaitement illusion et je suis exempt d'un inabordable (et souvent dangereux) vol au-dessus des celebres lignes!

Falsas lineas de Nasca :) - Ica  Ricardo y Chris - Ica

En debut de soiree je me retrouve a nouveau avec mes hotes avec qui je partage plusieurs heures agreables.

"Gracias chicos! Fue un placer conocerles. Lo siento por haber sido tan cansado pero asi es... Sere en mejor estado la proxima vez!"

Pisco y la reserva Paracas

Me voila donc a Pisco, a nouveau sur la cote peruvienne ou regne le beau temps et une douce chaleur, probablement appreciable quand on ne se trimballe pas un sac a dos surcharge... Bref, je passe rapidement par le centre ville encore en reconstruction apres le tremblement de terre de 2007 avant de me diriger vers le marche, source d'informations et de nourriture. Une fois mon ventre rassasie des typiques "ceviches" de la cote (salade de morceaux de poissons et de legumes assez relevee), je quitte Pisco et me dirige vers la reserve Paracas a quelques kilometres de la ville.

Edificio con mucho daños todavia en Pisco

La reserve est celebre pour son desert, ses cotes arides peuplees de`peliquans, de pingouins et de phoques (allez savoir ce qu'ils font la par cette chaleur!). Quelques jours avant j'avais lu que des tempetees de sable se manifestaient vers 15h precise dans la reserve. Il se trouve que j'arrive a l'entree de la reserve a 14h55... Bien joue Johnny! Ajoute a ca le fait que je coupe par le desert pour eviter de payer l'entree du parc et je me retrouve donc en pleine tempete avec seulement quelques gouttes d'eau dans ma gourde.

En pleno paraca! - Reserva Paracas  Reserva Paracas en la tormenta

Malgre le sable qui me picote la langue et m'arrache les yeux, j'apprecie ce paysage de dunes sur cette impressionnante peninsule ou le tourisme est tres peu developpe. Je deplore a ce moment la morte de mon appareil photo qui rend l'ame sous les coups de vent charges de sable. Donc peu de photos a vous offrir de ces superbes paysages. Apres une heure de lutte intensive dans la tempete, je me fais embarquer par un gentil señor qui m'emmene a la Lagunilla quelques kilometres plus loin. Ce dernier s'en va pecher en cette belle fin de journee. J'arrive donc au petit port niche a l'entree de la peninsule ou se melent carcasses de vieux bateaux echoues sur les dunes, vautours et pelicans en quete de quelques poissons abandonnes par les pecheurs et traces de jeep s'enfoncant dans l'inconnu de ce desert de sable.

Lagunilla - reserva Paracas  En borda del mar - reserva Paracas

Je me renseigne sur un endroit ou passer la nuit et je jette mon devolu sur la playa de la mina qui accueillait anciennement un mine de carbone. Le paysage est splendide et je passe la fin de la journee a apprecier le va et vient des vagues sur la plage et le changement de couleur du desert au fur et a mesure que descend le soleil dans le ciel. La suite est moins drole; je me fais reveiller en pleine nuit par un mouvement sur ma tete. Je me reveille en sursaut et me trouve nez a nez avec un gros rat! Apres quelques coups de lampe dans la tente, je trouve deux gros trous dans la toile et mon ananas, qui constitue mon seul et unique bien comestible, completement boulotte! Voila donc ce qui les a attire... Je suis oblige d'enterrer l'ananas en pleine nuit et de boucher les trous dans ma tente afin d'eviter une seconde visite inopportune.

Je me passe donc de petit dejeuner le lendemain et je suis bon pour une seance de couture afin de rafistoler ma tente. Je quitte la reserve en stop grace a des pecheurs retournant en ville et, apres avoir traverse Pisco a nouveau, je me rends rapidement a Ica qui se trouve a moins de 100 km. Je traverse alors de grandes etendues de desert que les peruviens tentent avec plus ou moins de succes de domestiquer. Au bord de la route je peux donc observer de verts champs de vignes, de paprika, de salades, etc. et de nombreux elevages de poulets dont le fumier sert a alimenter les pauvres sols du desert pour les cultures citees precedemment.

En la sierra peruana

Je quitte Huaraz tot le lendemain. Une fois a la sortie de la ville, j’attends 2h avant qu’Alejandro ne se presente dans son pick-up. Assez dur de se faire embarquer dans ce coin ; en effet, les seuls vehicules que je croise, outre les bus et les colectivos que j’elimine d’emblee, sont soit des camions-benne transportant du minerai soit des camionettes appartenant aux mines environnantes, tres nombreuses dans la vallee. Aucun de ces vehicules n’est autorise a me prendre en theorie. Alejandro est ingenieur des mines et me fait un topo complet sur sa profession. Il reste tres lucide sur les dommages causes a l’environnement par son activite mais a un an de la retraite ce n’est pas ce qui le fera changer de metier. Lorsque nous parlons de la fonte des glaciers, il me propose tout simplement de peindre les montagnes en blanc. A approfondir… Nous quittons la cordillere au bout d’un moment et prenons de l’altitude pour enfin nous retrouver dans une immense plaine au pied des montagnes. Je l’abandonne ici et m’offre une petite marche d’une heure dans ce splendide decor en attendant de poursuivre le stop.

Cerca de la hacienda cruz cancha Cerca de la hacienda cruz cancha

Je me fais ensuite embarquer en camion par Arturo qui va charger du minerai a la mine de Huallanca. Encore une fois nous traversons de superbes paysages, alternant entre les froides cimes des hauts sommets et les vallees fertiles de la sierra. Arturo aussi a de bonnes idees, il m’explique comment l’homme peut garder le controle sur sa femme en ayant le droit exclusif au travail et ainsi gerer la situation financiere du foyer et entrainer une soumission totale de sa compagne. Quand je lui explique que ca ne se passe pas vraiment comme ca en France, il sourit et me dit qu’il ne penserait pas pouvoir s’adapter a notre culture.

Cerca de Huallanca

Je descends donc a la ville miniere de Huallanca et, a peine ai-je le temps d’entamer ma marche vers le prochain village, qu’apparait Tito avec son camion-benne. Il m’embarque jusqu'à une carriere pres de La Union. Il est pres de 17h et je sollicite alors un paysan du coin pour obtenir l’autorisation de camper dans un champ. Carlos Salazar me recoit dans sa ferme et je peux camper tranquillement pres de ses vaches et de ses brebis. Coup de bol, a proximite de la ferme se trouve des bains thermaux. J’en profite pour aller me faire un petit sauna creuse dans la roche. Un pur bonheur de sentir l’eau chaude sur mon petit corps malingre !

Au retour de mon sauna, la nuit est déjà tombee et la temperature avec. Je me regale de deux clementines qui constituaient mes dernieres victuailles et file dans la tente. Carlos m’a egalement appris qu’au-dessus de sa ferme se trouve un site archeologique d’importance, Huanuco Pampa, et que je peux aller le visiter le lendemain. Ce que je ne manque pas de faire en m’engageant a 6h le lendemain sur le chemin menant a ce site. Arrive en haut de la montagne, je me fais accueillir par une horde de chiens hargneux qui s’en prennent a mes molets. Apres une lutte acharnee je finis les molets saufs mais le pantalon dechire. Je suis encore bon pour un atelier couture le soir, salete de cabots ! Le paysage est impressionnant, le haut de la montagne est en fait une grande plaine ou vivent chichement quelques familles Quechuas. Evidemment, le gringo fait peur a tout le monde et les gens m’evitent.  Je me debrouille donc seul pour trouver le site. Je suis recu par Euler, le gardien du site, qui me fait la visite. Le site n’est pas excessivement impressionnant mais les 2h passees avec Euler qui connait le lieu sur le bout des doigts rendent finalement la visite tres interessante et enrichissante. Il s’agissait du centre administratif de l’empire Inca et de nombreuses routes passaient par ce centre. Apres ca, je m’en retourne dans la vallee, recupere mon sac et salue Carlos pour sa generosite avant de marcher jusqu'à La Union a 3 km de la.

Cerca de La Union Templo central de Huanuco Pampa 

Mi guia Euler en Huanuco Pampa 

J’y dejeune tranquillement et quitte ensuite la ville pour entamer le stop jusqu'à Huanuco. Juste le temps d’une petite sieste et me voila dans le camion de Robert. Bien que la route soit plutôt bonne considerant les criteres peruviens, Robert ne depasse pas le 15 km/h et j’ai le temps d’apprecier le paysage et le deroulement de la vie dans la sierra. J’ai entendu dire un jour qu’il n’y avait presque plus d’anes en France. Ici c’est l’inverse, l’ane est indispensable a tout bon « campesino ». Nous finissons le trajet de nuit mais cela ne me gene pas car je ne rate pas grand chose du paysage vu notre allure. Ce quime gene par contre, c’est le CD de 6 chansons evangelistes qui tourne en boucle dans le camion. A la troisieme reprise je me contiens difficilement pour ne pas jeter l’autoradio par la fenetre… Arrive a Huanuco, j’avais pour secret espoir de dormir dans le camion de Robert mais ce dernier me depose finalement en ville. Il est déjà tard et je suis condamne a trouver un hotel. Je prends le moins cher et je le regrette rapidement car c’est aussi le plus sordide. Je ne m’attarde pas a Huanuco et poursuis mon voyage. Alors que je marche vers la sortie de la ville, je me fais alpaguer par Tito qui commence a discuter avec moi. Au bout de deux minutes, alors que je lui explique que je sors de la ville pour aller faire du stop, il arrete un camion qui passe dans la rue et m’y fais monter. Il s’agit d’un transporteur qui charge sa marchandise jusqu'à Lima. Merci Tito, tu me facilites grandement la tache !

Je me retrouve donc avec Nico et son collegue qui dort sur sa couchette en direction de Lima. Alors que je discute tranquillement avec Nico une bonne partie du trajet, nous passons successivement par des canyons et des montagnes de moyenne et haute altitude. Nous arrivons ensuite a la Laguna de Junin, a plus de 4000 m, qui est en fait une immense plaine qui s’etale sur plusieurs dizaines de kilometres. Coincee entre les montagnes et ponctuee de plusieurs villes minieres, la plaine est somptueuse de meme que l’enorme lac enson centre ! Elle abrite egalement de nombreux animaux et a été decretee reserve naturelle. A noter que dans cette plaine un obelisque marque la victoire des troupes de Simon Bolivar sur les espagnols. Or,lorsque j’en demande innocemment la signification au collegue de Nico, celui-ci me repond qu’il s’agit d’un edifice a la gloire de la victoire du Perou sur le Chili qui reussit a derouter les troupes chiliennes grace a des hordes de lamas. Comment voulez-vous que je m’instruise correctement avec ce genre de commentaires ?

Laguna de Junin Laguna de Junin

Nous sortons finalement de la plaine et nous retrouvons a nouveau dans les montagnes. Arrive a La Oroya apres 7h de voyage, je quitte mes chauffeurs car je ne souhaite pas aller a Lima ou ces derniers se rendent. Au contraire, je souhaite rester dans la sierra et continuer a arpenter ses incroyables paysages. Je passe donc la nuit dans cette ville miniere (encore une) qui possede la seule usine de traitement des metaux de toutes les Andes. Je dors a l’hotel car apres de 4000 m les nuits sont froides et ma tente et mon duvet ne font pas le poids. Le lendemain, je tente de visiter l’usine hydroelectrique de la ville mais sans succes, il me faut un laissez-passer que je ne peux acquerir qu’a Lima. Sans y etre alle mais suite aux si nombreux commentaires que j’en recois, je hais Lima pour regrouper en son sein les competences techniques du pays, pour accueillir un tiers de la population du Perou et pour sa vie agitee, bruyante et polluee. Revenant du barrage je tombe sur une manifestation des employes de l’usine de traitement des metaux. Leur employeur americain a deserte la ville il y a un an et les ouvriers sont depuis sans travail. Ils manifestent depuis tout ce temps pour leur droit d’acces au travail.

Vista de La Oroya Obreros en paro - La Oroya

En debut d’apres-midi je suis en partance pour Huancayo a bord d’un luxueux 4x4 Toyota. Le proprietaire fait tour a tour payer les occupants qui descendent au compte-gouttes. Je suis exonere de paiement. C’est souvent le probleme au Perou, les vehicules prives sont tres rares car inabordables pour la majorite de la population et ceux qui possedent donc un vehicule jouent le role de taxi. Je suis souvent oblige de preciser que je n’ai pas l’intention de payer et que je compte sur la generosite de mon interlocuteur.

Je sors rapidement de Huancayo, une grande ville bruyante mais comportant cependant de jolis edifices et je me retrouve au marche a la peripherie de la ville. Je partage un fou rire avec quelques vieilles femmes a qui j’achete des feuilles de coca (pas fameux soit dit en passant) et j’amuse la galerie au stand des patisseries ou je m’arrete inevitablement. Apres ca, je parcours un peu la campagne avant d’etre embarque par Julio. Alors que je decris les conditions de vie en France a Julio, ce dernier me dit a un moment : « Dans ce pays nous travaillons pour survivre, pas pour vivre. » C’est une phrase qui resume tres bien la difference entre les occidentaux qui travaillent pour economiser et profiter un minimum de la vie et les latinos qui travaillent la plupart du temps pour avoir simplement de quoi manger le soir. Evidemment le sujet est plus complique que ca mais l’idee de base n’est pas eloignee de cette constatation.

La nuit tombee, je demande a etre depose entre deux villages ou je peux camper sereinement. Inutile de dire qu’il a fait froid… Je me lance sur la route au petit matin et apres une bonne marche vivifiante, je me fais embarquer par Edwin. Edwin est l’ancien maire du district de Yauni. Je le bombarde evidemment de questions sur ce qu’implique une telle charge. Quand on en vient au theme de la corruption, tres fort au Perou, ce dernier se fait moins loquace et m’informe que les autorites lui en veulent. Ben voyons ! En bref, l’individu a le charisme et la volonte pour faire un bon maire mais je crains qu’il ne soit pas tout blanc. Simple opinion personnelle. Nous restons dans les montagnes et passons par Yauni, un village d’importance perdu dans les montagnes et accessible par piste, avant d’arriver a Huancavelica, l’ancienne capitale du mercure du Perou.

J’y suis en fin de matinee et j’en profite pour faire rafistoler mon sac qui commence a souffrir de tant de peripeties. Je vais egalement manger au marche ou la bonne dame qui me sert essaye en vain de me fiancer avec sa fille. Je dois dire que l’episode nous a tous bien amuses meme si ca n’a pas ete  facile de m’en sortir. Alors que je sors de Huancavelica, la ville aux belles eglises selon les locaux, je tombe sur une professeure d’ecole qui me presse de faire une presentation dans sa classe le lendemain. Ceux qui me connaissent savent que mes competences pedagogiques frisent le zero absolu et je ne vois pas trop ce que je pourrais dire a ces petits peruviens. Bon, je me laisse convaincre meme si Mme la professeure est incapable de me trouver un logement. Qu’a cela ne tienne, je m’en vais moi meme solliciter l’ecole pour pouvoir dormir dans un coin et je suis recu par Lucia, une dame de service, qui me loge gentiment dans la chambre de la gardienne, absente pour cette nuit (elle fera d’ailleurs la gueule le lendemain…). Je fais donc ma petite presentation le lendemain. Bien que cette derniere s’avere pathetique, les eleves ages de 9 a 11 ans sont tellement contents et excites de recevoir un « gringo » dans leur classe que meme Mac Lesggy serait pale de jalousie devant un tel succes. Apres mon triomphe matinal, je reste 1h chez Marcelino, un sympathique cordonnier qui colmate les trous dans mes chaussures. Elles aussi commencent a souffrir du trajet et cette depense s’averait inevitable…

Iglesia plaza de armas - Huancavelica Mi futura esposa y su madre! - Huancavelica Marcelino, el simpatico zapatero - Huancavelica

Mi clase de un dia! - Huancavelica

Je quitte la ville a pied vers 10h30 en imaginant qu’un quelconque camion va bientôt croiser ma route. 3h de marche apres et quelques centaines de metres de denivele au compteur, je m’affale epuise en haut du mont que je viens de gravir. Je n’irai pas plus loin, ou on m’embarque ou je dors ici (meme si je prefererais qu’on m’embarque parce qu’il fait tres froid) ! A 16h passe (enfin !) un camion conduit par Pedro. Je me jette presque sous ses roues pour qu’il s’arrete. Ce dernier me sauve non seulement du froid mais aussi d’un paysan saoul et a l’haleine de coca qui était venu me proposer le gite. Malgre sa gentillesse j’etais peu tente. A bord du camion de Pedro j’atteins mon record d’altitude puisque nous passons la soi-disant plus haute passe du monde a un peu plus de 5000m. Autant dire qu’a cette hauteur la terre n’est plus cultivable et les habitants ne vivent que de l’elevage, lamas, alpacas et brebis pour la plupart. Au risque de me repeter, le paysage est une nouvelle fois superbe ! Les montagnes changent d’aspect tous les 10 km et, a l’approche de Santa Ines, nous passons d’enormes lacs de montagne sur lesquels se reflete le coucher de soleil. Magique !

Esperando un trailer - Despues de Huancavelica Montañas antes de Santa Ines Atardecer desde el trailer - cerca de Santa Ines

Passe Santa Ines la nuit tombe. Nous amorcons la descente vers la cote et la ville de Pisco. Nous nous arretons en chemin pour roupiller quelques heures. A l’arret,Pedro me demande combien je compte le payer. Mince, je ne m’y attendais pas a celle-la ! Heureusement,en quelques mois j’ai eu le temps d’amorcer une riposte : il suffit de prendre un air completement devaste et surpris, de feindre l’ignorance complete de ce genre de pratiques et d’avoir l’air credible lorsque vous dites que vous n’avez pas d’argent. Ca marche et Pedro me depose meme jusqu'à Pisco centre quelques heures plus tard. Je renoue avec la cote pour quelques temps.

Huaraz

Mes contacts Couchsurfing n’ayant pas marche a cause de malentendus informatiques, je me retrouve finalement dans la maison d’une petite dame dont on m’a fournit l’adresse. Filomena me recoit avec un grand sourire et je bois le cafe avec elle et son mari avant d’aller camper dans son jardin. Filomena est Quechua mais n’en est pas moins evangeliste jusqu’au bout des ongles et j’ai donc droit a mes 28 benedictions avant de m’engouffrer dans mon duvet.

Atardecer - Huaraz

Le lendemain je me rends a Yungai, entre Huaraz et Caraz, pour ensuite monter jusqu’au parc Huascaran afin d’y effectuer une petite randonnee. Je monte dans la voiture de 3 Quechuas pour arriver jusqu’au parc car j’ai rate le bus. Grace a eux j’entre sans payer l’entree du parc et j’arrive directement au pied du sentier que je souhaite emprunter. J’’effectue donc ma petite ascension jusqu'à la Laguna 69 (n’y voyez aucune connotation sexuelle, les gerants du parc ont simplement nomme les lacs par des numeros car ceux-ci etaient trop nombreux pour leur attribuer des noms en bonne et due forme) qui se trouve a quelques 4300 m d’altitude. Cela me permet d’observer les glaciers alentours, ou du moins ce qu’il en reste, et d’avoir un apercu de la beaute de la cordillera blanca. Je n’irai pas plus loin que cet apercu car je n’ai ni le materiel ni l’argent pour me lancer dans un trek couteux a la cime des glaciers de la cordillere. A savoir que la plupart de ces monstres de glace atteint aisement les six mille et quelques metres ! Le lac est cependant superbe et est repute pour etre « le plus bleu de tout le Perou » ! Je suis tente d’acquiescer…

Vista sobre los nevados -parque Huascaran Laguna 69 - parque Huascaran Vista sobre los nevados- parque Huascaran

Je redescends en fin de journee en colectivo et je retourne chez Filomena ou se trouve toujours mon campement. Nouvelle nuit fraiche en tente en attente de meilleurs hospices.

Lagunas de LLanuco - parque Huascaran

Hasta Huaraz

Je quitte enfin Trujillo dans la matinee apres pres de 10 jours passes la-bas. Une bonne petite marche d’une heure pour sortir de la ville et me voila jouant du pouce. A peine 10 minutes d’attente et je me fais embarquer par Alejandro. Le pauvre vieux s’était arreter pour pisser et je lui ai saute dessus pour obtenir un ride! Un voyage tres agreable avec cet erudit aux idees tres arretees. Selon lui, le Perou est completement gangrene (et je ne lui donne pas tort) et il faudrait proceder a un « nettoyage methodique », a comprendre une petite purge radicale (et la, je lui donne tort). Apres 130 km dans le desert de lacote peruvienne, ou se melent dunes et amas rocheux denues de vegetation, nous arrivons a Santa, un bled perdu ou je descends pour debuter mon ascension vers la sierra.

En el desierto - cerca de Santa

Le temps de traverser la ville et je saute a l’arriere d’un camion pour quelques kilometres. Quelques nouveaux kilometres a bord d’un colectivo qui m’embarque sans me faire payer et me voila a me dorer la pilule a l’entree de la vallee de Santa. J’attends 2h au soleil a me faire devorer par d’affreux sancuchos (petits moustiques voraces) et a discuter avec les locaux. Puis, arrive mon sauveur en la personne d’Heider qui m’embarque dans son camion. Nous cheminons a travers la vallee ou coule la belle riviere Santa. La vallee ressemble plutot a un canyon particulierement sec dont la beaute naturelle est surprenante. Nous croisons « dix petits negres » qui sortent d’une mine de carbone auxquels j’attribue tristement quelques annees d’esperance de vie vu leurs conditions de travail. Ensuite, intervient ma premiere experience de montage de roue de camion suite a une crevaison. Un vrai plaisir avec la poussiere environnante soulevee par le vent… Nous arrivons en fin de journee a un petit relais ou je m’arrete. Je commence a discuter avec les 10 habitants du relais jusqu'à ce que nous soyons rejoins par les ouvriers d’une mine d’or situee a proximite. Match de foot improvise sur la route poussiereuse ou je m’illustre evidemment par mon jeu leche ! Bueno, une petite biere avec mes coequipiers, un eternel  « arroz con pollo » (riz poulet) et je pars monter la tente a l’abri du bruit produit par les camions passant le relais. Chaude nuit eclairee par une pleine lune qui me fait croire en plein jour.

Parada de 10 habitantes - Valleede Santa Pinchamos en el vallee de Santa

Nous debouchons du canyon pres de Caraz, a l’entree de la vallee situee entre les cordilleras blanca y negra. Nous sommes a pres de 3000m. A mon grand regret la cordillera blanca devient aussi noire que son homologue negra a cause de la fonte des glaciers. J’arrive finalement a Huaraz en fin de journee, centre touristique le plus important de la vallee, qui donne directement acces au parc national Huascaran abritant les plus beaux (et plus hauts !) sommets du Peru. A noter que la route entre Caraz et Huaraz est sublime du point de vue du paysage mais horriblement desagreable a emprunter du fait de l’etat de delabrement de la chaussee.

Cordillera blanca

El reto de Lazaro

Le dimanche, je rencontre enfin Lucho. Je fais egalement plus ample connaissance avec notre compagnon en chaise roulante. Ce dernier est venu a Trujillo dans un seul but, realiser un record du monde! Il souhaite faire le tour de la place centrale de Trujillo sans discontinuer pendant 33 heures sur sa chaise roulante. Sa motivation: faire prendre conscience aux populations et aux institutions que les droits des personnes handicapees ne sont pas assez respectes dans cette partie du globe.

Lazaro a un culot et une determination incroyables! Le type est arrive depuis une semaine, depensant ses maigres economies, et tente de regrouper les permis des diverses institutions qui lui permettront de realiser ce record. Il tente aussi de regrouper un peu d'argent aupres de sponsors pour pouvoir faire de la publicite et avoir les moyens de repartir ensuite en Colombie. Lucho et Lazaro sont amis et Lucho est la pour l'aider dans sa folle aventure. Le temps joue contre lui puisque le record est prevu pour le jeudi et le vendredi de la semaine suivante et que tout reste a faire. On nous sollicite alors pour l'assister durant la semaine et surtout pour le supporter pendant toute la duree de son record.

J'avais prevu de quitter Trujillo le lendemain et je ne suis pas tres chaud pour rester tant de temps ici. Mais la determination de ce trapu petit colombien a moustache a raison de ma mauvaise volonte. Je reste finalement.

Les jours qui s'ecoulent jusqu'a la date butoir du jeudi sont tranquillement remplis de visites au marche pour me gaver de fruits, de discussions interminables avec Istok, de courtes marches qui nous menent invariablement au restaurant ou a la patisserie, de visites a la famille de Lucho que j'apprends a connaitre avec entre autres une soiree cuisine francaise (j'ai tente le clafoutis aux abricots tandis que Philippe nous a concocte de succulentes lasagnes), et enfin (et evidemment!) quelques menus travaux pour la realisation de ce record fou de notre ami Lazaro Martinez Cruz! Entretemps, nous a rejoint Ed, un anglais en bicyclette qui s'est fait attaque dans le desert et vole tous ses papiers. Malgre ca, Ed reste tres calme et se joint a nous dans notre belle equipee. Le flegme anglais ne cessera jamais de me surprendre!

Cena en la casa de los ciclistas - Trujillo 

Arrive alors le jour J. Nous sommes a 8h petantes sur la place. La legendaire ponctualite latino nous fait attendre jusqu'a 9h30 avant de voir debouler notre champion entoure d'une caravane de presse bruyante et rugissante. Waow, je ne m'attendais pas a ca! Il y a des medias de tous les cotes, surtout des locaux mais aussi des regionaux et des nationaux. Lazaro est serein et ne doute pas un seul instant de son exploit. Le voila parti, on ne l'arretera plus. Alors que Lucho est au son et fait office de speaker et DJ, nous autres nous occupons de ravitailler Lazaro et de le suivre en velo pour qu'il ne soit jamais seul. La journee se deroule tranquillement alors que nous nous relayons sur nos bicyclettes. Le soir venu, la foule est plus importante que dans la matinee. Nous faisons le spectacle en poussant la chansonnette (avec Philippe nous y allons de notre petit Balavoine). Je prepare une bonne soupe a notre champion qui ne marque aucun signe de fatigue. Plus la nuit avance moins les curieux se font presents et plus la fatigue se fait sentir. C'est le moment crucial. Il est 3h; alors que mes compagnons se sont endormis, je lutte contre le sommeil accompagne d’Istok pour maintenir Lazaro eveille. Deux heures de dure lutte contre le sommeil pour finalement observer avec delectation les premieres lueurs de l'aube. Lazaro est toujours en course! Les medias reapparaissent par enchantement au fur et a mesure qu'avance la journee. Dans la matinee nous assistons a un defile militaire avec les enfants des ecoles de la ville. D'aucuns pourraient trouver cela beau, j'y vois seulement l'expression d'un propagandisme ecoeurant. Et en plus, ca gene notre champion dans sa progression! Heureusement que nous sommes la pour lui frayer un chemin... En debut d'apres-midi, Lazaro est relache et suivi par de nombreux riverains. Des compagnons en fauteuil roulant ou en bicyclette. Tout roule, je m'autorise donc une petite sieste apres ma nuit laborieuse. A partir de 16h la foule commence a s'agglutiner. Il ne reste que 2h30 a couvrir pour que notre ami Lazaro tienne son record. J'ai chipe l'appareil photo professionnel de Istok et je joue au reporter. Apres tout, je vaux bien tous ses amateurs de la presse peruvienne qui s'accumulent sur la ligne d'arrivee comme des guepes sur une tartine de confiture. La tension est a son comble. Le Eugene Saccomano local a rejoint la foule et commente en direct la course de sa voix puissante et tonitruante.La nuit tombe, les medias sont excites, nous sommes epuises et Lazaro reste impassible. Ca y est! Il passe la ligne d'arrivee! 33h de course non-stop et approximativement 250 km parcourus! Il tient son record mondial et son nom devrait apparaitre prochainement dans le Guiness Book.

Descansando durante la noche del record - Trujillo Istok y Lazaro durante la carrera - Trujillo Plaza de armas - Trujillo Istok cantando en yugoslavo - Trujillo

Nous restons un peu a l'ecart tandis que Lazaro est harcele par la presse. Finalement, il nous invite a le rejoindre et nos sales bobines sont donc prises en photo et filmees sous tous les angles. Nous aurons droit a notre minute de gloire a la tele et dans les journaux regionaux le lendemain. Apres le depart de la presse, nous plions bagages et Lazaro s'en va manger un poulet presque entier avant de s'affaler sur son lit. Tout comme nous...

Foto de la prensa a la llegada - Trujillo Miguel Espinoza comentando - Trujillo

Pas de repit puisque le lendemain nous organisons la fete pour les 16 ans de la fille de Lucho. Les "extranjeros" font sensation durant la fete au rythme de leurs souples pas chaloupes sur fond de salsa et de merengue. Non, je plaisante, nous dansons tous comme de vraies patates et amusons beaucoup la foule de jeunes adolescentes presente ce soir la. La fete bat son plein jusqu'a 6h. Encore une courte nuit...

A titre de parenthese, mes amis et  moi-meme avons fait doublement sensation dans la presse puisque une page entiere nous est consacree dans La Industria, un journal regional. Meme si l’article n’est pas fameux j’ai eu droit a la plus grande photo, he he! 

En el periodico! - Trujillo

Je ne quitte finalement Trujillo que le mardi a cause de l'insistance de mes compagnons... et aussi, je l'admets, a cause du gateau au chocolat quotidien de Araceli, la femme de Lucho.

"Lucho, gracias para todo! Eres un hombre generoso y tu familia es increible! Hasta luego chicos, pase un muy buen tiempo con ustedes! Despiertate Lazaro! Despiertate! :) "

Turismo en Trujillo

Me voila donc a Trujillo, en pleine rue centrale ou s'affolent des dizaines de passants et de nombreux vehicules. Je suis en contact avec mon ami Yougoslave Istok rencontre au Panama. Ce dernier a traverse l'Amazonie en velo pendant que je reluquais tranquillement les colombiennes plus a l'ouest. Je dois le retrouver a "la casa de los ciclistas", une sorte de legendaire lieu de pelrinage pour tout bon tourdumondiste en bicyclette. Le lieu est gere par Don Lucho depuis 25 ans qui se fait fort d'accueillir tout voyageur international passant chez lui. Bien qu'humble "mochilero" (voyageur en sac a dos), je suis accueilli a bras ouverts et je retrouve donc avec plaisir mon ami Istok, le "clown-philosophe".

Dans la casa se trouvent egalement un autre francais, Philippe, et un colombien en chaise roulante, Lazaro. Tout ce petit monde est bien sympathique mais aucune trace de Lucho ni de sa famille. On m'explique qu'ils vivent un peu plus loin et que la casa n'est que le lieu d'accueil des voyageurs et l'atelier de reparation des velos. A peine arrive, je pars donc en compagnie d'Istok faire une petite reconnaissance de la ville et partager mes aventures de ces derniers mois avec les siennes. Cela durera jusqu'au soir...

Le lendemain, nous partons visiter Chan Chan, une impressionnante relique d'une enorme ville de boue! S'etalant a l'origine sur plus de 20 km2, on n'observe plus aujourd'hui que les reliquats du palais central dedie aux rituels du peuple Chimu. Penetrer dans ce dedale de murs en adobe est fascinant et l'art Chimu est charmant. Dommage que les Incas aient mis fin a tout ca...

  Chan Chan - Trujillo Chan Chan - Trujillo Chan Chan - Trujillo

Chan Chan - Trujillo

Apres notre petite visite culturelle, place au fun! Direction Hanchaco, une station balneaire ou pullulent les gringos a la peau blanche et au nez pele, tout comme moi. La-bas, le surf est roi et je comprends tout de suite pourquoi en voyant la belle plage sur laquelle viennent s'echouer les fortes vagues de l'ocean pacifique. Nous degustons quelques fruits de mer et partons faire la sieste a l'ombre. Seul Philippe a le courage d'aller se jeter a l'eau accompagne de sa planche. Nous revenons en fin de journee en longeant le littoral entre Huanchaco et Trujillo.

Playa y surf - Huanchaco El litoral entre Huanchaco y Trujillo

 

Hasta Trujillo

Apres deux nuits de luxe a Cajamarca, je reprends la route le matin du troisieme jour. Une petite heure et demi de marche pour se mettre en jambe et me voila parfaitement positionne sur le chemin menant a Cajabamba. Pas le temps de deposer mon sac que je me fais prendre en stop par le laitier qui va faire le plein a Aguascalientes, a quelques kilometres de Cajabamba. Sur le chemin je l'aide a recuperer les pots de lait laisse la intentionnellement par les eleveurs. La route sillonne dans les montagnes et, apres San Marcos, celle-ci se transforme en route-piste ou pullulent les trous (parfois plus proche du canyon que du trou). Le laitier m'explique que la corruption est a l'origine de ce phenomene. De fait, la route n'a que deux ans, mais comme la moitie de l'argent s'en est alle dans les poches des differents actionnaires du projet, il ne resta ensuite plus assez d'argent pour faire un enrobe digne de ce nom...

A Aguascalientes j'attends deux bonnes heures a l'ombre d'un arbre qu'un vehicule ait pitie de moi. Bon, je n'inspire pas assez pitie apparemment alors je decide de marcher pour m'occuper. C'est le signal qu'attendait Elvis pour passer avec son pick-up et m'embarquer jusqu'a Cajabamba. La temperature est elevee dans la vallee et la nature prodigieusement riche.

Valle cerca de Cajamarca Hasta Huamachuco

Tout cela change une fois dans le camion de Mario. Mario s'en va charge de bois vers Trujillo et me trouve une petite place dans son vehicule, a la cime du tas de bois! Parfait pour la magnifique vue sur le paysage, moins sympathique lorsque la nuit tombe finalement et le froid qui vient evidemment avec. Je vous passe les details croustillants des 5h de route sur une piste defoncee avec un camion ne depassant pas le 22 km/h en pointe. Je finis le trajet avec deux maitresses d'ecole se rendant a Huamachuco. "Ben oui, viendez! Y'a plein de place sur mon tas de bois!" Nous arrivons vers 21h a la laguna de Sausacocha ou je descends. Je prefere voyager de jour pour observer le paysage et je ne suis pas presse. Je me regale donc d'une bonne truite du lac avant d'aller camper pres de l'embarcadere. Commence alors une lutte acharnee avec les "perros callejeros" (chiens de rue) qui m'en veulent definitivement pour je ne sais quelle raison... La lutte se poursuit jusqu'au matin et je loue le ciel de me fournir quelques pierres sur le chemin jusqu'a Huamachuco que je rejoins a pied.

J'esperais visiter le Marca Huamachuco la-bas (un des (tres) nombreux sites archeologiques du Perou) mais la route etait trop mauvaise et cela m'aurait coute les yeux de la tete. Bon, je visite donc rapidement Huamachuco et reprends le stop. Un premier ride en camion, un second en camionnette, me menent au sommet d'une montagne perdue. J'attends un epu avant de sauter dans un camion remplie de pierres a l'heure du dejeuner. Le chauffeur me previent qu'il ne va pas vite. Je lui reponds que je ne suis pas presse et nous partons. Apres 5h30 a somnoler sur mon tas de pierre, je me rends compte que nous avons fait exactement 82 km. Effectivement, pas presse l'ami... Heureusement la region est superbe malgre les nombreuses mines a ciel ouvert qui devisagent la region. 

Bon, je n'arriverai pas a Trujillo aujourd'hui. Je decide donc de descendre du camion a Yamobamba ou des policiers de route m'indiquent une maison ou je pourrai camper dans le jardin. Je suis accueilli par une bonne dame qui, en plus de me laisser dormir dans son jardin, me prepare une bonne soupe chaude avant d'aller dormir. Je revois mes amis policier avec qui je conviens d'un rendez-vous le lendemain pour qu'ils m'aident a trouver un vehicule pour m'amener a Trujillo.

Plaza central - Huamachuco 

Hasta Trujillo Hasta Trujillo Mis amigos policias - Yamobamba

Je passe une fraiche nuit et me reveille a 5h. A 6h30, me voila dans un van en direction de Trujillo. Les occupants m'ignorent. Tant mieux, cela me permet de roupiller sans gene et d'observer le paysage. Plus on s'approche de la cote et plus la montagne se fait rocheuse tandis que les fonds de vallee restent verdoyants. Surprenant contraste! J'arrive finalement a Trujillo en fin de matinee.

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