CHILE

Lindo pero cariiiiiiissimo!

Accident de parcours a Valparaiso...

Vue du bord de mer, Valparaiso ressemble a un chateau de legos, chaque lego representant une maison aux couleurs vives. Depuis la mince cote, la ville s'etend sur de nombreuses collines accessibles par des rues a forte declivite. J'ai en poche l'adresse d'une dame qui habite une grande maison bleue sur le Cerro Alegre (Mont Joyeux), cadeau d'un ami venezuelien d'Ushuaia. Je m'y rends une fois en ville. La maison s'avere le refuge de nombreux etudiants chiliens et etrangers ou de jeunes travailleurs recemment entres dans le monde du travail. Maggie, la proprietaire, me recoit cordialement et m'accomode dans une chambre dans la partie basse de la maison. Une fois accomode, je rejoins Istok avec qui j'avais convenu d'un rendez-vous.

Retrouvailles emouvantes entre deux amis voyageurs et partage des experiences de ces derniers mois. Pour moi, c'est aussi l'occasion de renouer avec les incessantes parties d'echecs que ce barbu de Yougoslave ne manque pas de me proposer et avec les discussions pseudo-philosophiques que nos esprits tortures ne manquent pas d'engendrer. Nous profitons ensemble des plats de fruits de mer que propose la ville et du charme des rues du Cerro Alegre. La ville a ete classee depuis quelques annees au Patrimoine Mondial de l'UNESCO en raison de son architecture et surtout des graffitis qui ornent la plupart des maisons. Certains graffitis sont de veritables oeuvrent d'art qui transmettent parfaitement l'etat d'esprit des habitants de la ville.

Valparaiso  Valparaiso  Graffiti en Valparaiso

A la fin du second jour, alors que je rentre "chez moi" apres une derniere soiree avec Istok, j'ai la bonne surprise de trouver ma chambre devalisee. Mon sac a disparu et pratiquement tout ce qu'il contenait. Mes compagnons d'appartement  n'ont pas eu plus de chance que moi puisqu'eux aussi se sont fait voles. Stoique au centre de la piece, j'ai la machoire crispee et l'estomac noue. Je ne dis rien mais la tempete gronde... Je me reprends peu a peu et me rappelle que par precaution (ou intuition) j'avais cache quelques heures plus tot mon ordinateur et mes papiers sous le seul meuble de la chambre: l'armoire. Je verifie, tout est encore la. La tension commence a descendre... Bien, que me reste t-il a part ca? Ma casserolle, ma gourde, mes livres, mon echiquier, ma trousse de toilette (contenant au maximum quatre ustensiles!), quelques calecons et chaussettes et ma serviette. Apparemment les voleurs n'etaient ni des cuisiniers, ni des erudits et encore moins des coquets (le fait qu'ils aient embarque mes vieux tee-shirts et mes chaussures trouees est un argument supplementaire a cette affirmation). Par contre, je m'imagine qu'ils doivent aimer le camping ; mon fidele sac Quechua allait feter ses dix ans de vie, j'en ai le coeur serre...

La porte fracturee de la maison est maintenant ornee de plusieurs planches epaisses de bois. Je m'interroge encore sur la coincidence qui a voulu qu'un vol ait lieu justement lors de mon passage dans cette maison situee dans un quartier tranquile du centre. Maggie est catastrophee et les autres habitants de la maison depites. Je suis arrive tard et je suis le seul a ne pas avoir encore porte plainte. Je me rends donc au comissariat le plus proche pour la traditionnelle deposition evidemment inutile. Je suis entoure d'une escorte de 5 ou 6 policiers que je divertie avec mes blagues de mauvais gout. Faut pas trop m'en demander a 2h du mat' apres la perte de 90% de mes seuls biens materiels de cette derniere annee et demie. D'ailleurs, ca aurait ete plutot a eux de me divertir!

Cette nuit la je dors evidemment mal et me leve le visage bouffi et les yeus cernes. Je rejoins Istok que je devais revoir pour un dernier adieu avant de quitter la ville. Ce dernier reste chez Malena, une sympathique mere de 4 enfants qui l'acceuille depuis 4 jours. Apres le recit de ma mesaventure, elle m'accepte chez elle pour une nuit pour me donner le temps de reflechir a la suite du voyage. Istok reste egalement pour m'aider a "faire la lumiere dans mon esprit assombri". Apres deux jours et une nuit de reflexion je decide de finalement retourner a Buenos Aires. Retour a la case depart.

Amigos viajeros - Valparaiso  Cambia tu vida! - Valparaiso

Vuelta Natales - Paine - Natales

Une fois la frontiere passee j’atterris rapidement a Puerto Natales, un petit port touristique s’ouvrant sur la cote pacifique et les meandres aqueux qui caracterisent le sud de la Patagonie chilienne. Apres un rapide coup d’œil dans le centre ville de ce village pittoresque, l’achat de quelques vivres, je sors de la ville et m’en vais camper tranquillement sur l’herbe parfaitement tondue du campus de la Universidad Patagonica. Reveil matinal le lendemain pour une marche de quelques kilometres afin de trouver le meilleur endroit pour entamer le stop jusqu’au parc national Torres del Paine, veritable joyau du sud du Chili.

Puerto Natales  Puerto Natales

Je suis a nouveau chanceux et attend a peine 20 minutes avant qu’une camionnette ne m’embarque jusqu'à l’entree sud du parc. Alors que je prends un instant pour etudier le plan du parc une fois a l’interieur, j’entends un klaxon resonner dans mon dos. Je reconnais immediatement Elseen qui me fait signe par la fenetre de la Chevrolet de location conduite par mes amis hollandais d’El Calafate. Je salue chaleureusement Fred et Elseen et grimpe dans le vehicule avec entrain. Ils se rendent 40 km plus au nord, a l’hotel Las Torres, un luxueux etablissement dans l’enceinte du parc. Sur le chemin nous nous arretons pour 2 courtes randonnees offrant des vues panoramiques splendides sur les richesses du parc, notamment l’amas montagneux si particulier qui fait la celebrite du lieu. Apparu suite a des mouvements de plaques tectoniques, a des eruptions volcaniques et d’autres phenomenes volcaniques et terrestres sous-terrain, les pics et monts qui s’elevent au milieu du parc possedent differentes couches de roche de couleurs bien distinctes et sont particulierement escarpes. Au sein de ce paysage magnifique et en plein cœur de la Patagonie chilienne j’en profite pour en savoir egalement un peu plus sur mes amis hollandais et leur beau, plat et petit pays.

Paisaje del parque Torres del Paine (si, hay viento por alla...)  Paisaje del parque Torres del Paine  Paisaje del parque Torres del Paine

En fin de journee nous arrivons a leur hotel ou je suis invite a diner. J’hesite presque a entrer, de peur de salir le sol immacule… Comment un tel endroit a-t-il pu trouver sa place au milieu de cette etendue sauvage ? Lorsque je quitte mes amis il est déjà 17h, j’ai pres de 20 km a parcourir en pleine montagne avant d’arriver au « campamento italiano », lieu que j’ai choisi pour dormir ce soir. En 4h de marche soutenue sans pause, exceptees celles faites pour m’abreuver dans les nombreux cours d’eau qui jalonnent ma route, j’atteins mon objectif. La nuit vient de tomber et j’ai juste la force de me glisser dans la tente pour dormir. Encore 20 km le lendemain et j’atteins mon objectif ultime : le glacier Grey. J’ai volontairement tire un trait sur le glacier Perito Moreno sachant que je parviendrais a m’offrir le glacier Grey ; et le voila sous mes yeux ! Plongeant dans le Lago Grey de chaque cote de « La Isla », le glacier est immense, pres de 270 km2 de superficie! Je suis le seul a camper pres du glacier et j’en profite pour faire un peu d’escalade incognito. Je descends jusqu’au glacier et m’offre au passage quelques frayeurs sur la paroi rocheuse raide et glissante qui me permet d’acceder a la bete. La puissance qui se degage de ce monstre de glace est impressionnante. De pres, le glacier se fait fontaine. Il ruisselle de toutes parts et je suis oblige d’utiliser la capuche lorsque je penetre dans une des caves situees a sa base. Bleu. Un incroyable bleu eclatant, presque aveuglant, me surprend a l’interieur de la cave. Je reste encore quelques instants pres du glacier et finalement entame l’ascension du retour. Une fois en haut je reste sur mon perchoir a observer le glacier qui s’etend sur 28 km vers le nord. Le temps se suspend, la vue de cette merveille naturelle est grandiose, imposante. Je m’arrache finalement de la contemplation hypnotique dans laquelle j’etais plonge et me resous a rejoindre mon campement.

Glaciar Grey

Glaciar Grey  Glaciar Grey  Glaciar Grey

Glaciar Grey  Glaciar Grey  Glaciar Grey

Le retour se fait le lendemain apres avoir parcouru une trentaine de kilometres vers le sud. J’atteins enfin le chemin en fin de journee et arrive miraculeusement a me faire prendre par le premier camion croisant ma route. Retour a Puerto Natales et retour au campus ou j’avais campe 3 nuits auparavant.

Torres del Paine

En Chile por casualidad sin un peso pero, si, con dos sandwiches!

Objectif en quittant Comodoro: retraverser le continent, derniere fois promis (!), pour aller me coller a la cordillere et ne plus la quitter jusqu'à la Tierra del Fuego. Apres un peu d’attente je quitte enfin Comodoro. J’atteris a 10 km mais cela me permet ensuite d’avoir un ride pour Caleta Olivia avec Alejandro et son fils qui revienne de la peche a Sarmiento, une ville de l’interieur a quelques 300 km de la. Le littoral est joli mais venteux. Caleta est bien triste et depend autant du petrole que sa grande sœur au nord, je ne m’y attarde pas et entame le stop vers Pico Truncado. J’ai besoin de 2 rides pour y arriver dont un en camion avec Esteban, vieux briscard de l’industrie du petrole. A croire que si tu ne vis pas du fameux liquide dans le coin autant te chercher un autre endroit pour vivre ! Pico Truncado ne differe des villes precedemment citees que par son environnement ; la ville se trouve dans la grande pampa qui separe la cote de la cordillere et le sable a fait place a un paturage sec et epars.

J’arrive ensuite a Las Heras, dont les acces sont bloques par des barrages. Probleme de salaires, je commence a etre habitue. Nous arrivons finalement a entrer avec le camion frigorifique dans lequel je me trouve. Le barrage me favorise au moment de sortir de la ville puisque cela me permet de sympathiser avec Victor, « l’intendente » de Lago Posadas, un petit village de la cordillere situe a l’ouest. Il m’embarque jusqu'à Perito Moreno a bord de sa camionnette.

Nous arrivons en debut de soiree et il ne me reste plus comme solution que de camper sur la place municipale. Personne ne me derange au cours de la nuit et encore moins le lendemain matin, un dimanche ou personne ne semble vouloir se donner la peine de se lever. A mon grand bonheur, le seul commerce ouvert est une boulangerie et je peux ainsi donner libre cours a ma gourmandise. Quelques touristes se rendent a Los Antiguos, la capitale nationale de la cerise, et j’en profite pour sauter dans une voiture. Mon chauffeur est egalement un cadre de l’industrie petroliere qui voyage avec sa fille et son beau-fils. J'ai droit a la photo souvenir du francais fou qui tente un tour du monde. Je dois bien orner quelques cheminees depuis le temps! L’arrivee a Los Antiguos est superbe puisqu’elle offre une vue plongeante sur le lac Buenos Aires et les montagnes enneigees de la cordillere au loin. Ce lac est connu pour etre le second plus grand d’Amerique du Sud apres le Titicaca.

Lagunas al bordo del lago BsAs

Une soudaine impulsion me fait passer la frontiere chilienne a cet endroit et j’arrive ainsi a Chile Chico a bord d’une camionnette qui se rend a l’autre bout du lac BsAs (qui s’appelle d’ailleurs General Carrera du cote chilien, apparemment le seul lac au monde a posseder 2 noms officiels). La camionnette est occupee par un jeune couple americano-argentin, Dora et Marcos, ainsi que par les parents de Marcos. Je passe finalement quelques heures en leur compagnie a faire un peu de tourisme le long de ce lac surprenant qui offre des paysages incroyables. Je descends a Maiten ou je suis alors embarque par Francisco et Ricardo, deux pilotes d’helicopteres vivant a Cochrane et faisant des etudes dans la region pour la future implantation de plusieurs barrages hydroelectriques.  Le voyage jusqu'à Cochrane est splendide, il s’agit du sud de la fameuse « carretera austral » qui mene de Villa O’Higgins a Puerto Montt.

Dora, Marcos y los papas de Marcos - cerca de Chile Chico  carretera austral cerca de Cochrane

A noter que j’ai decide de tenter ma chance au Chili sans le moindre peso et qu’il ne reste plus dans mon sac que 2 sandwichs fameliques et une pomme. Va falloir y aller au culot… Ca commence plutot bien puisque les parents de Marcos m’avaient déjà gave de galettes jusque la et Ricardo m’offre une part de son gateau d’anniversaire de la veille une fois a Cochrane. Pas d’invitation a rester dormir, dommage. Je passe alors chez les carabiniers pour m’enquerir d’une possible poursuite du voyage vers O’Higgins. Cela parait compromis puisque la seule possibilite de revenir en Argentine depuis ce point est la prise d’un bateau qui mene jusqu'à la frontiere et ensuite une randonne a cheval de plusieurs heures qui m’amene au premier village, le tout etant excessivement onereux evidemment. Je vais donc la tenter de la facon « classique » par le Paso de Roballos le lendemain. En attendant trouver un coin ou dormir. Rien ne se presente et, abattu et fatigue, je sonne a la premiere porte que je croise et demande l’autorisation de camper sur la propriete. En 5 minutes la tente est montee et je me trouve a roupiller dans mon duvet bien chaud (heureusement que j’en ai change soit dit en passant car pas une nuit ne depasse le zero degre pres de la cordillere en cette saison). La tenue de nuit ne differe jamais bien de celle du jour, j'ai juste a quitter les chaussures!

Depart tot le lendemain. Pas une voiture sur les premiers 10 km ce qui me contraint a une marche forcee. Court ride de 15 km ensuite qui me mene a la deviation pour le Paso de Roballos. Je patiente en lisant les Notes de Voyage d’un tout jeune Ernesto Guevara qui avait deja quelques accents revolutionnaires. A part ca, le « Che » nous conte les aventures de son premier voyage et fait mention de toutes les roublardises qu’il eut pu faire en compagnie de son ami Alberto lors de son periple. A dire vrai, je suis un veritable enfant de chœur compare a eux qui n’en manquaient vraiment pas une ! Fini la pause lecture, un camion s’amene qui m’embarque pour 15 km a Villa Chacabuco, un centre touristique en construction sous la tutelle du patron americain de The North Face, Douglas Tompkins, qui semble se dedier profondement a la cause environnementale depuis plusieurs annees. Il a justement achete une majorite des terres de la region pour faire une belle reserve naturelle a ses frais et ensuite remettre le tout « clef en main » au gouvernement chilien. Je souhaite glisser au passage que cette region du globe est une des plus riches en eau et que la conjecture actuelle d’epuisement des ressources du precieux liquide n’a probablement rien a voir avec cet activisme environnemental…

El Che me acompana...

Si je reviens a mon cas, j’ai du faire appel a une partie de mon capital nourriture en la personne de ma pomme et d’un de mes 2 sandwichs et je dois dire que je meure de faim. Apres 2h d’attente au soleil pres du centre en construction sans voir passer un vehicule, je me decide a aller faire un tour du cote des cuisines des ouvriers. C’est Maria, la cuisiniere qui me recoit. Pas la peine de discuter des heures, elle lit la faim dans mes yeux et m’offre un plat de lentilles avec du pain maison. Elle assiste alors au record de vitesse de nettoyage d’assiette et sur ce m’offre des fruits et du pain pour le voyage. Retour au stop apres ca. Rien n’a bouge entretemps et rien n’indique que cela va changer. Que faire ? Aller faire ami-ami avec les travailleurs du centre dont certains sont déjà venus me saluer ou partir a l’aventure, seul dans la nature. Ici se caracterise parfaitement la dichotomie de mon voyage partage entre l’aventure humaine et les escapades solitaires dans la nature.

Avec mes fruits et mon pain je me sens finalement assez fort pour couvrir les 60 km qui me separe de la frontiere et me lance alors a pied sur le sinueux chemin de terre. Pendant 20 km c’est le paradis ! Je suis completement seul au milieu de paysages spectaculaires avec pour seul compagnons des groupes de guanacos qui m’ouvre le passage vers l’Argentine. En fin de journee, alors que je commence a tirer la langue, Zorro est arriveeeeee, sans se presseeeeeeerrrr ! Hum, pardon, mais merci Henri cependant. En fait de Zorro, ce sont les carabiniers de la frontiere qui m’ont « ramasse » sur le chemin. Le sergent chef, Enrique, m’a meme trouve un vieux sofa ou dormir dans leur campement et a demande a sa femme de me preparer une succulente omelette. Une nouvelle fois, grace a une chance insolente, je me couche le ventre plein. Une fois en regle le lendemain, je ne pars pas sans un petit dejeuner copieux dans l’estomac offert par le jeune carabinier en poste. Il ne me reste que 12 km a parcourir pour arriver a la frontiere argentine. 

Cerca de Villa Chacabuco  Guanacos curiosos cerca de Villa Chacabuco  Gracias los carabineros! - Paso Roballos

San Pedro de Atacama

Apres une nuit assez fraiche malgre l'empilement de couvertures, je me retrouve dans la matinee a explorer les environs de Talabre. Parfaitement niche au pied du volcan Lascar, le petit village offre une vue imprenable sur le salar d'Atacama et les volcans environnant. En fin de matinee j'accompagne finalement Silvio jusqu'a San Pedro de Atacama ou se rend ce dernier pour emmener un groupe de touristes se ballader dans les montagnes. Por Dios! Les gens ont-ils definitivement abandonne l'usage de leurs jambes ou sont-ils presses meme en vacances?

Je remercie Silvio et descend a San Pedro ou je m'offre un bon repas avant de me lancer dans la montagne. La nourriture s'est nettement amelioree entre le Chili et la Bolivie mais les prix ont au moins quadruples! Apres une petite visite de San Pedro, charmant petit village mais tres touristique (la communaute francaise y est largement representee!), je fais quelques provisions et sors de la ville avec en tete l'idee d'aller explorer la Vallee de la lune. Je croise en chemin Valentina et Alvaro qui me dissuadent rapidement d'aller plus loin. La vallee de la lune est encore tres loin et je ne l'atteindrai pas avant la nuit selon eux, je devrai en plus payer un droit d'entree et les gardes sont tellement vigilants qu'il y sera impossible de camper. Ils me conseillent alors de me rendre a la Vallee de Catarpe, beaucoup moins visitee mais tout aussi jolie et libre de tout droit d'acces. Mes anges gardiens m'accompagnent alors jusqu'a l'entree de la vallee et je les quitte peu apres.

Valle de Catarpe, atardecer  Valentina y Alvaro - SPA

Apres 1h de marche et 2 rivieres traversees pieds nus dans un froid glacial, je decide de prendre de la hauteur et de m'extirper de la vallee. Risque car la nuit est proche, je ne connais pas les environs et le froid et le vent seront bien plus intenses sur les cretes. Peu importe je veux voir le coucher de soleil ce soir et le lever de soleil le lendemain. Au debouche d'un long tunnel abandonne peu rassurant, je suis enfin sur les hauteurs avec une superbe vue sur la vallee. Par contre j'ai rate le coucher de soleil et il s'agit de trouver maintenant un endroit a l'abri pour dormir. J'elis domicile dans un petit abri de pierres montee a la va-vite. Nuit tres froide et ventee comme prevu mais le lendemain j'assiste a un lever de soleil incroyable! Je reste pres de 2h au meme endroit a assister au reveil de la vallee, seul avec pour seul bruit les battements de mon coeur qui resonnent a mes tympans dans cet environnement si tranquille.

Valle de Catarpe, amanecer Mi 'tumba-campamiento' Valle de Catarpe, amanecer

Apres un frugal petit dejeuner, je leve le camp et longe la crete qui surplombe la vallee. Pres de 2h de marche sans voir ame qui vive jusqu'a ce que j'arrive pres de la route principale qui joint San Pedro. Je m'engage alors dans la Vallee des dinosaures, appelee ainsi pour les formes dantesques des enormes monticules de terre et de pierres qui la composent. Au debut la progression est facile bien que tres lente mais celle-ci devient rapidement compliquee au fur et a mesure que s'accentue le denivele des monticules et que les appuis surs se font rares. Au final, je me retrouve completement piege dans ce dedale qui n'est pourtant qu'a 500 m de la route! Je me vois oblige de me separer de mon sac, qui rend ma progression impossible, en le descendant par une corde 7 a 8 m en dessous d'une ancienne chute d'eau. Dans l'operation la corde m'echappe des mains et m'arrache violemment la partie superieure de l'index droit tandis que mon avant-bras est taillade. Mon cri de douleur resonne dans toute la vallee et je me retrouve maintenant a laisser un filet de sang derriere moi... Genial, j'avais vraiment besoin de ca! Apres 1h a redoubler d'efforts, j'arrive finalement a m'extraire de ce guepier et tombe mort de fatigue pres de la route. Je marche enfin les 2 km qui me separe du village et me rends a la riviere ou je panse mes plaies, lave mes habits couverts de terre et me repose de ma petite aventure. J'y resterai au moins 2h...

Luchando en el valle de los dinosaurios  En los altos de Atacama  Valle de Catarpe, dunas

Nous sommes deja en fin de journee et il est trop tard pour quitter la ville. Je prends l'optin d'aller assister a la messe de 19h pour me rechauffer un peu et tater le terrain pour une hypothetique nuit a la "Casa Parroquial". J'assiste alors a un quadruple bapteme avant que le padre ne m'assure qu'un lit va m'etre attribue apres la messe. Je dors au chaud cette nuit-la, dans un bon lit douillet.

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