Un gout amer d'inacheve

C’est donc comme ca que ca se termine ? Aussi tristement ? Vaincu par une hernie discale et un probleme de secu ? Comme c’est navrant…

Apres avoir pris ma decision, une decision qui me laissa au bord des larmes, je m’attele a arranger mon rapatriement. Ce n’est pas gagne mais l’avis des medecins japonais et les resultats de l’IRM pesent suffisamment dans la balance pour que mon assurance m’organise finalement le 15 juin un retour sous le signe de la plus grande prudence. Je volerai en effet  en premiere classe a bord du vol quotidien d’Air France entre Osaka et Paris et chacun de mes transferts de l’aeroport au domicile, et vice-versa, se fera a bord d’une ambulance et d’une chaise roulante. C’est ce qu’on appelle prendre des precautions !

Le jour du depart, je quitte donc Sumiko et Chie de bon matin et monte dans l’ambulance. Mon dernier ride avant longtemps j’imagine… Pour une fois, celui-ci me laisse sans voix, je n’ai meme pas le cœur d’entamer une conversation avec mes chauffeurs. J’ai l’estomac noue et ma seule pensee est focalisee sur la validite de ma decision. Mon humiliation est a son comble lorsqu’une fois a l’aeroport on me trimballe en chaise roulante d’un hall a un autre jusqu'au decollage. Une fois dans l’avion, j’ai le plaisir de gouter au luxe de la classe affaires d’Air France. Le foie gras est evidemment tres bon mais a neanmoins un gout amer dans ma bouche. Je m’amuse de ce soudain faste et me rememore les surprises du genre que m’avait reserve mon voyage jusque la. J’ai toujours été etonne par la juxtaposition de ces moments de luxe inopines a ces moments ou la crasse et la frugalite etaient mes seules compagnes.

Entre deux films, je prends un moment pour observer la terre defiler a travers le hublot. Nous survolons la Chine, puis la Russie, la Scandinavie et enfin l’Europe. En 12h de vol j’effectue un voyage qui allait probablement m’occuper pendant une annee ou deux, quelle tristesse ! La melancolie est bien presente ainsi que la peur, la peur de rentrer. Je ne suis pas pres. Cela ne devait pas se passer comme ca et j’ai du mal a l’accepter. Mon voyage n’est pas acheve et tant qu’il ne le sera pas je ne trouverai ni la serenite, ni la confiance en un futur incertain. Que cela me prenne six mois ou dix ans, je terminerai ce voyage car c’est lui qui detient les cles de mon avenir et de ma sante mentale.

Je suis rentre il y a deux jours. J’ai revu ma famille et bien que je sois encore un peu perdu dans les limbes de mes souvenirs de ces deux dernieres annees, j’arrive a entrevoir les aspects positifs de ce retour, du moins je m’efforce. Revoir sa famille, ses amis, refaire le plein de bon cholesterol francais, passer l’ete chez soi a se requinquer et surtout profiter des soins medicaux dont j’ai absolument besoin pour esperer repartir promptement. A moi de profiter au maximum de ce repit qui m’est offert et de repartir plus fort, plus experimente et encore plus desireux de voir le monde qu’avant.

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