Viens donc faire un tour a Kobe

J’ai une seule et unique raison de venir a Kobe, je viens y chercher un nouveau moyen de locomotion. Yudai, un ami rencontre a Ishinomaki, m’avait propose d’emprunter son velo pour decouvrir Shikoku et la mer interieure du Japon. Ma route m’a mene a Kobe, ou habite Yudai et sa famille, et je vais donc profiter de cette opportunite. J’ai souvent voulu savoir a quoi cela pouvait ressembler de voyager en velo pour quelques temps apres avoir rencontre tant de cyclistes en Amerique du Sud. Les gros avantages sur ces derniers est que le climat au Japon est en ce moment idyllique et aussi que je m’apprete a circuler en bord de mer, et donc a eviter les zones de haute montagne.

J’ai une nouvelle fois recours a Couchsurfing en la personne de Yoichi pour m’heberger. Yoichi vit dans les montagnes a l’exterieur de la ville et me recoit dans sa grande maison ou il vit seul avec Blue, son adorable labrador. Yoichi est retraite mais suit des cours d’anglais et de psychologie a l’universite, assez impressionnant. Il me recoit avec toute la deference caracteristique de l’hospitalite japonaise et m’offre un succulent repas typique de la region dont j’ai evidemment oublie le nom.

Yoichi & Blue - Kobe

Le lendemain, apres un copieux petit-dejeuner laisse aux bons soins de Yoichi, ce dernier me depose en centre-ville alors qu’il se rend a l’universite. Je me rends chez Yudai pour recuperer ma monture. Le velo rouille tranquillement a l’exterieur de l’immeuble de Yudai depuis que celui-ci est parti avec le Peace Boat en tant qu’interprete. J’ai le code du cadenas et je m’accapare de la bete. Il s’agit d’un beau velo de route tout equipe (sacoches, retroviseur, pompe, materiel pour reparer) qu’il ne me reste qu’a enfourcher apres une breve revision technique. Le temps est a la pluie et je dois me forger un chemin a travers les gouttes pour visiter le centre-ville de Kobe. Je me rends egalement sur les docks ou l’on peut encore apercevoir des reliquats du tremblement de terre de 1995 qui avait ravage la ville.

Un tremblement de terre ca laisse des traces... et des fissures! - Kobe

En fin de journee, il est temps de rentrer. Je pedale mes premiers 20 km de montagne et arrive trempe chez Yoichi. Je suis vite reconforte par la cuisine de ce dernier qui prepare une pierrade a la japonaise (yaki niku). C’est delicieux et le shochu a la fin du repas facilite la digestion. Yoichi m’enseigne ensuite le shogi, les echecs japonais. La grande difference avec les echecs occidentaux est la possibilite de reutiliser les pieces prises a l’adversaire. La grande difficulte fut pour moi dans un premier temps de reconnaitre les pieces ; elles ont toutes la meme forme , seuls les kanji ecrits sur le dessus et le dessous des pieces different. Je me suis fait battre a plate couture, vous imaginez bien.

Succulent yaki niku - Kobe  shogiboard - Kobe

Le lendemain, c’est le grand depart. Le temps est encore maussade mais ca semble aller. J’ai appris dans la nuit que Peace Boat avait refuse ma candidature. J’imagine qu’ils se sont finalement rendus compte que m’engager comme professeur comportait des risques etant donne que je n’en suis pas un. Je ne peux pas leur donner tort… Alors que Yoichi m’abandonne pour ses cours, j’harnache mon velo. La pluie se met a tomber drue et je maudis le typhon qui sevit au sud du pays en ce moment. Le temps se deregle par sa faute. Je poursuis donc l’aventure a velo a defaut d’en bateau, mais c’est toujours une histoire d’eau…

“Domo arigato Yoichi ! I hope to see you when I come back to Kobe in one month !”

Pret a partir - Kobe

En guise de supplement et de piqure de rappel sur la situation au nord est du Japon, Bastamag a publie mon texte sur Ishinomaki, revu et corrige par Sophie Chapelle d’AlterEchos :

http://www.bastamag.net/article1524.html

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