BRASIL

Tudo bom! E futbol E Brazil!

Ate Uruguay

Je me tape pas moins de 15 km a pied pour sortir de Porto Alegre et me trouver un endroit convenable ou faire du stop. Apres quelques temps, un camion s’arrete avec a son bord Antonio, un bon bougre qui m’amene jusqu'à Quinta, entre Pelotas et Rio Grande do Sul. Je passe un voyage tres agreable avec lui et je suis presque triste de le quitter lorsque la nuit tombe. Je trouve refuge dans la propriete d’une compagnie distributrice de soja apres negociation avec le gardien. Apres que j’eusse monte ma tente, il m’annonce qu’un lit est disponible dans un baraquement. La flemme de demonter la tente l’emporte sur le besoin d’un lit et je dors finalement dehors. Le gardien est adorable et m’offre un cafe avant de me coucher et le lendemain pour me reveiller. A 6h je suis sur la route. J’attends 2 bonnes heures dans le brouillard avant qu’une voiture ne m’embarque jusqu'à Chui, la ville frontaliere entre le Bresil et l’Uruguay qui se situe a l’extremite est des 2 pays. Au passage nous traversons la reserve Taim, une superbe plaine gorgee d’eau ou abondent differentes especes d’oiseaux, de nombreux capibaras (gros rongeur), plusieurs jacares (espece de crocodile a la gueule affinee) et… des vaches (gros mammifere qui pete en permanence et chie partout) !  Rio Grande possede aussi la plus grande plage du monde, la praia Cassino, qui s’etend sans discontinuer sur plus de 250 km.

Antonio e eu - Quinta  attente dans le brouillard - Quinta  reserva Taim

J’entre en Uruguay sans souci et repasse enfin a l’espagnol et a un mode de communication plus fluide. L’Uruguay est mon 18eme pays traverse en un an… Je ne m’attarde pas a Chui, ville sans grand interet exceptee lorsqu’on souhaite faire quelques achats libres de toute taxe, et poursuis ma route.

Porto Alegre

Apres ma tres inconfortable nuit sur la moquette de l’aeroport de Porto Alegre, je me decide a rejoindre le centre-ville par le reseau ferre. J’arrive au marche central et y passe la matinee avant d’etre recu par Patrick, mon hote Couchsurfing, en debut d’apres-midi. Patrick a un bel appartement tres cosy et j’ai une piece pour moi tout seul. Petite ballade en ville ensuite et diner chez un ami de Patrick qui fetait son anniversaire. Le lendemain, la matinee est pluvieuse mais nous profitons de l’eclaircie apres le dejeuner pour visiter d’autres parties de la ville. Porto Alegre n’est pas specialement jolie mais borde l’immense rio Guaiba et cela lui donne cependant un charme certain. La ville abrite egalement un immense parc en son sein, le Farroupilha, ou vient se prelasser un grand nombre de personnes lors des week ends ensoleilles. Le soir nous sortons dans la Cidade Baixa, le « quartier qui bouge », et echangeons diverses idees autour de quelques bieres. 

Je reste finalement un jour de plus pour rencontrer Daniel et sa femme, Juliana, un couple que j’avais egalement contacte par Couchsurfing. Apres le marche aux puces le matin et le bain de foule du a la campagne presidentielle qui bat son plein, nous atterrissons dans la fete annuelle des gauchos a Porto Alegre. Une bonne occasion pour moi de tester le « churrasco » (cotes cuites au barbecue) a la mode gaucho bresilien accompagne de mes guides. En gros, peu de changement entre le gaucho argentin, paraguayen, bresilien et meme uruguayen si j’en crois ce que j’entends ; ils mangent tous de la viande 3 fois par jour, portent des bottes, sirotent du mate ou terere ou shimaao (peu importe le nom, ca reste de l’herbe avec de l’eau chaude) et se deplacent a cheval quand ils ne sont pas a bord de leur jeep Toyota ou Isuzu. Bon, evidemment je caricature mais on n’est pas loin de la realite… Nous finissons la journee au bord de la riviere, dans le port desaffecte, a observer le soleil se coucher lentement.

porto Alegre e o rio guaiba

elecciones presidenciales - Porto Alegre  churrasco con Juliana, Daniel e Patrick na feria gaucha - Porto Alegre  Entardecer na puerto do porto alegre

Je regale Patrick de quelques crepes avant de sombrer dans mon lit et le lendemain matin je suis en partance pour la frontiere uruguayenne.

“Muito obrigado Patrick ! It was a very nice stay in Porto Alegre ! Thanks Daniel and Juliana as well! I hope you will enjoy your trip in the USA!”

Curitiba ate Porto Alegre

Tout le monde me recommande d'aller visiter les superbes plages de l'ile de Santa Catarina donc je ne me fais pas prier et je prends pour destination Florianopolis, la capitale de l'etat de Santa Catarina situee justement a l'entree de l'ile. Entre transports publics et longues marches, j'atteins finalement une station-service au sud de Curitiba ou stationnent de nombreux camions. Je hele le premier camion que je vois et, bingo, celui-ci m'embarque illico! 100 km de voyage aux cotes d'Andreu qui me confie travailler comme camionneur afin d'economiser de l'argent avant d'ouvrir son propre commerce. Nous parlons aussi de sa rupture avec sa femme et du probleme de la garde des enfants. Je ne compte plus les fois ou j'ai eu ce genre de discussions... Je pourrais sans pretention ajouter "conseiller matrimonial" a la liste de mes competences.

Je debarque a Joinville dans une autre station-essence et embarque sans attendre avec Raphaello, un jeune camionneur hyperactif. Malgre ses appels repetes sur la frequence radio utilisee par les camionneurs de tout le pays, il ne trouve personne pour me faire poursuivre le voyage lorsque je descends a Itajai. Mon dernier ride se fait avec un ambulancier fou qui maintient sans doute la comparaison avec Michael Schumacher en termes de vitesse de conduite. je le quitte 15 minutes plus tard, les jambes flageolantes, lorsqu'il me depose a Camboriu. je n'irai pas plus loin aujourd'hui et je campe pres de la derniere station-service de la ville. Le lendemain, la premiere voiture qui passe m'embarque. Mon chauffeur s'appelle Josino, fait partie de la police federale et est d'un altruisme saisissant! Lorsqu'il me depose apres 1h de route a Sao Jose, en pleine zone urbaine mais neanmoins a 12 km de Florianopolis, il insiste pour me payer le billet le bus jusqu'a l'ile malgre mes protestations. Tant de bonte m'arrache presque une larme...

A 9h je suis dans la place! Petit-dej' yogourt/biscuits face a l'antique pont suspendu de la ville et le regard perdu sur l'horizon bleu quime fait face. Revoila donc l'Atlantique, un bail que je ne l'avais pas vu celui-la! Le temps s'eclairci gentiment et j'en profite pour deambuler en ville. L'ile possede plus de 100 plages et je n'ai donc que l'embarras du choix. Cependant, je choisis ensuite de me diriger vers la Lagoa da Conceicao. Choix pratique car c'est le seul endroit qui m'offre un acces a pied a la mer, environ 12 km de marche. Sur le trajet, je passe devant un centre de transfert des dechets. Interessant ca, allons voir si une visite est possible... Oui? Ok, expliquez moi tout! Je ne ressors du centre qu'apres 2h de visite et de palabres louant plus que jamais la gentillesse bresilienne.

Vista sobre o mar em Florianopolis  Recicle seus habitos! - COMCAP Florianopolis

Je marche, le sac se fait pesant mais j'arrive enfin aux abords de la lagune. Tres joli et tres calme en cette basse saison. Je pousse jusqu'a la mer et me fait finalement surprendre par la nuit. Lorsque j'arrive a bout des dernieres dunes, seuls les animaux nocturnes et le bruit des vagues se font entendre. Je campe sur place. Le temps est toujours couvert le lendemain. Malgre ca, etant donne les circonstances (6h du mat' et personne a l'horizon), je m'autorise un bain dans mon plus simple appareil qui ne dure pas plus de 24 secondes car la temperature de l'eau ferait grelotter le breton le plus endurci. Je remonte ensuite la plage et croise des surfeurs matinaux. je retourne enfin a Florianopolis (en transports en commun cette fois) ou je passeune partie de la journee dans un centre commercial a user et abuser du WiFi afin de gerer mes petites affaires.

Lagoa da conceicao  Mouette se met a nu pour un bain matinal! - Lagoa da conceicao  Praia sul lagoa da conceicao

Le soir, je me rends a l'autre bout de la ville et decide de dormir sous le pont qui relie le continent. Des sans-abris ont deja elu domicile ici et je sollicite un coin d'herbe parmi eux pour y passer la nuit. Aucun probleme, on m'offre meme a manger et a boire, et je discute un peu avec l'un d'entre eux qui a pas mal bourlingue en Argentine et en Uruguay. Le lendemain, alors que je galere pour me trouver un bus qui me sortira de la ville, Adel debloque ma situation et me met dans un bus qui m'amene jusqu'a Palhioca, a 10 km au sud environ, sur le continent. Bon, j'en parcours encore 5 a pied et arrive a une station Esso. Apres une petite heure d'attente, je tombe sur un camion de manutentionnaires se rendant a Porto Alegre. Vamos! La premiere heure de voyage se passe en pleine effervescence et on me presse de questions. Ensuite, l'arrivee de la pluie est accompagnee d'une baisse d'intensite dans le comportement de mes compagnons de route. Apres 500 km parcourus en bordure de mer, je suis finalement depose a l'aeroport de Porto Alegre en fin de journee. Pas la peine de me rendre en ville a cette heure la et l'aeroport est un endroit tout indique pour passer la nuit. Je dormirai sur l'unique moquette personnellement recensee entre les 3 etages de l'edifice...

Bom tempo em Curitiba

A Curitiba, je passe ma premier soiree au restaurant avec Bruna et 3 de ses amies. Apres 3 jours passes en compagnie de Junior et Nudo, cette ambiance feminine est plutôt inattendue mais je savoure la chance de me retrouver avec 3 jolies filles a deguster un savoureux plat italien. Bruna est une jeune journaliste polyglote, egalement professeure d’anglais a ses heures, et possede le fort desir d’apprendre le francais. « Tudo bom », parce que moi je souhaite apprendre le portuguais ! Les echanges au cours du repas se font donc en anglais, francais, espagnol, portuguais voire italien meme si le portuguais parle, ou devrais-je dire chante, a la facon bresilienne demeure mon coup de cœur.

De retour chez Bruna je dors cette nuit-la dans un vrai lit avec drap, couette et oreillers ! Ca ne m’était pas arrive depuis un mois environ, un vrai plaisir ! Un de mes enseignements preferes : « la rarefication amene une meilleure comprehension et aprehension de ce que la vie nous offre ». Le lendemain, tandis que Bruna s’en va donner un cours, je me rends en centre-ville pour une visite touristique. Comme a l’accoutumee, je marche beaucoup et me laisse submerger par l’ambiance de la ville. Curitiba est agreable, de taille moyenne et surtout tres propre. Consideree comme une ville modele ici au Bresil, elle possede de tres bons transports publics et offre un haut niveau de qualite de vie. En fin de journee, je retrouve Bruna et Amanda, une amie de la veille, pour la suite de la visite avec notamment le passage par 2 parcs au nord de la ville.

Curitiba  Bruna e Amanda na parque norte cidade - Curitiba  Curitiba

Au passage nous degustons une coupe glacee d’acai, un fruit de l’Amazone qui est ici toujours prepare sous forme de glace. Enfin, « soiree langues » avec Bruna puisque nous nous finissons par un cours particulier de francais/portuguais. Bruna me convainct de participer a un trek le lendemain et je reste donc un jour de plus. Le trek est en fait une irrationnelle course contre la montre en foret dont je n’ai toujours pas compris le sens. Entre la ballade de campagne et la course d’orientation, cette activite semble tres populaire ici du cote de la population urbaine en mal de nature. L'ambiance est toutefois tres bonne enfant et j'imagine que c'est la rasion principale d'un tel engouement.

Trilha Pe, todavia no entendi pero me diverti... - Curitiba

Apres ca, apres-midi tranquille chez Bruna et soiree cuisine francaise. Je m’en vais tot le lendemain, direction les plages de l’ile de Santa Catarina.

“Muito Obrigado Bruna ! Aproveite muito ficar em tu casa. Seguro que nos vemos despois!

Vagabundeando entre Foz do Iguacu e Curitiba

Le passage de la frontiere bresilienne est une formalite. Je penetre ensuite dans Foz do Iguacu, aux rues etrangement vides, et m’interroge sur la suite du programme. Je n’irai pas visiter les chutes d’Iguacu, une des merveilles naturelles du continent sud americain et veritable raison de la presence de tant de touristes dans cette region. La raison en est que j’ai inspecte les chutes sous toutes leurs coutures il y a 5 ans de cela lors d’un precedent voyage dans la region. Autre temps, autre manière de voyager, autre mentalite meme si les chutes restent immuables et incroyablement belles.

Je m’engage donc vers la sortie de la ville, en marchant evidemment. Premiere conversation en portuguais dans un supermarche avec une vendeuse intrigue par mon allure. Pas un franc succes… Apres quelques kilometres parcourus au bord de la route, je rentre dans un centre educatif pour y demander le gite. On y repete une danse folklorique gaucho et j’apprecie la legerete des pas des jeunes danseurs qui semblent inepuisables. Je suis autorise a rester pour la nuit. Je rencontre ensuite Vilson et ses amis occupes a vider quelques bieres et déjà serieusement amoches par la boisson en question. Ils m’invitent a partager leur noble entreprise et je m’execute volontiers. Je passerai finalement la nuit avec Vilson et sa famille a parler en portugnol. Vilson insistera d’ailleurs pour me faire visiter la ville et son immanquable centre commercial. Sur ce dernier point je n’ai toujours pas d’explication rationnelle…

Je passe donc la nuit au centre educatif et je me dirige vers l’ouest le lendemain en quete d’un endroit ou faire du stop. Pas facile, je suis dans une zone industrielle. Ma meilleure solution est la station-essence 5 km plus loin ou circulent de nombreux camions. Apres 2h de recherches infructueuses, on me dit que les camions pour Curitiba, ou je souhaite me rendre, ne sortent que tot le lendemain. Bon, pas la peine de m’ancrer ici donc et je prends mon apres-midi pour aller piquer une tete dans le lac Itaipu situe a quelques kilometres. Endroit agreable ou je peux me baigner, roupiller dans l’herbe grasse et laver mes vetements dans le lac sous le regard incredule des vacanciers. Le soir venu je campe sur place.

Lagoa Itaipu

Tot le lendemain je suis donc de nouveau a ma station-service. Pas de veine, peu de camions pour Curitiba et aucun n’accepte de me prendre a cause des memes restrictions que celles decrites lors de mon passage dans le nord de l’Argentine. Je trouve une autre station-service et je fais la navette toute la journee entre les deux endroits strategiques. A 21h, je suis toujours en train de chercher et je tombe sur Sadi et Sylvio, 2 camionneurs ultra-sympathiques qui m’offrent une biere pour faire passer ma deception de ne trouver personne pour m’embarquer. A minuit, je me trouve un coin ou dormir dans la station-service et a 5h30 je suis leve pour haranguer les premiers camions. Toujours rien. Meme le stop conventionnel que je tenterai pendant 4h d’affilee ensuite ne donnera rien. Je ne suis pas tout seul, je passe mon temps avec un vagabond colombien qui s’est attribue le nom de « Viento » (Vent). Ce bougre semble avoir voyage dans tous les endroits du monde, jusqu’aux fins fonds de l’Amazonie. La compagnie de Viento n’efface pas ma deception et je decide en debut d’apres-midi de me rendre en bus a Cascavel a 100 km de Foz pour debloquer ma situation. Il y a, parait-il, une autre station-service avec de nombreux camions se rendant a Curitiba. Je n’ai jamais pretendu etre puriste et effectuer mon voyage entierement en stop mais prendre le bus me frustre toujours. Je n’avais pas pris le bus depuis le Mexique dans le but de reellement m’avancer, vous comprenez ma deception…

Le bus me depose a l’entree de Cascavel, je dois encore marcher 8 km pour atteindre la station-service de l’autre cote de la ville. Il fait nuit noire lorsque j’atteins mon but. Pas de repit puisque je dois encore chercher un camion pour m’emmener. Je rencontre alors Junior et Nudo, 2 camionneurs de la meme entreprise qui attende leur prochain chargement. Je suis accueilli a bras ouverts et ils me proposent meme de dormir dans le container vide du camion de Junior. J’accepte sans hesiter et m’ecroule de fatigue dans le fond du camion. Le lendemain est une longue journee d’attente tandis qu’aucun signe de la marchandise ne fait son apparition. Ma patience est mise a rude epreuve car j’ai programme un rendez-vous Couchsurfing a Curitiba et j’ai déjà un jour de retard. Il se trouve que j’ai le I Ching entre les mains a ce moment-la : « la patience est de mise » semble etre le message… Bien, j’adopte donc la methode Zen et profite de « l’ici et du maintenant » en compagnie des joyeux lurons que sont Junior et Nudo. Nudo se revele un excellent cuisinier et je teste ainsi la nourriture locale.

Junior e Nudo cocinando - Cascavel

Encore une nuit dans le camion et une matinee d’attente jusqu'à ce qu’enfin l’ordre de charger a Campo, une ville a 200 km au nord, arrive. Nous nous y rendons sans tarder. Pas de chance, une fois sur place c’est une nouvelle attente due au nombre important de camions attendant de charger. Je ne partirai finalement qu’a 5h du matin dans le camion de Nudo tandis que Junior s’appretera a passer une autre journee a attendre. Le voyage dure 10h et est tout a fait agreable puisque Nudo est un excellent compagnon de voyage. Mon portugnol s’affine un peu et je comprends a peu pres tout ce que Nudo me raconte.

A 15h je suis enfin a Curitiba. J’ai 3 jours de retard sur ce que j’avais prevu, un record ! Malgre tout, Bruna, mon hote couchsurfing a eu la patience de m’attendre et me recoit en fin de journee. Ouf !

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