Vos papiers s'il vous plait!

A l’aube de cette annee 2011, j’ai enfin eu la plaisante surprise de me familiariser avec l’administration argentine. Depuis le temps que j’en revais !

Je regrette parfois d’etre trop honnete par nature, ca m’attire souvent des ennuis… Le jour ou l’AFIP (Administracion Federal de Ingresos Publicos) est venu a mon lieu de travail pour un control de routine ne fait pas defaut a la regle. Travaillant evidemment « au black » depuis debut novembre (ce n’est pas de la mauvaise volonte mais la somme de papiers demandee par le service d’immigration argentin m’avait rapidement ôté toute velleite de regulariser ma situation), l’AFIP ne m’a laisse aucune chance ce jour-la. Enfin si, une, celle de mentir sur ma date d’entree dans le restaurant en rajoutant que je ne suis qu’a l’essai. Je n’ai pas saisi cette opportunite. Que les moralisateurs qui appuient qu’il faut toujours preferer la verite au mensonge aillent precher ailleurs !

Bref, la seule alternative qui me restait a partir de ce moment la était donc de regulariser au plus vite ma situation sous peine d’une tres grosse amende pour mon employeur. Premier detour par le service d’immigration ; apres de nombreux pourparlers,  j’apprends qu’il existe finalement un accord entre la France et l’Argentine qui me permet de travailler 90 jours dans le pays grace a une note speciale sur le passeport, realisee par la douane. Il s’agit de mon seul sauf-conduit car il me serait impossible de regrouper les documents exiges en peu de temps dans le cas contraire. Resultat, le lendemain, je me fais remplacer au boulot et part en voiture avec mon employeur et sa femme jusqu'au poste frontiere de San Sebastian… a 350 km d’Ushuaia. Apres une journee agreable en voiture a travers tantot la montagne, tantot le « paramo » borde par une mer agitee, nous revenons finalement en fin de journee a Ushuaia avec le precieux sesame obtenu non sans difficulte aupres de douaniers bornes mais neanmoins sympathiques. Ce soir la, je camperai au parc national pour un asado au grand air.

Le debut de la semaine suivante, qui marque mes derniers jours en tant que  « serveur du bout du monde », s’engage alors une course a l’obtention de mon droit de travail en sol argentin. Le lundi je passe a l’ANSES (Administracion Nacional de la Seguridad Social) afin de me créer un CUIT (clee d'identification fiscale). Une photocopie par ci, un coup de tampon par la, je ne m’en sors pas trop mal. Le mardi je passe a l’AFIP afin de prendre connaissance des besoins de ces gentlemen pour me delivrer le statut de « monotributista » qui devrait me permettre de « blanchir » ma situation. J’ai donc encore besoin d’un certificat de domicile ratifie par la banque de mon proprietaire ainsi qu’un acte notarial permettant de confirmer le dit document. Heureusement, grace a l’aide de Daniel, mon employeur, ces papiers sont obtenus rapidement et je me presente a l’AFIP de nouveau le lendemain. Surprise ! Au moment de l’inscription, j’apprends qu’il me manque encore une autorisation ecrite par le service d’immigration et un certificat de domicile de la police locale pour pouvoir completer le processus. Je me charge donc d’obtenir ca le lendemain et de retourner a nouveau voir les tetes connues des gens de l’AFIP. Tout est en ordre a premiere vue. Seul petit probleme, l’ANSES n’a pas encore integre mon CUIT au système et l’ecran prehistorique de mon interlocuteur de l’AFIP affiche froidement « contribuyente no existente » ! Bon, retour a l’ANSES pour regler le probleme. Probleme qui semble tout a fait normal pour eux puisque, apres creation du CUIT, le delai avant l’integration au système de securite sociale peut atteindre 45 jours ! Je suis donc bloque en attendant…

Bilan, je vais sans doute devoir faire une procuration a mon employeur pour qu’il se charge de finaliser l’inscription aupres de l’AFIP et qu’il aille ensuite voir la DGR (Direccion General de Rentas) qui se chargera de me faire payer des impots et de mettre fin a cet interminable processus admistratif. Moi qui pensait que l’administration francaise était compliquee…

Je suis evidemment passe sur les heures de queue dans les divers etablissements visites, les discussions enlevees sur les rouages de l’administration argentines et mes courses entre les differentes institutions. Une veritable mise en scene kafkaienne…

A part ces petits desagrements, ma vocation de serveur s’est achevee le week end du 22 et 23 janvier. Je m’attache maintenant a preparer une presentation pour l’Alliance Francaise d’Ushuaia (grand jour le 29 janvier) et a profiter un peu de mon temps libre dans la ville. Depart d’Ushuaia prevu pour le 02 fevrier avec le nord en ligne de mire si aucun changement ne survient.

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