El Chalten a Rio Turbio: entre hielo y carbon!

Je suis a El Chalten en fin de journee apres que Mariano m’ait depose pres de l’office des gardes-parc. Apres une rapide discussion avec ces derniers, je me decide pour une rapide ascension jusqu'à la Laguna Capri afin d’y camper. Hop, on fait le plein de pain et de fromage et on est parti ! J’arrive pile pour le coucher de soleil sur le Mont Fitz Roy qui trone fierement au milieu de ses congeneres de taille plus modeste et quasiment tous baptises de nom d’aviateurs francais en hommage aux debuts de la Aeroposta Argentina dans les annees 20/30.

Fitz Roy - El Chalten    Bosque cerca del Fitz Roy - El Chalten

Le lendemain, apres un spectaculaire lever de soleil sur le lac, je prends la direction du glacier de Piedras Blancas. Je rejoins en chemin un valeureux touriste australien qui m’accompagne quelques temps. Je fais ensuite le trajet en solitaire jusqu’au glacier. Arrive au pied de ce dernier je savoure enfin la vue de mon premier glacier patagonique. Apres une tentative d’ascension avortee pour cause de rafales et d’eclairs de lucidite sporadiques sur mes competences d’alpiniste, je redescend en longeant le lac forme par le glacier en contrebas. L’eau a une couleur laiteuse au plus pres du glacier tandis que les lacs du parc se situant plus en aval possedent une eau cristalline, presque turquoise, filtree par le sable et la roche des cours d’eau.

Glaciar pedras blancas - El Chalten  Glaciar piedras blancas - El Chalten

En milieu de journee je m’arrete planter la tente au campement Poincenot. Je suis fatigue de mes tentatives infructueuses d’ascension du glacier et n’irai pas plus loin aujourd’hui. Le lendemain, je rentre ainsi tranquillement en passant par le chemin longeant le rio Fitz Roy. Chemin qui m’offre une vue splendide sur le Cerro Torre, un mont dont la facade possede une pente de presque 90°, comme si un geant avait taille la pierre a la hache d’un simple coup sec. Impressionnant ! La vallee n’en est pas moins belle, surtout en cette saison ou la nature renait doucement apres la rudesse de l’hiver.

En milieu d’apres-midi je reprends le stop a l’endroit ou l’on m’avait depose 2 jours auparavant. Apres 2h d’attente frustrantes a voir me passer sous le nez de nombreux vehicules, je suis embarque par Fred et Elseen, un couple de hollandais profitant d’un mois de vacances en Argentine. Lui est architecte urbaniste, elle travaille dans un service specialisee dans les soins ultimes dans un hopital. La discussion se fait en anglais -ce qui me change un peu du castillan- tandis que nous nous rendons a El Calafate ou sont loges mes amis du jour. Sur le chemin nous passons 2 immenses lacs : le Lago Viedma et le Lago Argentino, tres prises des pecheurs. Nous sommes a El Calafate en fin de journee. L’attraction de la ville est sans doute aucun le glacier Perito Moreno que des bancs de touristes vont visiter chaque jour dans des minibus speciaux. Trop cher, trop industriel, trop surfait et trop difficile d’acces a pied, je choisis de passer ma route. Je prends une douche rapide dans un camping avant d’aller camper derriere l’office de tourisme. Le lendemain matin je refais mes provisions et me rends au contrôle de police a la sortie de la ville. Je me fais rapidement embarque par Carlos qui s’en va pecher au Lago Argentino. Un coup de peche, ca te tente Franchute ? Pourquoi pas, vamos ! Et me voila donc a pecher la truite sur les bords de ce sublime lac a l’eau turquoise et offrant un magnifique spectacle de pics enneiges en fond. Apres 4 ou 5 lancers, je perds malencontreusement la meilleure cuillere de Carlito qui se decroche sans prevenir. Mon père et mon oncle vont maugreer en lisant ces mots, tant de lecons de peche pour un tel resultat ! Ce que j’en dis c’est que l’eleve prend generalement exemple sur le maitre, a mediter messieurs…

Carlito y su trucha arcoiris - Lago Argentino  Lago Argentino  Carlito pescando en el lago Argentino

Apres quelques heures agreables a regarder Carlos pecher (bizarrement il ne me proposera plus la canne apres mon lancer malchanceux), nous rentrons vers El Calafate. Carlos me depose en chemin au milieu de nulle part ; comme d’hab’ devrais-je dire dans cette region. La nuit n’est pas encore tombee, j’ai le temps de faire encore un peu de stop. Bingo ! Juan s’arrete a bord de son camion Renault et m’emmene. Il se rend a Rio Turbio, a la frontiere chilienne. Environ 200 km a parcourir en pleine pampa avec pour toute presence humaine entre les 2 villes quelques « estancias » desertes.

Un coucher de soleil de la pampa est un phenomene unique et incroyablement beau, pur, presque sacre. Celui auquel j’assiste ne fait pas exception. Ou disparait le ciel ? Quoi est nuage, quoi est terre ? Tout se melange, tout s’imbrique et forme un veritable kaleidoscope de couleurs aux tons obscurs. Juan s’avere un interlocuteur interessant et nous echangeons nos idees sur la politique argentine et la mentalite des argentins en general. L’homme possede un point de vue original et sans concessions sur ses compatriotes. Nous arrivons a Rio Turbio vers minuit et Juan me laisse dans le centre ce qui m’oblige a trouver un endroit ou dormir d’urgence. Une porte ouverte, de la lumiere, des voix, j’entre et je demande a camper sur le terrain bordant la maison. Nuit humide, troublee par 2 chiens « callejeros » tentant d’accomplir des choses pas tres catholiques a 5 metres de la tente. De toute facon j’ai bu trop de « maté »  avec Juan et il m’est impossible de fermer l’œil.

Le temps est toujours a l’humidite le lendemain, reference a la pluie fine qui tombe sur la ville. Rio Turbio est fameuse pour sa mine de charbon qui regule l’economie de la ville. Il parait que la mine en question recherche des travailleurs, je partagerais bien la vie des mineurs pour quelques temps, une experience de plus. Apres quelques formalites de routine, je me presente finalement aux ressources humaines de YCRT (Yacimiento Carbonifero de Rio Turbio), l’entreprise qui gere le gisement de charbon. Imaginez un type trempe de la tete aux pieds, avec un sac de montagne en piteux etat sur le dos et a l’allure de vagabond entrant dans le bureau soigneusement decore de la responsable des RH de YCRT, portant alors fierement un beau tailleur noir a cette occasion. Le contraste est assez saisissant et  le saugrenu de la scene m’arrache d’ailleurs un sourire alors que je penetre dans le bureau. Trop de paperasse requise pour le boulot en question et la priorite est donnee aux locaux, je ne terminerai donc pas mineur. Neanmoins, j’apprends que la mine possede un tunnel reconverti en musee et salle de demonstration pour les ecoles. Je parcours donc 4 km sous la pluie afin d’aller voir la fameuse mine. Je ne suis pas decu de m’etre donne la peine car la visite est particulierement interessante (voir la page de Promethee). Mon seul regret est de n’avoir pu rencontrer des mineurs pour discuter de leurs conditions de travail. Je retourne ensuite en ville et couvre a pied les 5 km qui me separent de la frontiere chilienne. Me voila de nouveau en territoire chilien.

Mina Rio Turbio  Mina Rio Turbio  Mina Rio Turbio

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