Buenos Aires, las murgas y la joda!

Me voila donc de nouveau a Buenos Aires, la geante capitale de l’Argentine avec ses 13 millions d’habitants. Ce n’était pas vraiment ce que j’avais prevu mais mon ami Maxi avait si bien su attiser ma curiosite a propos du fameux carnaval local de « murgas », que j’ai finalement atteri dans la megalopole.

Je loge donc chez Maxi en compagnie de ses parents, Jorge et Claudia, qui m’accueillent comme leur propre fils. D’ailleurs le frere aine de Maxi est en voyage donc ca tombe bien ! Maxi habite Villa Ballester, un des quartiers au nord de la ville et donc loin du centre et relativement tranquille. Ici, rien a voir avec l’architecture ou la vie stressante du centre-ville ; tout y est calme et les pates de maisons succedent aux pates de maisons. C’est un vrai dedale et essayer de retrouver son chemin s’avere un veritable exercice memoriel !

J’arrive un samedi, pile pour une premiere murga a Campana, une ville a 80 km du centre de Buenos Aires mais neanmoins encore rattachee a l’enorme tissu urbain. Je m’y rends avec Maxi et ses amis murgueros. Une rue entiere est coupee pour laisser place au carnaval. Une murga se compose d’un groupe de percussions et d’un groupe de danseurs. Selon la murga, la musique et la danse sont aussi accompagnees de chants et de discours plus ou moins engages. C’est ce qui a valu aux murgas d’etre interdites sous la dictature militaire argentine… Chaque murga appartient a un quartier. Ce sont les gens du quartier qui s’organisent eux-memes pour preparer les costumes, hauts en couleurs, et les representations artistiques. Tout le monde peut participer sans restriction d’age, de sexe, de milieu social, etc. C’est un formidable moyen d’apporter de la joie dans les quartiers defavorises et de canaliser l’energie creative des enfants. Bien que des ateliers se deroulent toute l’annee dans les divers quartiers, le carnaval a lui lieu entre fevrier et mars.

Ce premier soir a Campana, j’assiste donc, entre deux rangs de badauds venus assister au spectacle, a ma premiere murga. Quel sens de la fete ! Quel rythme ! Quelle joie je lis sur tous les visages ! Ces gens vivent leur passion et n’ont qu’une envie : la transmettre au plus grand nombre. La danse est tantot organisee, tantot libre. Ce qui est sur, c’est que chacun se donne a fond au rythme des tambours ! Beaucoup de jeunes adultes mais aussi des gens plus ages et surtout plein de jeunes pousses, parfois a peine sorties de la poussette. La fete m’enchante et je ne suis pas mecontent de remettre ca le lendemain dans un quartier proche de Villa Ballester, quartier  tres mal fame aux dires de Maxi. Peu importe qu’il soit mal fame puisque la fete prend a nouveau place et que chacun oublie ses soucis l’espace de quelques heures pour se consacrer seulement a la musique et a la danse !

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Maxi insiste pour que je reste jusqu’au samedi prochain pour assister a « sa » murga. Je ne peux refuser et je reste donc. Maxi a encore une semaine de vacances avant de reprendre les cours et je passe donc une grande partie de mon temps avec lui. Il me presente a ses amis, me fait part de ses (nombreux) projets associatifs ou creatifs, m’emmene dans les endroits sympas de son quartier, etc. Je passe ainsi une semaine relativement relax ou je suis completement pris en charge par Claudia qui s’est mis en tete de me faire prendre du poids. « Y’en a qu’ont essaye, y z’ont eu des problemes ! »

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Vient enfin le grand soir de la murga de San Andres/Villa Ballester. La murga de Maxi a reussi a rassembler cinq murgas differentes ce soir la et deux groupes de musique. Le carnaval dure de 18h a 2h du matin jusqu'à ce que la pluie ne vienne mettre un terme a la fete. Pour l’anecdote, la pluie fut torrentielle et je me suis retrouve a pousser l’auto de Maxi dans une rue transformee en riviere, avec de l’eau jusqu’aux genoux ! Digne d’un film hollywoodien !

Nous passons le dimanche a recuperer de la murga et de notre session de natation urbaine avant d’enchainer sur une nouvelle semaine. Ensuite, le lundi, je donne une petite conference a la Faculte d’Ingenierie. Comme a Ushuaia, les vacances et les examens mettent a mal mon taux d’audience, et je me retrouve a faire une conference directement sur le Notebook avec trois jolies filles de la Fac. Ce n’est pas pour me deplaire finalement… Le soir, je rejoins Maxi a la « Bomba de tiempo » (Bombe de temps) pour une soiree d’improvisation de percussions tout a fait surprenantes au milieu de centaines de jeunes se mouvant a l’unisson au rythme des djembes. Encore une fois, je suis sous le charme des « portenas », les habitantes de Buenos Aires. Tout a la fois malheureuses victimes de la mode et sans nul doute les filles les plus sophistiquees d’Amerique Latine, elles preservent neanmoins un charme naturel et une coquetterie qui laissent reveur.

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Alors que je suis cense partir le lendemain, Maxi arrive a me convaincre de rester pour aller assister a un match de foot de son equipe favorite. River Plate ? Boca Juniors ? Non, Argentinos Juniors ! Apres tout, je ne pouvais quitter le pays de Maradona sans aller me recueillir dans le stade ou il fit ses debuts… D’ailleurs, le stade porte maintenant son nom. Le vendredi je suis enfin prêt a partir. Ah, encore un faux depart finalement puisque un ami camionneur de Maxi peut m’emmener jusqu'à Mendoza le lendemain. Je profite de ma journee pour assister Maxi dans sa realisation de lutins. En effet, depuis peu, mon ami s’est mis a la realisation de lutins artisanaux qu’il vend lors de ses voyages. A la fin de la journee j’ai donc mon propre lutin qui me suivra lors de mes peregrinations. Il se nomme Simio (Singe), pour des raisons que j’expliquerai peut-etre dans mes memoires…

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Ce soir, derniere soiree avec Maxi et depart demain. J’espere…

J’ai passe presque deux semaines a Buenos Aires et j’ai a nouveau été gate par l’hospitalite argentine. Maxi et sa famille m’ont recu comme un invite de marque et je n’oublierai jamais l’attention que chacun d’eux m’a porte.

“ Claudia, Maxi, Jorge, muchisimas gracias por su alegria y su simpatía! Fue un placer infinito quedarme en su casa y disfrutar de la cocina de Claudia! Sucia, cuidate y cuida a tus viejos, y intenta alcanzar el estado de lobo, sucio simio! “

Jorge, Claudia y Maxi - BsAs

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