ARGENTINA

El pais donde la religion es el futbol y Dios es Maradona!

Visitando algunos amigos del camino: Alejandro en Cordoba

Si cela ne tenait qu’a moi (bon, apres tout cela ne tient QUE a moi) je piquerais directement vers le sud du pays et la Patagonie, mais il se trouve que j’ai rencontré quelques personnes sur mon parcours que je souhaite revoir et je m’organise donc une petite session “visites” qui durera le temps d’une boucle de Buenos Aires a San Raphael.

Ma premiere destination est Cordoba, la troisieme ville du pays. Malgre la periode Menem, le president qui ruina l’Argentine dans les annees 90, et ses nombreux abandons de diverses industries, Cordoba est un des piliers de l’economie nationale et un centre universitaire d’importance. Alors qu’Eduardo, qui se rend a Pilar ce jour la, me laisse a 50 km de Buenos Aires sur la ruta 9, je ne perds pas de temps et trouve rapidement un camion pour m’emmener jusqu'à Devoto, a 200 km de Cordoba. Lourdement charge, le camion n’arrive pas avant minuit a Devoto. Miguel me propose alors de dormir dans son camion jusqu’au lendemain tandis que lui se repose quelques heures a son domicile. Au matin, j’ai droit a un petit dejeuner copieux et une visite de la ville avant d’entamer le stop. Je ne tarde pas a me faire embarquer par Mario dans son Kangoo (cocorico !) avec qui je discute politique interieure. Ancien directeur de redaction et journaliste pour un journal argentin, ce dernier s’est lasse du peu de liberte accorde aux gens de sa profession. Aujourd’hui il vend du vin entre Santa Fe et Cordoba. Il me depose a Arroyito ou je fais la rencontre de Dario. Electricien pour Ancor, le plus grand producteur national de produits alimentaires, Dario a decide de suivre une formation d’ingenieur en parrallele afin de grimper dans la hierarchie. Il se rend justement a Cordoba pour suivre quelques cours et m’embarque avec lui. Je suis en debut d’apres-midi en centre-ville.

Je retrouve alors Alejandro que j’avais rencontre a Resistencia avant de passer au Paraguay. Nous passons notre premiere soiree de retrouvailles a discuter en sirotant du mate. Le lendemain, ce dernier me promene dans la sierra cordobesa. Nous nous arretons visiter un observatoire, qui sont legion dans cette partie du globe, et passons ensuite par le lac San Roque et la ville de Carlos Paz, veritable refuge des habitants de Cordoba lors des week-ends et vacances d’ete. La journee se termine dans un « boliche » (discotheque argentine) ou malheureusement on ne passe pas de quartetto (musique traditionnelle de Cordoba) mais ou heureusement les jolies argentines sont venues en nombre !

observatorio sierra cordobesa  observatorio sierra cordobesa

Dimanche tranquille le jour suivant, a recuperer de la nuit precedente grace a l’appui d’un copieux « asado » (barbecue) et d’un bon vin en compagnie d’un couple d’amis d’Ale. Alors que nous visionnons « Carnets de voyage » ce soir la, je medite sur le destin du Che dont les peregrinations en Amerique du Sud lors de sa jeunesse ont laisse en lui une empreinte indelebile. En sera-t-il de meme avec moi ? Nous sommes lundi, Ale doit aller travailler et m’invite a le suivre pour en savoir plus sur son metier d’ingenieur civil. Je passe la journee avec lui a suivre un chantier de mise en place d’une antenne radio. Tres instructif. Finalement, la journee s’acheve par une defaite de la France contre l’Argentine au billard dans un bar du centre.

los ingenieros "pallasos" civiles, Ale a la izquierda - Cordoba  obreros trabajando el hormigon

Lorsque je le quitte le lendemain, Alejandro me legue son mate et une version en espagnol de « Jonathan Livingston seagull ». Je vais finalement enfin lire ce classique de Richard Bach qui porte mon nom.

“He boludo, ya sabes que la pase muy bien en Cordoba con vos! Intenta aprender un poco de francés y después te ensenare las puteadas que te hacen falta! Nos quedamos en contacto, un abrazo!”

Buenos Aires

Apres une inconfortable nuit dans la gare routiere, je pars a l’exploration de la ville. Il est tot, nous sommes dimanche matin et les rues sont tres etrangement vides. Seuls quelques balayeurs et les organisateurs du semi-marathon annuel de la capitale peuvent etre observes sur les grands boulevards. J’en profite pour visiter les hauts lieux touristiques de la ville habituellement remplis de voyageurs de tous les coins du monde. La plaza 25 de Mayo est le centre de la ville et regroupe la cathedrale, la casa rosada, el Cabildo, divers musees.  Plus a l’ouest on trouve la plaza del congreso a laquelle on se rend en traversant l’avenue la plus large du monde, la avenida 9 de Julio.

Palacio del congreso - BsAs  Nadie en las calles de Buenos Aires el domingo  por la manana...

Apres quelques heures de deambulations, j’observe la ville qui sort lentement de sa torpeur. C’est le moment que je choisis pour me rendre au cimetiere de Recoleta. Comparable au père Lachaise a Paris en termes architectural et artistique, le cimetiere abrite les tombes des hommes et femmes illustres qui ont fait l’Argentine. Je suis seul pour la visite guidee (gratuite !) en ce dimanche matin. Alors que ma guide me submerge d’anecdotes historiques, nous croisons de nombreux touristes dont la seule preoccupation est de savoir ou se trouve la tombe « d’Evita » (Eva Peron, symbole des avancees sociales qui eurent lieu a la moitie du 20e siecle sous le regime de son mari, le general Peron).

Tumba Evita peron Recoleta - BsAs  Monumento al migrante en Recoleta - BsAs

Nouvelles deambulations avant de passer voir un ami voyageur en transit a Buenos Aires. Benoit a plus ou moins realise le meme voyage que moi puisqu’il est descendu du Quebec a Buenos Aires en stop. Par un heureux hasard il est un jour tombe sur ce site et nous sommes en contact depuis. C’est la premiere fois que je le vois. J’ai peu de temps pour partager avec lui nos nombreuses anecdotes de voyage, accompagnes d’une bonne biere fraiche bien entendu, avant de le quitter pour me rendre dans le quartier Belgrano ou je suis recu par la famille Monti, grace a Benoit soit dit en passant…

Los mochileros franceses! - BsAs

Je passerai 3 jours en la compagnie de Veronica et d’Eduardo, ainsi que de manière plus ponctuelle des enfants d’Eduardo Lucia et Pablo. Veronica et Eduardo me font visiter la ville, me font gouter les specialites locales (et elles sont inombrables !), m’emmenent sur les bords du Tigre et du rio de la Plata, le fleuve le plus large du monde, me sortent mais surtout partagent avec moi leur connaissance de l’Argentine et de Buenos Aires et me comblent de leur amitie et de leur generosite.

Veronica e Eduardo frente a BsAs en borda del rio de la Plata

A Buenos Aires c’est aussi le temps de renouveler mon materiel. Je me decharge de quelques kilos de superflu, change mon fidele sac de couchage (presque dix ans de voyage avec lui, j’ai le cœur brise au moment de l’abandonner) pour un autre plus chaud et je me separe egalement de mes chaussures (plus personne n’accepte de les reparer vu leur etat d’usure…). Je suis pare pour la derniere ligne droite jusqu'à la limite sud du continent !

“Muchissimas gracias la Familia Monti ! Eduardo, todavia no encontre un asado como el tuyo! Veronica, no logro a deshacer de mi adiccion por los dulces argentinos, que puedo hacer?”

San Miguel de Tucuman

Je marche depuis la peripherie de Tucuman, ou le lavage de voitures au noir semble etre l'activite economique la plus prisee, jusqu'au centre-ville et la place principale ou j'observe le tumulte du quotidien tranquillement assis sur un banc. Une nouvelle petite marche pour me rendre chez Martin, mon hote Couchsurfing a Tucuman, qui habite non loin du quartier de Yerba Buena, a l'ouest de la ville. Je suis agreablement recu, j'ai ma propre chambre et, apres une bonne douche requinquante, je partage un tres bonne soiree avec Martin et ses amis dans un bar du centre. A noter une petite visite au commisariat avant ca ou j'ai pu observer la deliquescence des institutions policieres du pays qui en sont encore a la machine a ecrire!

Martin est economiste et travaille a son propre compte. Il a une grande connaissance de la ville et du pays et j'en profite pour le presser de questions. La ville ne possede rien de bien special si ce ne sont ses genereux habitants et son congres ou fut declaree l'independance de l'Argentine en 1816. C'est malgres tout la plus grande ville du nord du pays et ses activites principales sont la culture de canne a sucre et d'agrumes.

La sympathie de Martin qui me montre la ville et les environs et le confort de son petit chez soi me feront rester 4 jours au lieu de 2. Les points importants durant ces 4 jours sont:

- une memorable soiree mexicaine terminee par un dessert francais, j'ai nomme nos crepes bien aimees! J'ai remarque au fur et a mesure du voyage que lors de petites soirees en groupe de ce type, les crepes regalaient tout le monde et donnaient un apercu bon enfant de la cuisine francaise populaire.

Fiesta mexicana con crepes - Tucuman

- une visite au mont San Javier qui surplombe la ville avec au passage la rencontre de 2 autostoppeurs de fortune, Alejandro et Isabelle, avec qui nous avons passe une excellente apres-midi (et meme soiree pour Isabelle).

Isa, Yo, Martin y Ale - Cerro San Javier

- d'excellents moments avec Martin avec qui j'ai pris plaisir a discuter, a partager un mate ou un cafe, a devorer une bonne viande rouge avec un verre de vin ou encore a faire l'education de Panqueque, son jeune chiot.

«Gracias para todo Martin! Cuidate y nos vemos pronto!»

De Tucuman a Paraguay pasando por el norte de Argentina

Je quitte Tucuman en fin de matinee avec pour objectif Asuncion, la capitale du Paraguay, et le forum social des Ameriques qui s'y deroule du 11 au 15 aout. Depuis plusieurs jours le nord de l'Argentine connait une vague de froid sans precedent et lorsque je quitte la ville le froid est plus que jamais present. Apres une longue marche pour sortir de la ville, j'ai du mal a trouver un endroit ou faire du stop et meme les stations services semblent inadequates. J'obtiens finalement un ride de 10 km qui m'avance un peu mais me met en mauvaise situation. Je marche a nouveau, personne ne s'arrete pour m'embarquer et je vis quelques heures de galere dans le froid. Finalement, 2 jeunes femmes m'embarquent et partage avec moi un bon mate bien chaud. L'argentin ne sort jamais sans son thermos d'eau chaude et son mate, une bonne chose chose pour moi! Les filles me laissent a 50 km environ, au peage de Trancas. Il est deja 17h. Je me retrouve avec deux jeunes troubadours des temps modernes attendant egalement un ride; je ne suis pas sur que le jonglage soit vraiment un bon moyen pour se faire prendre en stop mais chacun sa technique apres tout...

Apres 2h passees a nous agiter pour rien, je m'en vais squatter une maison abandonnee au bord de la route pour y passer la nuit. Les troubadours me rejoignent peu apres. Sans fenetres et avec une porte bringuebalante, notre abri de fortune ne nous protegera pas du froid... Le lendemain, je fais cavalier seul et marche jusqu'au controle routier a 15 km du peage. Je demande l'aide des policiers en poste qui me trouve un camion jusqu'a Rosario de la Frontera. Ca fera toujours 50 bornes de prises! Sur place, nouvelle galere avec des promesses de rides non concretisees et une nouvelle marche jusqu'a une station service pour une nouvelle attente. Juste avant la tombee de la nuit j'obtiens enfin un court ride jusqu'a la jonction pour la route 16 qui traverse toute la region du Chaco jusqu'a Resistencia. Il est 19h, c'est la nuit et j'ai parcouru 150 km en 2 jours dont 30 a pied. Affligeant! Alors que je me gaussais de la facilite avec laquelle j'obtenais des rides il y a quelques jours... La raison principale est que les camions ne veulent, et ne peuvent, pas m'embarquer a cause de divers moyens de controle utilises par leur entreprise qui restreint fortement leur independance et liberte. Je parle du controle satellital en particulier, mais aussi des detecteurs d'ouverture de portiere et de controles administratifs.

Un coup de chance survient alors sous la forme d'un camion qui s'arrete a ma hauteur, les conducteurs etant presses par une forte envie d'aller se soulager dans l'herbe grasse. Johnny et Ivan m'accepte a bord apres avoir reboutonne leur pantalon... C'est 100 km de gagne jusqu'a Joaquin Gonzalez, en plus en bonne compagnie. En effet, mes camarades de route sont enjoues et intrigues par ma presence dans le coin. Ils me proposent d'ailleurs de venir passer la nuit dans la «hacienda» du pere de Johnny et j'accepte volontiers vu que je ne sais pas ou dormir ce soir la. Lorsque nous arrivons, des carcasses de porcs sont embarquees en camionnette vers Jujuy et le pere de Johnny voit d'un mauvais oeil la presence d'un gringo dans sa propriete. Enfin, je me trouve un coin sur des sacs de farine ou je m'endors sans attendre. Le lendemain, j'aide mes deux acolytes de la veille a decharger les 9 tonnes de fourrage contenues dans le camion. Il s'agit d'une sorte de pillule de ble que les eleveurs sont obliges d'utilises en cette periode de secheresse pour cause de manque d'herbe. Ceci fait, Ivan nous prepare un delicieux «caldo» de chorizo au feu de bois au milieu des porcs qui circulent librement dans l'hacienda. Une petite sieste et cette fois nous chargeons le chargeons le camion viande. Nous nous dedions a faire entrer une dizaine de bovins a l'arriere, direction l'abattoir a Jujuy. J'assiste a l'operation en tant qu'invite et admire le savoir-faire de ces «gauchos» chevronnes.

Cargando el camion desde el corral - Gonzalez  Ivan y Johnny cocinando - Gonzalez

Lorsque Johnny et Ivan me depose a Joaquin Gonzalez il est deja 17h et je dois me trouver un ride pour progresser vers le Paraguay. Rien ne vient et aucun camion ne m'accepte a son bord. Finalement, vers 20h30, je trouve miraculeusement un camion se rendant a Posadas, a la frontiere avec le Paraguay. Fou de joie, j'embarque sans tarder. Les chauffeurs s'arretent au final 30 km plus loin, me disant qu'ils doivent passer la nuit ici et charger des meubles le lendemain matin. Pas de probleme, je peux attendre. Je campe donc a la station service de Gaona et passe la matinee du lendemain a lire traquillement en attendant le retour de mes bienfaiteurs qui arrivent vers 13h. Malheureusement, le patron de ces derniers m'a apercu la veille et leur a formellement interdit de m'embarquer avec eux. Je serais bien aller pisser sur sa jolie voiture toute neuve si un des chauffeurs ne m'avait pas dissuade, craignant pour son poste.

Me voici donc de nouveau a jouer du pouce, dans un endroit peu ideal pour ca, a une heure deja avancee du jour et avec seulement quelques jours pour parcourir plus de 1000 km. Pas fameux. Apres 1h30 de vains efforts, une jeune professeure d'une petite communaute a 20 km de la me propose de me deposer a l'entrer d'une usine de coton d'ou sortent de nombreux camions a toute heure du jour et de la nuit.Une fois sur place, j'apprends qu'aucun camion ne va dans ma direction ce jour la et je suis bon pour une marche de 10 km pour rallier la communaute de ma professeure, partie enseigner entretemps. Un peu desespere, je me poste en debut de soiree a la sortie du village, hesitant entre prendre le bus et passer une nouvelle nuit en tente pour poursuivre ma quete irraisonnee le lendemain. Vers 21h s'arrete alors un camion a ma hauteur. Une fille descend; mieux vaut ne pas chercher a savoir ce qu'elle faisait la, et je profite de cet instant pour litteralement quemander un ride en direction de l'est. Juan Carlos est un vieux briscard qui a ses propres regles et ne se preoccupe pas des reactions de ses superieurs. Il m'emmene donc avec lui jusqu'a Saenz Pena. Autant vous dire que j'etais tres tres content de me retrouver a ses cotes. Apres l'echange de quelques politesses, je m'endors bien vite jusqu'a ce que Juan Carlos me reveille a 3h du matin pour me debarquer au parc industriel de Saenz Pena. Je trouve refuge dans une station service ou il m'est impossible de dormir et ou je passe donc 3h a lire. A 6h, les premiers camions se mettent en branle et c'est le moment de mettre fin a ma lecture. Je suis malchanceux aupres des camions mais je tombe sur Paco qui se rend a Resistencia avec sa fille. Paco est adorable et affable et je passe un tres bon voyage avec ce commercial qui vend toutes sortes de pneus depuis 7 ans.

Je suis enfin a Resistencia. La capitale du Chaco ne presente pas un grand interet mais l'air y est doux, les arbres en fleurs et sa place centrale boisee m'autorise une bonne sieste a l'ombre en debut d'apres-midi. Je n'irai pas plus loin aujourd'hui. Une bonne douche a la station YPF de la ville (ancienne chaine publique de stations services que l'on peut rencontrer partout dans le pays; la chaine est maintenant privee suite a l'intervention des dures lois du capitalisme...) et je me trouve un parfait endroit dans un parc pour camper. Le lendemain, j'ai 2 km a faire pour sortir de la ville et commencer le stop vers Formosa. Je suis embarquer par Alejandro, un ingenieur en mission dans la region pour l'installation d'une nouvelle ligne haute tension. Ce dernier se rend a la Laguna Blanca a l'ouest de la frontiere paraguayenne, simplement histoire de visiter la region. Je l'accompagne finalement et nous passons une tres bonne journee a discuter de tous les sujets et a visiter la region de Formosa qui semble composee pour moitie d'immenses marecages nommes «esteros», et pour autre moitie de larges champs cultivables (malheureusement beaucoup de soja transgenique).

Parque Laguna Blanca   Laguna Blanca

Avant de l'abandonner a Formosa en debut de soiree, je me devais de partager une biere avec mon camarade d'un jour. Alejandro est ensuite retourne a Resistencia tandis que j'ai erre un temps a Formosa (qui possede d'ailleurs un tres joli bord de riviere ou la population vient siroter son mate entre amis le soir) avant de me trouver un terrain vague ou j'ai une nouvelle fois campe.

Alejandro y yo compartiendo una cervecita - Formosa 

Petite marche pour sortir de la ville le lendemain avant qu'une equipe d'ouvriers de la route ne m'emmene a mi-distance de la frontiere. De la, l'ouvrier charge de la regulation du traffic me trouve facilement un camion qui m'emmene au controle policial a 5 km de Clorinda, la ville frontaliere avec le Paraguay. Jorge m'explique qu'en qualite de chauffeur experimente et international, il touche un salaire de $4000, soit bien plus qu'un medecin ou un avocat. Ma carriere a mon retour est toute trouvee! Alors que je me dirige a pied vers Clorinda pour couvrir les 5 derniers kilometres, Carlos s'arrete a ma hauteur avec son scooter et me propose un court ride jusqu'a la ville. Mon deuxieme ride en 2 roues depuis le debut de mon voyage! Apres un temps passe a Clorinda, je marche jusqu'a la frontiere a 4 km de la ville que je traverse rapidement en zigzaguant a travers l'amoncellement de camions. A 3 km de la frontiere, je tombe sur la station service d'Oscar qui accepte sans probleme que j'y passe la nuit. Le lendemain, je passe plus d'1h a siroter le mate en compagnie d'Oscar alors que nous sommes a peine deranges par les 2 motos qui passent faire le plein durant ce temps.

Oscar frente a su estacio de servicio - Puerto Falcon   amanecer a puerto falcon  Frontera Paraguay Argentina - Clorinda

Je quitte Oscar vers 9h, me trouve facilement un camion s'en allant a Asuncion. Carlos parcourt les 30 km qui me separe de la capitale en peu de temps et me debarque a 8 km du centre. Pas de chance, je n'ai toujours pas de monnaie locale et suis bon pour une nouvelle marche jusqu'au centre-ville. Lorsque je me rends a la banque pour me procurer du change, j'observe des personnes quitter la place avec des sacs remplis de billets. Un euro valant  6300 guaranis, on a vite fait de se sentir faussement riche apres un passage au distributeur automatique...

Alors que mon plan Couchsurfing tombe a l'eau pour la duree de mon sejour a Asuncion, je squatte honteusement l'appartement de l'hote de mon ami Istok que j'avais prevu de retrouver ici meme. Nous sommes le 10 aout, je suis a l'heure dite au lieu dit et j'ai un lieu ou dormir pour la duree du forum. Je suis plutot satisfait. 

La ruta del vino del norteoeste argentino

Le lendemain matin de ma nuit a l'hotel a Salta, je me fais aborde par Roxana, une jeune et jolie portena (habitante de Buenos Aires) qui neanmoins respire les problemes a plein nez. Alors que je lui explique que je compte me rendre a Cachi, un petit village a 150 km de Salta, elle se propose de m'accompagner. J'explique maladroitement que je voyage seul et en stop avant de quitter rapidement l'hotel. Par inadvertance je passe sous une echelle juste a la sortie de l'immeuble et je tombe alors nez a nez avec Roxana qui tire avec peine sa grosse valise et les kilos de fringues qu'elle m'a explique avoir achete la veille. Bizarrement, j'ai la sensation que ma journee ne va pas se passer comme je l'avais souhaite... J'use de toute ma diplomatie pour me depetrer de cette situation et refuse plusieurs tentatives de sa part de me glisser de l'argent en poche our que je prenne le bus avec elle! Pffff, apres celles qui me demandaient en mariage au Perou en voici, une qui me prend pour un gigolo...

Bon, ca y est, je suis parti. Je marche une bonne 1h30 pour sortir de la ville et faire du stop a une station service. J'arrive en fond de camionnette a El Carril ou je descends pour obliquer vers l'ouest et la route de Cachi. J'ai finalement de la chance lorsque s'arrete une autre camionnette qui se rend directement la-bas. Je m'installe dans le coffre que je partage avec Oscar, un jeune macon de Salta rentrant au bercail pour quelques vacances meritees. Nous traversons la Cuesta del Obispo, une superbe vallee verdoyante ou sont encore visibles quelques traces de neige de la derniere chute, 2 semaines plus tot. Passe le col, nous descendons ensuite dans le Parque de los Cardones, ces etranges cactus de plusieurs metres de hauteur. Encore un peu de descente et nous arrivons sur la fameuse Ruta 40 qui traverse le pays du nord au sud et qui compte de nombreux, nombreux kilometres! Je suis a Cachi en fin de journee et j'ai juste le temps de me trouver un coin pour camper avant la nuit.

Cartel de la ruta 40  cardon - Cachi  Hasta Cachi

Le lendemain, j'ai une superbe vue sur le nevado de Cachi qui culmine a pplus de 6000 m d'altitude. Je poursuis alors ma route sur la Ruta 40 avec un premier ride de 15 km environ jusqu'a San Jose. De la, je longe a pied la route de terre afin de profiter des paysages de la vallee. Je passe plusieurs petits villages ou croiser un habitant releve de l'exploit et je marche ainsi sur une vingtaine de kilometres. L'environnement est sec, de nombreux cactus parsement la route et j'ai la sensation de me trouver dans le nord du Mexique.

Apres un temps je reprends le stop et j'obtiens un court ride jusqu'a Seclantes. De la, j'attends moins de 2 minutes avant de me faire embarquer par Ricardo et Maca, un couple de retraites retournant a Mendoza apres une visite a Salta. Nous passons par Molinos ou nous nous arretons pour visiter l'eglise qui date du 17eme siecle. Ricardo et Maca sont de fervents catholiques et ne ratet pas une occasion de visiter une eglise ou un lieu saint. Cela donne lieu a une interessante discussion historico-theologique lorsque je commence a les titiller sur le bien fonde de l'evangelisation en Amerique Latine. Nous nous rendons maintenant a San Carlos, plus au sud. Sur le chemin nous tombons sur une voiture en panne et embarquons un des 2 passagers pour finalement le laisser a Cafayate ou il sera possible d'obtenir une assistance. Ricardo et Maca me depose a la sortie de la ville a ma demande ou je peux camper tranquillement au pied d'un somptueux chateau, region de vignobles oblige. Le lendemain j'assiste au lever du soleil sur les champs de vignes.

ruta vino norteoeste  ruta vino norteoeste

Je passe rapdement par Cafayate ou je me procure une petite bouteille d'un bon rouge (je reste francais apres tout...) avant de sortir de la ville. A peine leve le pouce que je me fais prendre en stop par Sebastian, en route pour revenir a San Miguel deTucuman apres plusieurs jours de demarches commerciales dans la region. Nous echangeons nos points de vue sur la politique interieure du pays meme si evidemment j'ecoute plus que je ne parle; je suis la pour apprendre et les lecons viendront lorsque l'apprentissage sera parfait. Sebastian se revele egalement un excellent guide touristique et me raconte l'histoire du pays, de la region et des petits villages que nous traversons sans une seule hesitation. Une fois a Tafi del Vallee, ce dernier m'invite a une parrillada, grillade typiquement argentine avec profusion de viande rouge. On nous sert de la viande pour 4 et meme mon appetit legendaire ne vient pas a bout de cet etalage de nourriture... Je suis plein et c'etait delicieux; de son cote Sebastian me dit qu'il a deja vu beaucoup mieux. Bien, ca me reserve de belles surprises pour la suite!

Alors que Sebastian continue sa route je descends a Tafi, j'ai besoin de marcher et d'apprecier l'instant, comme chaque jour finalement. De Tafi, je parcours les 10 km qui me separe de Mollar et j'arrive pres du barrage de Angostura. Je m'arrete quelques instants pour ma culture personnelle et pour Promethee. Continuant vers Mollar, une voiture s'arrete a ma hauteur. Le chauffeur me dit alors de monter et je fais ainsi la connaissance de Marcos. En 2 minutes ce dernier a saisi qui j'etais et ce que je faisais ici et m'offre de passer la nuit avec son equipe d'ouvrier dans un baraquement pres du barrage. Merci ma bonne etoile! Je suis donc accueilli dans la soiree par ces joyeux bougres avec qui je passe la nuit. Ma chance semble s'arreter au premier ronflement de mon compagnon de chambree le plus proche. Impossible de dormir cette nuit la du au deferlement de nuisances sonores produit par ce dernier! Enfin, j'etais au chaud et je n'ai pas eu a camper par -5C...

Le lendemain Marcos me presente l'ingenieur en charge de la rehabilitation du barrage qui a lieu en ce moment meme et celui-ci m'en explique le fonctionnement point par point et me donne un apercu de la situation energetique du pays. En gros, comme la plupart des pays d'Amerique Latine, d'enormes ressources naturelles en Argentine mais peu d'utilisation raisonnee de ces dernieres. La corruption, le pouvoir et les interets sont plus forts que tout.

Equipo del ingeniero Marcos - Mollar  Tafi del vallee

Je quitte cette fine equipe en fin de matinee et entame le stop en direction de San Miguel de Tucuman. Je me fais embarquer par Ana qui emmene ses 2 enfants voir leur grand-mere au sud de Tucuman. Elle prend mon voyage comme exemple a enseigner a son fils Valentino, age de 12 ans. Voyage petit, voyage! Ouvre ton esprit aux vicissitudes de la vie! Ana me laisse a 50 km de Tucuman, 50 km que je parcourerai avec l'ultra-sympathique et exalte Juan Cruz. Je parle enfin de choses serieuses concernant l'Argentine, c'est a dire de foot! "Maradona es Dios" m'affirme Juan Cruz. Tout est dit. J'abandonne ensuite Juan Cruz avec la promesse de le revoir a Cordoba, la plus belle ville du pays selon lui, et je penetre enfin le centre de Tucuman apres une petite marche d'1h.

Maradonaaaaaaaaaaa!

Hasta Salta

Je quitte discretement la Casa Parroquial de san Pedro vers 8h pour me rendre a la douane a la sortie de la ville. Je compte passer en Argentine ce jour meme par le paso de Jama, situe haut dans la montagne non loin de la frontiere bolivienne. Des dizaines de camions sont amasses a la douane et je n'ai pas trop de mal a me faire embarquer. Je me retrouve avec Juan, qui est d'humeur bavarde et j'en apprends ainsi deja pas mal sur l'Argentine avant d'y mettre les pieds. A nouveau les paysages se font desertiques au fur et a mesure que nous montons vers la passe et se succedent salars, pampas et volcans.

cerca del paso de Jama

Le passage de la frontiere est rapide et nous nous retrouvons 1h30 apres a Susques ou Juan s'arrete pour un nouveau control.Je decide de continuer et attaque le stop a la sortie de la ville. la premiere jeep qui passe s'arrete et m'embarque. Deux geologues se trouvent a l'interieur, un argentin et un francais, qui travaillent en ce moment sur l'evaluation des reserves de lithium de la region. Apres un bref ride de 30 minutes, ils me laissent au milieu de nulle part tandis qu'ils s'enfoncent dans les montagnes. Je suis au milieu d'une immense pampa et, apres 1h30 d'attente ou je vois passer en tout et pour tout 4 voitures, je decide de marcher dans l'espoir de tomber sur un village avant la nuit. Apres 1h de marche et alors que la nuit tombe, un camion s'arrete a ma hauteur et m'embarque. Je me retrouve ainsi a discuter avec Javier jusqu'a la ville de Jujuy ou nous arrivons tard dans la nuit. Entretemps nous avons traverses les hauts plateaux a l'est de la cordillere, avec le salar de Grandes salinas, et sommes passes par la verte Quebrada de Pumamarca.

Nacimiento de la luna...  Ruta 52 en la pampa

Javier m'offre un "Jujuy by night" inattendu jusqu'a l'usine d'acide borique ou il decharge le minerai qui se trouvait dans le camion. Lorsque nous sortons de l'usine il est 3h du matin... Nous arrivons finalement a 5h a Salta, ou Javier peut enfin rentrer chez lui apres 5 jours de route. Quant a moi, je reste dans le camon et y dors quelques heures. Vers 9h, je quitte la place et me rends en centre-ville. Me voici enfin en Argentine, pays que j'avais brievement visite il y a 5 ans et qui m'avait donne le gout du voyage. Paradis des auto-stoppeurs, pays de bonne chere et de bon vin, antre des paysages les plus spectaculares, bref, j'en passe et des meilleures!

Apres 4 jours au Chili et maintenant mon entree en Argentine, je reprends mes "habitudes de pays couteux": approvisionnement en eau potable au robinet, squattage des toilettes des stations services, utilisation abusive des facilites des bibliotheques municipales (surtout internet), retour a une preparation personnelle de mes repas et frequentation en baisse des petits restaurants, etc. J'applique tout ca en meme temps des ma premiere matinee a Salta. Je m'offre ensuite une petite visite de la ville avec sa place centrale agreable, ses petites rues tranquilles et ses parcs apaisants. A la fin de la journee, ma demande de couchsurfing n'ayant pas fonctionne et ayant la flemme de solliciter une eglise, je me trouve une petite chambre d'hotel a bas prix ou je peux prendre une douche chaude, laver quelques affaires et dormir au chaud.

Iglesia San Francisco - Salta  Cafe de la plaza central - Salta  Parque Guemes - Salta

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