ARGENTINA

El pais donde la religion es el futbol y Dios es Maradona!

El Chalten a Rio Turbio: entre hielo y carbon!

Je suis a El Chalten en fin de journee apres que Mariano m’ait depose pres de l’office des gardes-parc. Apres une rapide discussion avec ces derniers, je me decide pour une rapide ascension jusqu'à la Laguna Capri afin d’y camper. Hop, on fait le plein de pain et de fromage et on est parti ! J’arrive pile pour le coucher de soleil sur le Mont Fitz Roy qui trone fierement au milieu de ses congeneres de taille plus modeste et quasiment tous baptises de nom d’aviateurs francais en hommage aux debuts de la Aeroposta Argentina dans les annees 20/30.

Fitz Roy - El Chalten    Bosque cerca del Fitz Roy - El Chalten

Le lendemain, apres un spectaculaire lever de soleil sur le lac, je prends la direction du glacier de Piedras Blancas. Je rejoins en chemin un valeureux touriste australien qui m’accompagne quelques temps. Je fais ensuite le trajet en solitaire jusqu’au glacier. Arrive au pied de ce dernier je savoure enfin la vue de mon premier glacier patagonique. Apres une tentative d’ascension avortee pour cause de rafales et d’eclairs de lucidite sporadiques sur mes competences d’alpiniste, je redescend en longeant le lac forme par le glacier en contrebas. L’eau a une couleur laiteuse au plus pres du glacier tandis que les lacs du parc se situant plus en aval possedent une eau cristalline, presque turquoise, filtree par le sable et la roche des cours d’eau.

Glaciar pedras blancas - El Chalten  Glaciar piedras blancas - El Chalten

En milieu de journee je m’arrete planter la tente au campement Poincenot. Je suis fatigue de mes tentatives infructueuses d’ascension du glacier et n’irai pas plus loin aujourd’hui. Le lendemain, je rentre ainsi tranquillement en passant par le chemin longeant le rio Fitz Roy. Chemin qui m’offre une vue splendide sur le Cerro Torre, un mont dont la facade possede une pente de presque 90°, comme si un geant avait taille la pierre a la hache d’un simple coup sec. Impressionnant ! La vallee n’en est pas moins belle, surtout en cette saison ou la nature renait doucement apres la rudesse de l’hiver.

En milieu d’apres-midi je reprends le stop a l’endroit ou l’on m’avait depose 2 jours auparavant. Apres 2h d’attente frustrantes a voir me passer sous le nez de nombreux vehicules, je suis embarque par Fred et Elseen, un couple de hollandais profitant d’un mois de vacances en Argentine. Lui est architecte urbaniste, elle travaille dans un service specialisee dans les soins ultimes dans un hopital. La discussion se fait en anglais -ce qui me change un peu du castillan- tandis que nous nous rendons a El Calafate ou sont loges mes amis du jour. Sur le chemin nous passons 2 immenses lacs : le Lago Viedma et le Lago Argentino, tres prises des pecheurs. Nous sommes a El Calafate en fin de journee. L’attraction de la ville est sans doute aucun le glacier Perito Moreno que des bancs de touristes vont visiter chaque jour dans des minibus speciaux. Trop cher, trop industriel, trop surfait et trop difficile d’acces a pied, je choisis de passer ma route. Je prends une douche rapide dans un camping avant d’aller camper derriere l’office de tourisme. Le lendemain matin je refais mes provisions et me rends au contrôle de police a la sortie de la ville. Je me fais rapidement embarque par Carlos qui s’en va pecher au Lago Argentino. Un coup de peche, ca te tente Franchute ? Pourquoi pas, vamos ! Et me voila donc a pecher la truite sur les bords de ce sublime lac a l’eau turquoise et offrant un magnifique spectacle de pics enneiges en fond. Apres 4 ou 5 lancers, je perds malencontreusement la meilleure cuillere de Carlito qui se decroche sans prevenir. Mon père et mon oncle vont maugreer en lisant ces mots, tant de lecons de peche pour un tel resultat ! Ce que j’en dis c’est que l’eleve prend generalement exemple sur le maitre, a mediter messieurs…

Carlito y su trucha arcoiris - Lago Argentino  Lago Argentino  Carlito pescando en el lago Argentino

Apres quelques heures agreables a regarder Carlos pecher (bizarrement il ne me proposera plus la canne apres mon lancer malchanceux), nous rentrons vers El Calafate. Carlos me depose en chemin au milieu de nulle part ; comme d’hab’ devrais-je dire dans cette region. La nuit n’est pas encore tombee, j’ai le temps de faire encore un peu de stop. Bingo ! Juan s’arrete a bord de son camion Renault et m’emmene. Il se rend a Rio Turbio, a la frontiere chilienne. Environ 200 km a parcourir en pleine pampa avec pour toute presence humaine entre les 2 villes quelques « estancias » desertes.

Un coucher de soleil de la pampa est un phenomene unique et incroyablement beau, pur, presque sacre. Celui auquel j’assiste ne fait pas exception. Ou disparait le ciel ? Quoi est nuage, quoi est terre ? Tout se melange, tout s’imbrique et forme un veritable kaleidoscope de couleurs aux tons obscurs. Juan s’avere un interlocuteur interessant et nous echangeons nos idees sur la politique argentine et la mentalite des argentins en general. L’homme possede un point de vue original et sans concessions sur ses compatriotes. Nous arrivons a Rio Turbio vers minuit et Juan me laisse dans le centre ce qui m’oblige a trouver un endroit ou dormir d’urgence. Une porte ouverte, de la lumiere, des voix, j’entre et je demande a camper sur le terrain bordant la maison. Nuit humide, troublee par 2 chiens « callejeros » tentant d’accomplir des choses pas tres catholiques a 5 metres de la tente. De toute facon j’ai bu trop de « maté »  avec Juan et il m’est impossible de fermer l’œil.

Le temps est toujours a l’humidite le lendemain, reference a la pluie fine qui tombe sur la ville. Rio Turbio est fameuse pour sa mine de charbon qui regule l’economie de la ville. Il parait que la mine en question recherche des travailleurs, je partagerais bien la vie des mineurs pour quelques temps, une experience de plus. Apres quelques formalites de routine, je me presente finalement aux ressources humaines de YCRT (Yacimiento Carbonifero de Rio Turbio), l’entreprise qui gere le gisement de charbon. Imaginez un type trempe de la tete aux pieds, avec un sac de montagne en piteux etat sur le dos et a l’allure de vagabond entrant dans le bureau soigneusement decore de la responsable des RH de YCRT, portant alors fierement un beau tailleur noir a cette occasion. Le contraste est assez saisissant et  le saugrenu de la scene m’arrache d’ailleurs un sourire alors que je penetre dans le bureau. Trop de paperasse requise pour le boulot en question et la priorite est donnee aux locaux, je ne terminerai donc pas mineur. Neanmoins, j’apprends que la mine possede un tunnel reconverti en musee et salle de demonstration pour les ecoles. Je parcours donc 4 km sous la pluie afin d’aller voir la fameuse mine. Je ne suis pas decu de m’etre donne la peine car la visite est particulierement interessante (voir la page de Promethee). Mon seul regret est de n’avoir pu rencontrer des mineurs pour discuter de leurs conditions de travail. Je retourne ensuite en ville et couvre a pied les 5 km qui me separent de la frontiere chilienne. Me voila de nouveau en territoire chilien.

Mina Rio Turbio  Mina Rio Turbio  Mina Rio Turbio

Hasta los glaciares

Je quitte le Chili et je suis a nouveau seul dans la nature. En lieu et place des guanacos se trouvent aujourd’hui des flamants roses, des oies sauvages, des canards, des nandus (petites autruches toutes aussi rapides que leurs lointaines cousines), un tatou, un tas de brebis et de lievres et des « pupiac pisa » (a vrai dire je ne connais pas le nom local mais j’ai decide de les nommer ainsi, nom qui est en fait l’acronyme de « putain de piaf a la con qui piaille sans arret ») qui n’ont pas arrete de me harceler pensant surement que j’en voulais a leurs nids. Je passe la frontiere sans souci mais le "stop sans auto" se poursuit neanmoins de l’autre cote. Cependant, le moral est haut. En moins de 2h j’ai trouve successivement sur le chemin un fer a cheval et une patte de lapin. Il ne me manque plus que le trefle a quatre feuilles et j’aurai la panoplie du parfait petit chanceux !

Dejando los carabineros delpaso roballos

Et un fer a cheval, un!  Et une patte de lapin, une!

En fin de journee, apres etre passe du Che a J.J. Rousseau et a son discours sur l’Origine de l’inegalite entre les hommes (l’un des deux auteurs a un effet soporifique, saurez vous deviner lequel ?), je suis finalement embarque par Martinez qui administre une « estancia » a 5 km de la. Il me laisse avec ses 3 employes : Jose, ramon et Jorge, avec qui je passe la soiree. Jorge s’avere un redoutable joueur de dames et Jose un excellent cuisinier. Le lendemain j’ai meme le luxe de pouvoir prendre une douche chaude avant que Martinez ne me depose a Lago Posadas, 60 km plus au sud. Plutôt efficaces le fer a cheval et la patte de lapin ! Le voyage entre la estancia et le village est spectaculairement beau, melange de montagnes, steppes, lacs de sel et rivieres issues de glaciers. Chaque virage fait apparaitre un nouveau paysage tandis que la grosse camionnette de Martinez s’amuse a faire fuir les brebis au bord de la route.

En la estancia sol de Mayo - cerca paso roballos lado argentino

Par un heureux coup du sort, je tombe sur Victor (celui qui m’amena jusqu'à Perito Moreno quelques jours plus tot) au coin d’une rue du petit village. Je discute un peu avec lui avant de l’abandonner pour faire du stop. J’attends peu avant qu’une camionnette ne me laisse a Bajo Caracoles, sur la ruta 40. Enfin me dis-je, je vais pouvoir enchainer les rides et arriver fissa a Calafate. Que nenni ! Je passe tout l’apres-midi au bord de la route a voir passer les camions bennes participant au chantier d’asphaltage de la route. D’ailleurs peu son reellement en fonctionnement car on vient d’apprendre la mort de l’ancien president et mari de l’actuelle presidente Cristina Kirchner. De quoi remettre en question le futur du monopole des Kirchners a la tete du pays…

Aburrido en Bajo Caracoles

Bref, je suis contraint de camper dans le village fantome de Bajo Caracoles le soir en attendant meilleur sort le lendemain. En apparence ca commence comme la veille et je dois attendre 11h avant que ne se presente Taly, Rosemary sa femme, ses 2 jumeaux de 3 ans et Nina, la grand-mere. La vue de la charge monstrueuse de la voiture m'enleve tout d'abord tout espoir. Mais Taly met les 2 sieges enfant a l’arriere, Rosemary en prend un sur les genoux et « adelante » ! Formidable ! Ces derniers se rendent a Calafate et me depose a l’intersection pour El Chalten apres 5h de voyage. Voyage qui s’est tres bien deroule par ailleurs. J’ai fait la discussion avec Nina et je suis intervenu avec mon cahier et mon crayon lorsque le lecteur DVD des petits est tombe en rade. La route en elle-meme est par contre d’un ennui mortel : pampa a perte de vue parcourue sur une route de terre cahoteuse.

Arrives a la deviation pour El Chalten, nous nous apercevons que la voiture a un pneu a plat. Alors que Taly commence a reparer je me fais embarquer par Mariano qui s’était arrete pour aider. Je sais, ca a l’air tres ingrat comme ca mais ils m’ont tous encourage a y aller. Mariano, qui travaille dans le tourisme, profite des 90 km qui nous reste avant d’arriver au village pour me faire un tour d’horizon des possibilites touristiques du lieu. L’arrivee a El Chalten est grandiose ! Le petit village est surplombe par le Mont Fitz Roy qui culmine au centre de la chaine de montagnes qui se situe en plein cœur du parc national Los Glaciares. Ce dernier porte bien son nom puisqu’il accueille une partie du grand "Campo de Hielo Patagonico" qui comporte pas moins de 47 grands glaciers! Il s'agit de la plus grande masse de glace au monde apres l'Antarctique. Si avec ca je n'arrive a m'approcher d'au moins un glacier, je rentre en France fissa!

Si, soy tan grande como el Fitz Roy! - El Chalten

Comodoro Rivadavia, tierra de viento y de petroleo

A Trelew, je me fais rapidement embarquer par Miguel qui revient de Buenos Aires a bord de sa belle auto, toute propre toute nouvelle. On se charge rapidement de la baptiser a coup de fromage, de saucisson et de miettes de pain. Miguel est foreur de puits pour YPF a Caleta Olivia, au sud de Comodoro, et m’explique comment s’est developpe le negoce du petrole entre les provinces du Chubut et de Santa Cruz. Aujourd’hui, Comodoro Rivadavia est le fer de lance de l’industrie petroliere argentine et a longtemps abritee le siege de YPF, compagnie petroliere anciennement nationale. Pour cette raison tout y est 2 fois plus cher que n’importe quel endroit dans la pays. Cependant, Comodoro possede une autre caracteristique particuliere : c’est un endroit qui abrite des vents violents et plus ou moins permanents et c’est ce qui a permis l’implantation de plusieurs parcs eoliens sur les hauteurs de la ville.

Comodoro desde arriba

Miguel me lache justement a cet endroit a ma demande et je me ballade ainsi plusieurs heures entre les immenses eoliennes a prendre des cliches pour Promethee. En plus de ces moulins a vent de derniere generation, le cerro Arenal abrite egalement des dizaines de puits de petrole et le contraste est saisissant entre ces 2 energies. Comme si l’une sommait l’autre de passer le relais, la jeune pousse face au vieux grigou. Il semblerait cependant que le vieux grigou s’accroche bien ferme a ses interets et ne veuille pas passer la main… Ce soir la j’ai la bonne idee de camper au-dessus de la ville. Je le regrette severement lorsque j’essuie dans la nuit une tempete avec des rafales atteignant 120 km/h. Je suis contraint a sortir 2 fois en urgence au cours de la nuit afin de repiquer la tente. Autant dire que je n’ai pas ferme l’œil de la nuit… Le lendemain, devant l’entree de la tente m’attend sagement un invite, un petit scorpion a l’air avenant.

Parque eolico Antonio Moran - Comodoro  El petroleo es todavia mas grande que el viento...  Scorpionito peligroso! - Comodoro

Cela me prend la matinee pour finalement atteindre le centre de Comodoro et rencontrer Francisco, le pere de la famille qui me recoit ici par l’intermediaire de Couchsurfing. Je passe ensuite la journee avec toute la famille : Laura, la maman, Maru, Jesus et Emilio, les enfants ayant entre 25 et 32 ans. Francisco est peruvien d’origine indigene, mestiza et japonaise ; Laura est argentine d’origine suisse et galicienne. Imaginez la diversite ethnique et culturelle de cette famille ! Cette diversite est une de leurs composantes essentielles, autant que leur generosite et leur sens de l’hospitalite qui n’a pas d’egal. Au cours de cette journee et des jours qui suivent j’aurai l’occasion de discuter avec chacun d’eux, en particulier Laura et Maru, et j’en apprendrai beaucoup sur la famille en elle-meme, dont chacun des membres a une tete incroyablement bien faite et un grand cœur, mais aussi sur Comodoro, l’Argentine et bien d’autres sujets.

Familia Martinez - Comodoro Rivadavia

Le lendemain de mon arrivee dans la famille, je tente desesperement d’organiser un rendez-vous pour visiter l’interieur d’une eolienne. Marche conclu avec les techniciens du parc, rendez-vous le lendemain matin. En attendant, je passe un peu de temps chez mes hotes et je visite l’universite proche de chez eux. Incroyable comme les gens me recoivent la-bas ! Il suffit que je me pointe dans un labo, une salle de cours ou un bureau et les gens se mettent a me parler, a me presenter, a m’informer. Au final, en fin de journee je me retrouve dans le bureau du specialiste de l’eolien dans l’universite. Il me donne un rapide apercu du futur de cette energie, et plus largement des energies renouvelables, en Argentine. En gros : pas d’argent, pas de volonte d’investir ni de former des specialistes mais une abondance de ressources qui rend malade. C’est l’histoire de l’Argentine…

Le lendemain, je me tape 2h30 de marche pour me rendre au parc eolien pour m’entendre dire qu’en fait, apres reconsideration de ma requete, j’ai besoin d’une autorisation pour visiter une nacelle d’eolienne. Super les gars, merci bien ! Pouviez pas me prevenir avant « boludos » ? Bref, il me faut autant de temps pour revenir en ville et du coup je reporte mon depart au lendemain. Comme je n’ai rien de mieux a faire dans l’apres-midi, je me mets a preparer des crepes qui au final enchanterons tout le monde. Le malheur des uns fait le bonheur des autres, c’est bien connu.

En milieu de matinee le lendemain, Laura me depose a la sortie de la ville ou je peux aisement faire du stop.

“Muchas gracias todos ! Fue un placer compartir un poco de tiempo con todos ! espero verles de nuevo subiendo después de Ushuaia!”

Trelew "a la francaise"

Vous vous demandez peut-etre ce qui m’a amene a traverse, une nouvelle fois, le continent sud-americain et qui fait ressembler mon itineraire a une “course de chien fou” comme me l’a si bien dit un ami russe. Le fait est qu’a Trelew se trouve mon premier contact en plus d’un an avec mon monde d’antan, le monde de l’avant-voyage. Il s’agit de Julien. Nos peres allaient souvent chasser ensemble et nous nous retrouvions souvent a gambader a leurs cotes a ces occasions. Je ne l’avais pas vu depuis 5 ans mais peu importe, il me recoit a bras ouverts et me conte son experience argentine. Depuis plusieurs mois a Trelew, il est charge de mettre en place le projet d’abattoir de son pere et de ses associes a Dovalon, une petite ville a 50 km de Trelew. Il travaille avec Guillermo, un impressionnant artisan, exceptionnel forgeur de couteaux.

Senor Pinguino en Punta Tombo  Colonia de pinguinos en Punta Tombo

J’arrive en fin de journee a Trelew et apres une reprise de contact avec Julien nous nous lancons vers Dovalon pour une petite rencontre de football franco-argentine, evidemment suivie d’une troisieme mi-temps toute aussi eprouvante ! Il est entre 3 et 4h, l’heure d’aller au « boliche » me dit Julien. Je vois qu’il a pris le rythme argentin le bougre ! Lorsque nous rentrons il n’est pas loin de 7h et j’ai juste la force de me trainer jusque mon grand lit double qui m’attend chez Julien et Guillermo.

Le lendemain en debut d’apres-midi nous nous rendons a Punta Tombo voir la plus grande colonie de pingouins du continent. Voyage a travers la pampa et les dunes pour enfin arriver a la cote ou les fameux pingouins sont en periode de nidation. Fideles, nos amis en tenue de soiree reste avec la meme paire jusqu'à la fin de leur vie. Le nid, creusee dans la terre meuble, generalement au pied d’un arbustre, possede toujours 2 œufs. Les pingouins sont des centaines et seront bientôt des milliers quand les petits auront eclos. Apres cette belle page nature, retour a Trelew pour une soiree sensiblement semblable a celle de la veille mis a part l’asado qui remplace la partie de foot, sacrement moins sportif du coup. Nous passons ensuite un dimanche tranquille qui permet de recuperer des 2 soirees precedentes.

Guillermo y Julien... y un pinguino (lo pueden ver?)  El equipo de futbol argentino de Dolavon

Le lundi, j’ai enfin l’occasion d’aller visiter l’abattoir ou travaille Julien. Il me fait le tour du proprietaire et m’en explique le fonctionnement. Le lieu est propre et en bon etat. Seuls manquent quelques petits ajustements mais le lancement devrait se faire sous peu. Dommage que je n’aie pas fait la visite dans un abattoir en fonctionnement, ca m’aurait peut-etre enfin fait passer le gout de la viande produite industriellement… Apres une petite coupure « the gallois » memorable dans l’apres-midi (cette partie de la Patagonie comptait de nombreuses colonies galloises et la culture originelle de ces peuples est encore tres presente), nous finissons la journee par une partie de foot et un « cordero patagonico » (meme concept que l’asado sauf que cette fois c’est une brebis qui y passe) dans le restaurant le plus paume de la region. Le repas fut delicieux et la soiree s’est achevee en musique ; le proprietaire s’est revele aussi bon cuisinier que chanteur folklorique ! Pour l’anecdote on nous a aussi force a pousser la chansonnette en francais et on n’a rien trouve de mieux que de massacrer une chanson de Balavoine.

Matadero en Dolavon  Cocinero y cantante, que suerte!

Je laisse finalement Julien et Guillermo en paix le lendemain et prends la route du sud.

« Merci encore « le grand blanc » ! Prends soin de toi et cuidado con las morochas en los boliches ! »

Entre lagos y montanas

Juste 100 km a parcourir avant d’arriver a Junin. En 3h d’attente autant de voitures me passent sans s’arreter. Enfin, lorsque Miguel se pointe dans la quatrieme, je m’embarque pour Junin de los Andes. Je ne fais que passer et j’ai juste le temps d’apprecier le volcan Lanin qui pointe a l’horizon. En cette saison il est encore recouvert par les neiges. Un autre ride dans une voiture des services postaux argentins et j’arrive a San Martin de los Andes. J’y suis assez tot et j’ai le temps de me renseigner sur ce qu’offre la region en termes de randonnees.

Je suis dans le sud de la province de Neuquen, soit la partie nord est de la Patagonie qui propose petits villages de type alpin, chaines de montagnes de basse et moyenne altitude et une infinite de lacs a l’eau cristalline. En cette saison, le printemps, l’activite touristique est tres faible en raison de la fraicheur du climat, de la presence insistante de la neige et du fait que les vacances argentines n’arrivent pas avant fin decembre. C’est donc tout bon pour profiter de la region lorsqu’on aime marcher, que l’on n’aime pas la foule et qu’on ne soit pas trop demandeur en termes d’attractions touristiques qui ne feront pas leur apparition avant un bon mois ou deux.

Quelques vivres dans le sac, une carte du coin acquise a l’office du tourisme de San Martin me suffisent pour me lancer dans la montagne et le parc national Lanin. Je dois d’abord traverser une communaute Mapuce avant que la nuit tombe. Sur le chemin je rencontre un natif completement rond et au nom bien « local », René, qui m’offre finalement le logis. Pour un type ivre il n’est pas tres loquace et mes questions restent souvent sans reponse tandis que lui ne cesse de me demander d’où je viens… Je le quitte tot le lendemain, sors du bois qui abrite la communaute et entame l’ascension du Cerro Colorado qui m’offre un panorama incroyable sur les montagnes alentours et le lac Lacar. La moitie de l’ascension se fait dans la neige. Lorsqu’apres etre redescendu et etre rentre au village, je me fais prendre en stop jusqu'à Rio Hermoso, j’apprends que les gardes forestiers sont toujours a la recherche d’un jeune homme de 25 ans parti en montagne la veille et a qui ils ont oublie de demander son itineraire lors de son passage a l’office du parc. Ca ne peut etre que moi…

Lago Lacar en el atardecer  Rene en el bosque - Comunidad mapuce cerca San Martin  Vista desde el Cerro Colorada - Parque Lanin

Vista sobre el lago Lacar - Parque Lanin

A Rio Hermoso, je me fais embarquer par le senor Parrilli. Age de 82 ans, cet homme incroyable, createur de plus d’une dizaine d’entreprises, connait la region comme sa poche. Pas etonnant puisque c’est lui qui a trace la majorite des sentiers et routes qui sillonnent ces montagnes. Il me convainc de me rendre a Villa Traful avec lui, un petit village perdu dans la foret, ou il se construit actuellement une residence pour passer ces derniers jours tranquille, loin du brouhahas et des jeunes qu’il « ne comprend plus ». Je me retrouve ce soir la avec lui et ses 3 employes. Tous ont beaucoup de choses a m’apprendre, notamment sur la flore de la region, sur le travail du bois et la fameuse histoire des nazis qui avaient trouve refuge dans cette partie de l’Argentine sous le regime de Peron. Petite ballade autour du lac le lendemain avant de discuter encore quelques heures avec mes hotes et de finalement quitter les lieux a regret en fin de journee.

Lago Traful  Sr Parrilli con el equipo  Lago Traful

Un jeune couple m’amene jusqu'à Villa La Angostura tandis que la nuit tombe. Il est déjà tard lorsque j’arrive et je ne peux que me trouver un simple endroit ou camper au bord du lac Nahuel Huapi. La vue au petit matin est tout a fait charmante et je suis juste a l’entree du Bosque de los Arrayanes, pas si mal que ca pour un campement improvise dans l’obscurite ! Apres une bonne randonnee dans le bois en ce dimanche matin, je retourne dans le centre et me refugie a la station service ou je reste jusqu’en fin de journee a profiter du Wi-Fi afin de renseigner le blog, entre autres. Vers 19h, j’entame le stop et me fais embarquer jusqu'à Bariloche par un groupe de 3 amis originaires de Santa Fe. Javier, Juan-Pa et Diego sont en vacances et en profitent pour visiter la region des lacs sans les copines restees a la maison ! Je me laisse convaincre facilement de les accompagner a l’hotel a Bariloche. Je dis facilement car apres tout ca faisait pres de 2 mois et demi que je n’avais pas franchi les portes d’un hotel…

Los companeros de Santa Fe - Bariloche

Je passe la soiree avec ces joyeux fetards qui me sortent et me vaccinent au Fernet-Coca, la boisson nationale. Le lendemain je me rends a l’ouest de Bariloche, dans le parc naturel Llao Llao. A l’exception de l’enorme complexe hotelier et de son golf qui ruinent le paysage, cette partie de la cordillere est tout simplement splendide. Encore des montagnes, encore des lacs, mais il est dur de se lasser de tels panoramas ! Je reste une nuit de plus a Bariloche pour essayer de visiter le Centro Atomico, lieu unique en Amerique Latine, mais sans resultat. Programmer une visite ne peut se faire que plusieurs mois a l’avance en raison de la forte demande. Dommage…

Parque Llao Llao  Parque Llao Llao  Parque Llao Llao

Je poursuis donc ma route vers le sud et me rends a El Bolson. Je suis pris en stop par Vicky qui a deja 3 « mochileros » dans sa voiture ! Une fois a destination nous decidons de nous rendre ensemble au lac Puelo pour camper. Gregory et Mauricio sont colombiens et Maria est venezuelienne ; voila quelques mois maintenant qu’ils sont en Argentine et qu’ils alternent entre petits boulots et vagabondage. La soiree se prolonge tard autour du feu qui nous nourrit (litteralement cette nuit la) et nous rechauffe. Le lendemain matin je poursuis seul et j’arrive ainsi a Esquel en 3 temps. Deux premiers courts rides et un dernier d’une centaine de kilometres avec Alejandro et Viviana qui reviennent d’un des centres sociaux pour anciens dans lequel ils exercent. L’attraction d’Esquel est la presence d’arbres millenaires dans le parc national Los Alerces a 50 km de la ville. Je me dirige donc dans cette direction. 8km de marche pour arriver a la deviation menant au parc et ensuite l’attente non concretisee d’un vehicule qui m’oblige a camper sur place. La temperature est de -5C cette nuit la. Heureusement mon nouveau sac de couchage me permet de dormir sereinement. J’attends peu le lendemain avant que Ricardo, un ancien gardien de prison, ne me depose a l’interieur du parc. Pas de chance, le prochain bateau qui permet de traverser le lac Menendez et d’atteindre le bois millenaire ne sort pas avant une semaine. Je me contente d’une randonnee dans le parc qui possede aussi de nombreux Coihues. Bien que « seulement » centenaires, ces derniers sont déjà tres impressionnants !

Lago Futalaufquen - Parque los Alerces  Coihue centenario - Parque los Alerces  Parque los Alerces

En fin de journee je suis de retour a Esquel et j’affronte le meme probleme que la veille. Du coup, je n’ai mon premier ride que le lendemain vers 9h30. Apres etre arrive a Tecka grace a Omar, un directeur d’ecole, je penetre dans l’immense pampa qui relie la cordillere a la cote atlantique dans la voiture de Miguel et Iviana, un couple argentino-chilien (tres frequent dans le sud de l’Argentine ou ce brassage est monnaie courante). Nous parcourons 500 km entre ciel et terre a la poursuite de l’horizon qui reste immuable. Seuls les environs du petit village de Los Altares trompent l’ennui de notre traversee puisque la pampa s’orne alors d’un relief type « meseta » qui contraste avec le plat infini de la pampa. En fin de journee nous sommes a Trelew. J’ai laisse derriere moi les montagnes, les lacs et la neige pour le sable, la mer et le desert.

Pampa del Chubut  Meseta cerca de los Altares

En Alumine por "causalidad"!

Alors que je me fais embarquer apres quelques minutes d’attente a la sortie de Las Lajas, j’apprends par la suite que mes amis devront patienter plusieurs heures avant d’avoir leur premier ride. Qu’ils se rassurent, une fois a Zapala, a 60 km de la, impossible de me faire embarquer ! Apres une journee infructueuse de stop, je capitule et me trouve un coin pour camper le long du chemin de fer, qui n’est d’ailleurs aujourd’hui utilise que parcimonieusement suite aux reformes du gouvernement Menem dans la fin des annees 90.

 

Ferrocarril en Zapala

 

Le lendemain, la chance me sourit rapidement avec l’arrivee de Carlos qui se dirige vers Alumine. Pas ma direction mais je ne fais pas la fine bouche vu les difficultes rencontrees pour quitter le lieu. Et je ne le regrette pas ! Outre les paysages splendides et vierges que nous traversons, Carlos s’avere etre un compagnon de route particulierement interessant. Il possede une grande experience de vie, et notamment de vie politique. Sa visite a Alumine est cependant contrainte par une situation familiale difficile qui a decide ce quinquagenaire, habitant de la province de BsAs, a venir tenter sa chance si loin de chez lui. Peu avant d’arriver a Alumine nous croisons une femelle condor au bord de la route et je reste sans voix devant la majeste de cet oiseau gigantesque auquel j’avais deja ete confronte mais jamais d’aussi pres.

Bien que nos chemins doivent se separer a Alumine, je croise a nouveau Carlos en fin de matinee alors qu’il converse avec la personne qu’il est venu voir : Sergio. Ce dernier n’hesite pas une seconde et m’invite a dejeuner avec eux. Je me rends donc sur les hauteurs d’Alumine, petit village de montagne dont l’activite touristique reste tres peu developpee, ou Sergio et Veronica ont construit leur maison et elevent leur fils Simbad. Toute de bois, leur maison ressemble a un chalet miniature. Ces derniers l’ont construite eux-memes en 3 mois avec quelques pierres, beaucoup de bois et probablement encore plus de clous ! Nous mangeons l’incontournable asado tandis que j’ecoute Carlos et Sergio discuter politique, les 2 etant autant passionnes et investis par le theme parait-il. Il est déjà 18h et Sergio me propose de dormir chez lui et de rester le lendemain pour accompagner sa sœur dans une communaute Mapuce a une trentaine de kilometres d’Alumine. J’accepte sans hesiter.

 

Carlos, Sergio y Simbad, Veronica en la casa de V&S - Alumine

 

Le soir, alors que tout le monde se rend au village pour une visite, je m’echappe le temps d’une petite ascension de la montagne qui fait face a Alumine. C’est l’occasion d’avoir une superbe vue sur la vallee et les monts enneiges qui surplombent la region. Retour chez Sergio pour une longue soiree de discussions passionnees. Finalement le lendemain mon excursion tombe a l’eau car la sœur de Sergio ne se rend pas dans la communaute avant la semaine prochaine et je passe donc la journee a accompagner Sergio et Carlos dans leurs demarches entrepreneuriales, car c’est bien de cela qu’il s’agit… Nouvelle soiree qui se termine tard dans la nuit et ou je finis seul en compagnie de Sergio a philosopher sur les differences de point de vue sur les problemes du monde entre latinos et europeens. Rien que ca !

 

Cumbres cerca de Alumine  Vallee Alumine

 

Le lendemain je quitte Alumine, rendu heureux par mes rencontres fortuites provoquees par la « causalite » et non par la « coincidence » comme s’amuse a me le rappeler Carlos alors qu’il me depose a l’intersection pour Junin alors que lui s’en retourne a Zapala. Avant de me quitter, ce dernier m’offre un anneau, les larmes aux yeux. Je ne saurai jamais si c’est son experience vecue a Alumine, sa difficile situation familiale ou ma simple presence qui le mit dans cet etat. Je regarde avec emotion son vehicule s’eloigner en soulevant un grand nuage de poussiere.

"Carlos, Sergio, Veronica, nunca pensaba pasar por Alumine y ahora agradezco el destino que llevo mis pasos hasta ustedes. Les deseo éxito y buena vida en las montanas!”

Bons baisers de Russie!

Lorsque je quitte San Raphael j’ai pour objectif de rattraper mes amis russes, Anastasia et George, que j’ai miraculeusement croise sur la route a la sortie de Mendoza. Alors qu’ils venaient de quitter le Chili, je les ai depasse a bord d’un camion tandis qu’ils faisaient du stop sous les giboules. Maintenant ils se trouvent a Las Lajas et m’attendent avant de repasser au Chili.

Mon premier ride se fait dans l’utilitaire de la famille Hernandez qui se rend au lac Nihuil pour passer le week-end. Ils me laissent a l’intersection separant la route menant au Nihuil et celle menant a Malargue. Je suis au milieu de nulle part, comme je m’attends a l’etre de plus en plus au fur et a mesure de ma progression vers le sud, refroidi par le vent qui balaye la plaine. Je me fais ensuite embarque par un couple qui m’amene directement a Malargue. Chaque kilometre me rapproche un peu plus de la cordillere et les sommets enneiges font leur apparition. Une fois a Malargue, je traverse la ville a pied afin de me hater sur la route de Las Lajas. Apres 2h de stop qui ne donnent rien, je me decourage et m’avance en quete d’un endroit ou camper pour la nuit. Un camion se pointe a l’horizon, je leve mon bras sans conviction dans un dernier geste de desespoir. Il s’arrete, je grimpe et en route ! A croire que les prieres de la famille de Maca et Ricardo a San Raphael sont toutes dirigees vers moi ! Je passe la soiree a discuter avec Mario tandis que nous zigzaguons gentiment sur les routes de montagne du sud de la province de Mendoza. Lorsque nous passons la frontiere de la province de Neuquen il est deja tard et cela fait une heure ou deux que je roupille assidument. Finalement, a une heure du matin, nous nous arretons en pleine cambrousse et dormons jusqu'à l’aube. Mario me depose ensuite a l’entree de la route menant au puits de petrole ou il doit deposer son materiel. En effet, le nord de Neuquen est une region desertique ou l’activite principale est l’exploitation petroliere. Encore une fois au milieu de nulle part avec pour seuls compagnons les elements qui s’eveillent autour de moi. Certains m’en veulent, le vent en particulier, d’autres me veillent, le soleil est l’un d’eux.

Camion de Mario - cerca de Chos Malal  Amanecer en el norte neuquino

Apres une courte attente, je me fais prendre en stop par un minibus de travailleurs revenant du puits de petrole en question. J’arrive ainsi a Chos Malal, petit village gris et peu anime. Je tourne un peu en ville, croyant initialement que mes amis m’attendent ici. Je rencontre Diego, le patron d’une petite auberge qui m’interpelle dans la rue et m’offre un petit-dejeuner. Parfois je me dis que j’ai vraiment une tete de saint pour que les gens soient si sympathiques avec moi… Je compte contacter le Vatican pour une prochaine canonisation. Bon, c’est pas tout mais je dois arriver a Las Lajas. Je sors de la ville et tombe sur un barrage routier. Les employes de la mairie sont en greve car l’intendant n’a pas accompli sa promesse d’augmenter les salaires de 30%. Cela fait déjà un an et la grogne monte. Les vehicules sont autorises a passer toutes les 2h. A midi je tente ma chance mais la premiere vague de vehicules ne m’est pas favorable. J’attends la seconde vague en compagnie de Cristhian, l’employe de l’office de tourisme avec qui je discute tout en sirotant du mate. Il m’informe sur la presence de nombreuses communautes Mapuce dans la region. Cette ethnie native de la cordillere est un des derniers peuples indigenes encore suffisamment representes en Argentine. A 14h j’obtiens mon billet pour Las Lajas dans la voiture d’un petit couple dont j’ai oublie les noms, comme bien trop souvent. L’homme travaille comme superviseur de forages petroliers et me renseigne sur le fonctionnement de l’activite petroliere dans cette partie isolee de l’Argentine.

A 15h30 je suis a Las Lajas et me mets en quete de mes amis. Pas un chat dans les rues ; un dimanche a l’heure de la sieste, tu m’etonnes ! Finalement, alors que je passe devant une porte anodine, je fais face a George qui me tend les bras pour d’emouvantes retrouvailles. George et Anastasia ont trouve refuge dans la maison de Carlos et Carina apres que Carlos les ait transporte depuis Chos Malal dans son camion, ceci 2 jours auparavant. J’arrive pile au moment de l’asado et a peine le temps de dire « ouf ! » que je me retrouve a table avec l’assiette pleine ! Je passe tout l’apres-midi avec eux a discuter, a ecouter Rodriguo (le fils de Carlos et Carina) jouer avec son groupe, les « peor es nada » (pire, c'est rien!), a boire du mate, beaucoup de mate, jusqu'à ce qu’enfin je me retrouve seul avec mes amis en fin de soiree pour que nous puissions rattraper le temps perdu et partager nos souvenirs de voyage.

Rodriguo tocando bateria - Las Lajas  Carlos, Carina y los rusos! (foto de A&G) - Las lajas  Hitch hikers crew!

Apres une courte nuit chez Carlos et Carina, nous nous separons le lendemain alors que je m’enfonce dans la Patagonie tandis qu’eux s’en vont a la conquete des glaciers chiliens.

Visitando algunos amigos del camino: Maca y Ricardo en San Raphael

Je quitte Mendoza en debut de matinee sous un ciel gris qui me fait craindre de nouvelles giboulees. Point de giboulees finalement mais une pluie fine qui fait sans doute du bien a la terre aride de la region. Marche forcee le long de l’autoroute jusqu’a finalement trouve un camion arrete par la pólice qui peut m’embarquer. Il ne m’emmene qu’a 30 km de la mais a au moins le merite de me faire quitter la ville. J’arrive ensuite a me faire prendre par Guillermo qui rentre directement a San Raphael apres avoir effectue ses releves dans le coin. Parfait, je suis a 16h a San Raphael et a 18h me voila chez Maca et Ricardo.

Maca et Ricardo sont un couple de (semi)retraites que j’avais croise entre Cachi et Cafayate lors de mon exploration du nord ouest du pays alors que je faisais du stop. Lors de mon arrivee tout le monde s’active pour la preparation de la communion d’un des petits-enfants de Maca et Ricardo. Pour situer le contexte, la famille est nombreuse, il y a toujours beaucoup de mouvements et de va-et-vient dans la maison des grands-parents, ces derniers sont de fervents croyants et s’impliquent beaucoup dans le fonctionnement des institutions catholiques de San Raphael. De leur 5 enfants, 3 filles et 2 garcons, seul 1 n’a pas repondu a l’appel du seigneur et se contente d’etre un fervent pratiquant. Les autres sont soit none soit pretre. Du coup, ma visite a ete place sous le signe de la religion bien que ce ne fut pas mon idee premiere. La chose interessante est qu’il est neanmoins aise de discuter avec tout ce petit monde qui ne se ferme pas d’emblee a mes idees paiennes. Donc, on a evidemment parle theologie, metaphysique et politique mais aussi histoire (Ricardo en sait bien plus que moi sur l’histoire de France et m’a rapidement renvoye a mes manuels scolaires !), cuisine, environnement, etc.

Le premier jour a été dedie a la preparation du buffet pour la premiere communion d’un des petits-enfants. J’ai notamment pu apprendre a faire les « empanadas saltenas » grace a Bebi, la sœur de Maca et quelques patisseries grace a Magda, une des « sœurs sorcieres » comme elles se nomment parfois elles-meme. Apres une humble ceremonie, nous avons partage le repas tous ensemble et passe un excellent moment. Le lendemain, je suis parti en vadrouille avec les 3 sœurs qui m’ont montre ce que faisait leur congregation pour les enfants desherites de San Rafael ainsi que pour les handicapes. Si certaines personnes sont interessees par un volontariat dans leur centre pour jeunes, voici le lien de la congregation : www.servidoras.org et c.giannaberettamolla@servidoras.org

Ricardo y Maca con el nieto -  San Raphael  Despues de la comunion y antes de comer! - San Raphael

Apres ca, j’ai quand meme fait un peu de tourisme et je suis alle me ballader du cote du barrage de Valle Grande et je suis revenu a San Raphael en stop par la vallee du meme nom. Comme quoi meme en transit le stop ne me quitte pas ! L’environnement autour de San Raphael est  du meme type qu’a Mendoza ou San Juan et l’aridite est de mise. Seule la creation de plusieurs retenues d’eau a permis de domestiquer le desert grace a l’irrigation. De manière anecdotique, cela a egalement deregle le climat et cree l’apparition de giboulees parfois dantesques. 

Frente al embalse del vallee grande - San Raphael  Embalse valle grande - San Raphael

Enfin, le troisieme jour m’a permis de visiter l’atelier de Bebi, une artiste qui travaille la ceramique comme pas un, de faire la connaissance de Jean Paul, un francais venu s’installer dans la region il y a 30 ans, et d’enseigner la methode pour faire les crepes a mes hotes (et oui, encore cet inevitable tradition que j’ai de faire des crepes dans tous les coins du monde). La rencontre avec Jean Paul fut particulierement interessante et instructive. Voyant que je m’interesse a l’histoire politique du pays, ce dernier me dit alors quelque chose qui m’a marque : « N’essaye pas de comprendre la politique en Argentine, c’est trop complique !» Etant donne qu’etant la depuis 30 ans et en sachant deja un rayon sur la question, j’imagine qu’il me dit ca en connaissance de cause ! D’apres le peu que j’en sais a ce jour, l’histoire politique de l’Argentine a de nombreux denominateurs communs avec ses voisins sud-americains : coups d’etat, corruption, appariton recente de la democratie, presence actuelle ou passee de forces rebelles (qui luttent ou pas pour le peuple, a voir), tendance a la soumission au systeme occidental, vente des ressources du pays au plus offrant (ou meme pas toujours au plus offrant), endettement programme, dictatures, espoir incarne par quelques leaders « sains » rapidement reduits a l’etat de viande froide… bref, que du bonheur ! Aujourd’hui, l’apparition de la gauche a la tete du pays est loin d’apporter des changements fondamentaux mais est au moins un gage de stabilite et de quelques avancees sociales. Malgre ca, l'Argentine est sans doute le plus europeanise des pays latins.

Jean Paul y Norma - San Raphael  Hermana Magda haciendo crepes - San Raphael

Enfin, le dernier jour, Bebi m’entraine dans un seminaire ou etudie son fils pour etre lui aussi pretre et ce dernier me fait la visite et me conte la vie de futur missionnaire. Ca ressemble a un camp de vacances finalement : etudes, jeux, quelques œuvres caritatives realisees a l’exterieur, vie en communaute, etc. La seule differnec est le type d’etudes : philosophie et theologie et basta ! Ensuite les petits gars ont pour devoir d’aller evangeliser aux quatre coins du monde et d’enseigner la vie selon les commandements de Dieu. Alleluia !

Ricardo, pere et fils, me depose finalement a la sortie de la ville en milieu de journee et j’entame le stop en direction du sud, de la Patagonie qui me tend les bras.

« Muchas gracias para haberme tratado tan bien todos ! Fue un placer encontrarles y espero que el placer fue compartido. Parece que hasta ahora la Virgen me sigue protectando Maca ! »

Visitando algunos amigos del camino: Valeria en Mendoza

Le voyage de San Juan a Mendoza est tres rapide grace a Elena qui m’emmene a bord de son auto climatisee. Elena travaille comme chef d’equipe a l’INTA (Instituto Nacional de Tecnologias Agropecuarias) sur un projet qui permet de former des familles ou groupes de personnes a la production propre d’aliments. Presque a la retraite, Elena partage avec moi son experience de la region et de l’agriculture, acquise en 40 ans  de carriere.

Une fois a Mendoza je contacte Paula, une amie de Valeria que j’avais rencontre brievement en Equateur il y a quelques mois, qui me recoit chez elle dans l’apres-midi. Apres un temps, Valeria se joint a nous et m’emmene ensuite visiter la ville. Mendoza est jolie, agreable, de taille moyenne et intelligemment agencee. Le parc central est souvent occupe en fin de journee par de nombreux coureurs et siroteurs de mate en mal de nature. C’est la que nous finissons la visite. Pour ma premiere soiree a Mendoza, Valeria m’offre un concert de « Tango New Age » au Teatro de la Independencia, le plus grand et plus ancien theatre de la ville. Le groupe s’appelle Altertango et propose un savant melange d’electro, de tango a l’ancienne et de rock ’90. Genial ! Apres ca, nous finissons dans un petit resto de la ville a manger de la pizza (l’Italie a trouve son disciple en termes de pates et pizzas a volonte !) et a boire un petit vin de la region.

Valeria y Paula al teatro - Mendoza  Altertango en vivo - Mendoza

Le lendemain, je me rends en colectivo a un barrage en montagne (encore un me direz-vous…) pres du village de Potrerillos. Je me reserve pour les treks en Patagonie en ce moment et je me contente d’une marche d’1h30 autour du lac. Il est tot et je decide de pousser un peu l’exploration des montagnes. Je fais du stop jusqu'à Uspallata en compagnie d’Andres qui rejoint sa base. Encore un peu plus loin avec 2 rides (non consecutifs) qui me mene a une drole de construction dans la roche nommee Puente del Inca, a quelques kilometres de la frontiere chilienne et de l’Aconcagua. Il s’agit du plus haut sommet du continent (pres de 7000 m d’altitude) mais bien que je puisse apercevoir ses confreres enneiges alentour, le maitre des lieux ne s’offre pas a ma vue, dommage… Il est déjà tard et je rentre en colectivo jusqu'à Mendoza. Je passe la soiree avec Paula, son frere Diego et sa fiancee.

Embalse Potrerillos  esperando un auto entre Uspallata y el Puente del Inca  Puente del Inca

Je reste encore un jour pour aller visiter la raffinerie YPF a la sortie de Mendoza. L’oncle de Valeria travaille la-bas et me fait le tour du proprietaire. Dans mon inattention je suis venu en short et je suis confine dans la voiture qui me ballade dans l’usine. Apres 3 ans en environnement industriel chez Renault je ne suis meme pas foutu de me rappeler de regles basiques telles que porter un pantalon dans une usine, navrant… Apres la visite, j’enchaine avec une marche jusqu’au sommet du Cerro Arco accompagne de Paula. La vue sur la ville, le desert qui l’encercle et la cordillere qui s’etend du nord au sud est epoustouflante ! La lumiere de fin de journee ajoute au charme de l’endroit. Enfin, apres ca, Valeria me presente a son chef, un docteur en fin de carriere, qui prevoit un voyage du Canada a l’Argentine (tiens, ca me rappelle quelque chose…), et souhaite recevoir quelques conseils. Horacio est particulierement instruit et a une impressionnante experience de vie et ainsi je pense que j’ai plus profite de la rencontre que lui-meme, que j’etais soi-disant venu conseiller. Voici un lien vers son site : www.travesiadelasamericas.es.tl

Vista desde el Cerro Arco - Mendoza  Paula y yo (demasiado grande por la foto...) arriba del cerro - Mendoza

Je quitte Valeria et le Docteur et termine ma soiree a en apprendre plus sur le rock argentin grace a Diego le melomane. Le lendemain je quitte la ville sous une pluie fine.

“Valeria, Paula, Diego, Horacio, fue un placer inmenso ! Espero tener noticias suyas y verles de nuevo próximamente.” 

Visitando algunos amigos del camino: Mariana en San Juan

Je ne prends pas le chemin le plus facile pour me rendre a San Juan mais je m’en tire plutôt bien etant donne que mon plus long temps d’attente ne depasse pas la dizaine de minutes !

A la sortie de Cordoba Miguel m’avance jusqu'à Carlos Paz. La ville est cernee de controles policiers en raison de l’arrivee du printemps qui est ici fetee par tous les etudiants. Qui dit fete etudiante dit alcool qui coule a flot sauf que les autorites argentines ont decide d’en interdire toute vente et consommation ce jour la. Donc ca fouille, ca controle, ca amende et evidemment ca ne sert a rien puisque il est bien connu qu’interdire la consommation d’alcool n’a jamais empeche les gens de boire. A Carlos Paz, je monte avec Jose qui me depose a quelques kilometres de la, a Cosquin. Nouveau changement de vehicule avec l’arrivee de Ricardo et Graciela qui m’emmene jusqu'à Patquia, dans la Rioja. Le paysage se fait progressivement aride et semi-desertique alors que nous sortons de la sierra cordobesa. A Patquia, je monte dans le fond d’un camion et pique une sieste jusqu'à Chepes ou j’arrive a la tombee de la nuit. J’y dormirai dans une cabane abandonnee surveillee par le vendeur d’empanadas du coin. En debut de matinee, un autre Miguel m’embarque dans son camion jusqu’a la « ruta 40 » qui relie Mendoza a San Juan. Au passage nous visitons le sanctuaire de la Difunta Correa, une sainte qui, avec Gauchito Gil, est un des plus importants personnages dedies majoritairement a la protection des voyageurs mais sinon en charge de la realisation des miracles qu’on lui reclame quotidiennement. J’arrive a San Juan grace a un dernier ride expeditif d’une cinquantaine de kilometres. Le paysage est toujours aussi aride mais maintenant se font apercevoir de nombreux vignobles et champs d’oliviers et je suis plus pres que jamais de la cordillere des Andes, comme me le rappelle la pre-cordillere qui est maintenant a portee de main, enfin de pied.

Hasta Chepes en camion  Santuario dedicado a la difunta correa - San Juan Santuario dedicado a la difunta correa - San Juan

A San Juan c’est l’heure de la sieste et je dois attendre la fin d’apres-midi pour avoir acces a une cabine telephonique et appeler Mariana, une amie rencontree en Bolivie, a Uyuni. Le lendemain, Mariana a sa matinee de libre et nous en profitons pour aller visiter le barrage d’Ullum sur les hauteurs de la ville. Des provinces de la Rioja a Mendoza, l’eau est un element essentiel du developpement urbain. Sans l’existence de nombreux barrages qui permettent de maitriser les cours d’eau venant de la fonte des glaciers, l’agriculture ne serait pas envisageable dans cette partie aride d’Argentine et la hauteur de la vegetation ne depasserait pas le demi metre.

La visite du barrage est egalement une occasion d’avoir une superbe vue sur les montagnes alentour qui se ramifient tel un nid de serpents autour du lac forme par le barrage. Apres un dejeuner sur l’herbe (rien a voir avec celui de Manet), retour en ville ou je me promene tout l’apres-midi et la soiree tandis que Mariana repond a ses obligations universitaires et familiales.

Embalse Ullum - San Juan

Le jour suivant c’est la situation inverse puisque mon hote a sa matinee de prise et son apres-midi de libre. Nous en profitons pour visiter une « bodega » en ville. Une des plus fameuses puisqu’il s’agit de la bodega Graffigna, anciennement traditionnelle et aujourd’hui dirigee par Pernot-Ricard, puissant groupe francais du domaine de la boisson, alcoolisee ou non. La region Nuevo Cuyo (La Rioja, San Luis, san Juan, Mendoza) est la region traditionnelle du vin et je ne pouvais passer outre une petite degustation!

Mariana en la bodega Graffigna - San Juan

Soiree tranquille chez Mariana que je quitte le lendemain en fin de matinee.

“Gracias senorita para tu hospitalidad y el tiempo que compartiste conmigo! Suerte en tus estudios!”

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