Ciao Ushuaia!

Suite et fin (?) de mes aventures dans le labyrinthe de la bureaucratie argentine. J’ai finalement reussi a passer outre les 45 jours d’attente de reception du CUIT et j’ai finalise mon inscription a l’AFIP. Evidemment, il y a toujours un fonctionnaire qui vous dit blanc tandis qu’un autre vous dit noir, vous entrainant ainsi d’un etat d’abattement extreme a celui d’espoir de voir enfin le bout du tunnel de cet imbroglio administratif.

L’obstacle de l’AFIP passe, je m’attaque a la DGR. Mes deboires avec l’AFIP m’ont servi et j’ai anticipe la demande habituelle de documents. Pas de chance, vient s’ajouter un logiciel a la paperasse. Je mettrai plusieurs jours a remplir un formulaire informatique obscure grace a l’aide du comptable de mon employeur.  J’ai enfin mon statut de « monotributista ». Premiere victoire ! Je me fais rapidement un talon de facturation a mon nom, operation qui pourrait comporter son lot d’humour en d’autres circonstances, et je fais ensuite LA facture essentielle a mon employeur pour eviter l’amende de l’AFIP. Il s’agit en fait de faire passer mes heures de service au restaurant comme un service d’une entreprise exterieure finalement facture trois mois apres. Ou en bref, comment legaliser un service illegal sous couvert d’un statut reconnu mais inadequat a ma situation de simple employe. On est en Argentine, ne cherchez pas a comprendre…

Francia y Argentina, misma lucha! - Ushuaia

Il s’agit maintenant de me debarrasser de ce statut si je ne veux pas accumuler des impots dans un pays que je souhaite quitter sous peu. Facile, il me suffit de recuperer le « libre de deuda » (litteralement « libere de toute dette ») dans une annexe de la mairie et de me diriger avec le precieux sesame a la mairie meme cette fois. Une fois la bas, je dois obtenir le justificatif fiscal qui me permet enfin de pretendre a la declaration de la Mairie stipulant que je n'exerce aucune activite commerciale , document qui m’autorisera a redevenir simple vagabond sans attache, fiscale ou de quelque autre nature. A noter que je suis bloque jusqu’au lundi puisque, compte-tenu de leurs emplois du temps surcharges, ces messieurs dames de la DGR ne peuvent realiser l’operation qui me concerne que les lundis et mercredis. Au secours, le monde est fou ! Je partirai donc le mardi 08 fevrier, enfin j'espere...

A part ces deboires administratifs, je suis passe a un cheveu de m’embarquer pour l’Antarctique lorsque, grace a une amie philippinienne travaillant sur un de ces enormes bateaux de croisiere visitant regulierement Ushuaia, j’ai reussi a avoir une entrevue avec le sous-commandant du Cleyra. Cet autrichien longiline et aimable me recoit et m’informe qu’il a besoin en urgence d’un serveur. Parfait, je suis maintenant un serveur experiemente et aguerri ! Seul hic, une tonne de papiers est necessaire pour s’embarquer sur ce type de bateau et contourner la paperasse semble plutôt complique dans ce cas la. « Je dois contacter mon employeur a Monaco et je t’appelle demain pour te confirmer ton embarquement » m’informe t’il finalement.

Alors que je fais la queue a l’AFIP le lendemain matin en attendant qu’on s’occupe de mon cas, je recois l’appel tant espere mais la nouvelle n’est pas a la hauteur de mes esperances. La compagnie a refuse pour des raisons de securite ou de sante. Bref, une raison obscure liee a des problemes de paperasses. Je fais alors appel a ce moment la a tout mon self-control pour ne pas maudire l’ensemble des administrations publiques et prives du monde entier. Le plus drole est que j’avais du dire au revoir a plusieurs amis la veille dans l’hypothese de mon depart puisque je n’aurais pu les saluer par la suite…

Falsa partida... - Ushuaia  Asado en la pension - Ushuaia

Enfin, ma deception passee, je me reconcentre sur la presentation proposee a l’Alliance Francaise d’Ushuaia. Apres plusieurs jours de preparation, arrive finalement le grand jour et je suis chaleureusement recu par Stephane, le directeur de l’AF. Ce jour-la se pointent finalement trois peles et un tondu pour assister a « l’evenement ». A titre de comparaison, organiser une telle rencontre a cette periode de l’annee en Argentine pour des etudiants de francais reviendrait a essayer de regrouper des cadres d’EDF pour une reunion extraordinaire en plein mois de juillet. Je comprends donc le manque d’affluence. Neanmoins, l’experience fut tres interessante et j’espere pouvoir la renouveler aussi souvent que possible.

Conferencia a la Alianza Francesa - Ushuaia

Vient enfin le moment de dire au revoir atout le monde. D’abord les amis au cours d’une soiree arrosee et placee sous le signe de la salsa, la cumbia et autre quartetto. Puis, les collegues de boulot pour lesquels je suis alle jusqu'à cuisiner des gateaux. Mon amie Teresa ne m’a d’ailleurs pas cru quand j’ai dit qu’ils etaient de moi, puisqu’en trois mois a Ushuaia mes performances culinaires n’avaient pas depassees l’œuf sur le plat… Quelques visites a des voiliers en transit dans le port, une rando par-ci, un foot par-la, une visite quotidienne a la DGR, etc., me permettent de patienter en attendant de quitter la ville.

Pasteles! - Ushuaia

Maintenant, j’ai les pieds dans les starting blocks ; je dois encore regler certains details de paperasseries et je file ensuite vers le nord par l'aride cote atlantique de l'Argentine, loin des splendides paysages de la Terre de Feu.

Atardecer en Ushuaia  Arcoiris - Ushuaia  Vista desde el Cerro del Medio - Ushuaia

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