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Roulez jeunesse!

A peine 5 minutes sur le velo et je suis deja trempe! Ca promet une agreable journee… Je parcours le meme chemin que la veille pour me rendre a Kobe et longe ensuite la cote. Les premieres impressions sont bonnes malgre la pluie. Le velo roule bien, les vitesses sont faciles a utiliser, les freins sont impeccables, les pneus bien gonfles. La difficulte est d’arriver a gerer le poids a l’arriere (pres de 30 kg tout confondu) qui desequilibre le velo et freine mon avancee.

Grosse desilusion pres d’Akashi, a 10 km de Kobe, puisque je ne peux emprunter le pont qui me menerait vers l’ile d’Awaji d’abord et l’ile de Shikoku ensuite. Le pont abrite une autoroute payante et pas moyen de passer outre. Alors que je me fais litteralement doucher, je decide de poursuivre dans la direction d’Hiroshima et d’aborder Shikoku par son extremite ouest dans quelques jours.

En fin de journee, je m’arrete a quelques kilometres de Kakogawa. Pas question de passer la nuit en tente avec ce temps et je me mets a la recherche d’un abri. Apres une breve recherche, un centre pour personnes agees accepte de me laisser dormir sous le porche a l’entree du centre. Merci les gars, a l’interieur ca m’aurait pas deplu non plu mais on fera avec… On m’offre quand meme une tasse de cafe 1h30 apres mon arrivee, comme quoi y sont pas si inhospitaliers dans ce centre. Pas la peine de vous dire que rien ne seche cette nuit la et que je repars dans le meme etat le lendemain. La pluie se fait plus fine et l’avancee se fait moins penible.

Le velo c’est finalement une affaire de chiffres. Je suis tout le temps soit en train de surveiller mon kilometrage, soit de verifier l’heure ou le temps entre deux points ou encore de changer en permanence de vitesse (je suis en 2-5, ok ca roule – ah, une montee, on passe en 2-4, 2-3, 2-2 – finalement, elle est raide, il me faut du 1-2 – vite, la redescente en 2-2, 2-3, 2-4, 2-5, 2-6 – ca reprend en faux plat, 2-5 – etc…). Le velo, ca fait aussi souffrir. De ma condition de backpacker au dos fatigue, je suis passe a celle de cycliste aux genoux douloureux, au fesses en compote, au dos casse et au cou raide. M’en fiche, je vais avoir de gros molets et un super bronzage digne des coureurs du tour de France !

Le deuxieme soir, j’atterris aux environs d’Okayama. Comme la veille, je me mets a la recherche d’un abri. Un homme m’indique un terrain vague apparemment utilise comme parking. Je plante la tente a cet endroit car trop fatigue pour chercher une alternative. Une fois que tout est prêt, l’homme reapparait pour me dire que finalement ce serait mieux un peu plus loin car sa femme ne veut pas de moi ici. Apres 100 bornes a velo sous la pluie et un plantage de tente laborieux, je ne me sens pas tres patient lorsqu’on m’annonce ce genre de bonne nouvelle. De mauvaise humeur, je demenage donc et maudis ces japonais du sud qui ont tout oublie de leur traditionnel omotenashi seishin.  Je suis enfin dans ma tente, humide, fatigue et de mauvaise humeur, lorsque j’entends un faible « Hello » a l’exterieur. Je degage ma tete de mon cocon et me trouve nez a nez avec un homme affuble d’un parapluie. Il habite a cote, m’a vu plante la tente pres de chez lui et me propose gentiment de venir camper sous son porche. Quel dommage, j’ai perdu toute volonte de bouger une fois encore et refuse poliment son offre, ce qui est vraiment une premiere pour moi. Nous echangeons quelques mots et il me souhaite ensuite bonne nuit tout en retournant chez lui. Peu apres, le voila qui revient avec ses deux fillettes. Il vient m’apporter des onigiri (boule de riz) et une boisson et me propose egalement une miso shiru. Quel bonheur de voir que j’avais desespere trop vite ! Je me rends donc chez lui pour deguster la soupe de miso de sa charmante femme et pour les remercier. Le lendemain, je m’en vais les remercier une nouvelle fois avant de lever le camp et j’ai droit a un cafe chaud et de nouveaux vivres.

La journee s’annonce cette fois ensoleillee et je benis ce changement de climat. Je continue ma route traversant la campagne japonaise et de temps a autre une grande ville. Tout se ressemble par ici. Beaucoup de forets mais aussi un environnement urbain tres present. Chaque entree de ville presente les memes similitudes : une zone industrielle suivie d’une zone commerciale puis finalement du centre ville avec ses quartiers residentiels en peripherie et son hypercentre. Cependant, les villes japonaise possedent une particularite : l’agriculture urbaine. De nombreux espaces sont dedies a l’agriculture au sein meme de la ville. Aucune parcelle n’est laissee a l’abandon et tout le monde cultive.

En fin de journee, j’arrive finalement a Onomichi, porte vers l’ile de Shikoku a laquelle je reviendrai dans quelques jours. Dans l’immediat, je poursuis vers Hiroshima. C’est aussi la premiere fois depuis Akashi que je vois la mer de pres et le temps se prete parfaitement a l’observation des nombreuses iles qui font face au port. Je pousse jusqu'à Mihara ou j’echoue sur une plage a la sortie de la ville. J’avais d’abord tente de camper sur la propriete de Mitsubishi, le plus gros constructeur de navires du Japon, avant qu’un employe de l’entreprise ne m’amene jusqu'à cette somptueuse plage. Le lever de soleil a 5h du matin est un spectacle de toute beaute.

Port d'Onomichi  Port d'Onomichi  Islands - Hiroshima ken

Je poursuis ma route vers Hiroshima par la cote. La mer interieure du Japon compte des dizaines d’iles a cet endroit, la vue depuis mon velo est epoustouflante maintenant que j’avance sous un soleil radieux. La zone est aussi une zone industrielle dediee a la construction et la reparation de bateaux. A la fin de la journee, je depasse Kure et m’enfonce dans la montagne pour un dernier arret avant Hiroshima. Je campe pres d’une chute d’eau completement isolee de la ville. J’y fais evidemment trempette sous les yeux offusques du Bouddha. Rhoooo, aucune pudeur les jeunes d'aujourd'hui!

islands - Hiroshima ken  sur la plage abandonnee, coquillages et crustaces...  Petit navire

Elle est froooooide! - Kure  Bouddha veille... - Kure

Une derniere nuit requinquante et j’arrive a Hiroshima la matinee suivante.

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